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Ode I

Par : Jim

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Jim

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Horace


Sic te diva potens Cypri,
sic fratres Helenae, lucida sidera,
     ventorumque regat pater
obstrictis aliis praeter Iapyga,
     navis, quae tibi creditum
debes Vergilium; finibus Atticis
     reddas incolumem precor
et serves animae dimidium meae.
     Illi robur et aes triplex
circa pectus erat, qui fragilem truci
     commisit pelago ratem
primus, nec timuit praecipitem Africum
     decertantem Aquilonibus
nec tristis Hyadas nec rabiem Noti,
     quo non arbiter Hadriae
maior, tollere seu ponere volt freta.
     Quem mortis timuit gradum
qui siccis oculis monstra natantia,
     qui vidit mare turbidum et
infamis scopulos Acroceraunia?
     Nequicquam deus abscidit
prudens Oceano dissociabili
     terras, si tamen impiae
non tangenda rates transiliunt vada.
     Audax omnia perpeti
gens humana ruit per vetitum nefas;
     audax Iapeti genus
ignem fraude mala gentibus intulit;
     post ignem aetheria domo
subductum macies et nova febrium
     terris incubuit cohors
semotique prius tarda necessitas
     leti corripuit gradum.
Expertus vacuum Daedalus aera
     pennis non homini datis;
perrupit Acheronta Herculeus labor.
     Nil mortalibus ardui est;
caelum ipsum petimus stultitia neque
     per nostrum patimur scelus
iracunda Iovem ponere fulmina.

Trad. : Claude-André Tabart

     Veuille à ce prix la déesse de Chypre,
     Les frères d'Hélène, astres lumineux,
Et le père des vents – les tenant enchaînés
     Tous, hors l'Iapyx – te conduire, ô nef
     A qui je confie, qui me dois Virgile :
Remets-le sain et sauf, écoutant ma prière, à la terre d''Athènes,
Et sauvegarde ainsi la moitié de mon âme !
Il avait donc du chêne et trois lames de bronze
Autour du cœur, celui qui le premier livra
     Un frêle esquif à la farouche mer,
Et qui ne craignit point l'Africus déchaîné
     Aux prises avec les Aquilons,
Ni les sombres Hyades ou le Notus rageur,
     Maître sans rival de l'Adriatique,
Dont à son bon plaisir il soulève les flots
     Ou les apaise !
Comment aurait-il craint la mort, celui qui a pu, les yeux secs,
Voir les monstres nageants, la mer bouleversée,
Et les écueils lugubres d'Acroceraunia ?
     C'est en vain qu'un dieu prévoyant
Entre les terres a suscité la barrière de l'Océan,
Puisqu'en dépit de tout de mécréants esquifs
Franchissent en bondissant les eaux inviolables...
     La race humaine, à toute épreuve,
S'élance sur la route impie du sacrilège ;
L'aventureux fils de Japet, par une ruse malheureuse,
     Apporta le feu aux nations ;
A la suite du feu arraché à l'éther,
     La consomption et des fièvres nouvelles
          En foule envahirent le monde,
Et le trépas, reculé jusqu'alors et lent dans sa loi nécessaire,
          Hâta sa marche.
     Il s'est risqué dans le vide de l'air,
Dédale, sur des ailes interdites à l'homme ;
     Hercule en l'un de ses travaux
A forcé l'Achéron. Il n'est rien de trop haut
     Pour les mortels, et le ciel même,
Nous y voulons atteindre, insensés que nous sommes,
Et nos crimes interdisent à Jupiter furieux
     De déposer ses foudres !

Posté à 21h32 le 27 févr. 26

Édité à 21h40 le 27 févr. 26 par Jim

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