L’ange veille, flamme vive au cœur des nuages,
gardien vigilant de nos vies au fil des âges.
Éclats des âmes, il déploie mille visages,
et, tour à tour, chacun illumine nos pages.
L’ange de l’innocence né en nos cœurs,
qui nous fait grandir sans masque ni peur,
l’esprit ouvert au monde, et à ses splendeurs,
convaincu que la lumière jamais ne meurt.
L’ange voyageur qui jamais ne reste,
apparaît quand tout semble funeste.
Il nous sauve d’un mot ou d’un geste discret,
puis s’éclipse, laissant l’espoir en secret.
L’ange amie qui se tient près de nous,
mains nues, ailes grandes ouvertes,
espérant recoudre nos douleurs et nos pertes,
à grands fils de lumière et de mots doux.
Nous leur livrons nos nuits sans sommeil,
nos colères sourdes qui s’éveillent,
nos fardeaux et nos tourments enracinés,
et un par un, ils les ont absorbés.
Mais nos douleurs ont des dents acérées,
elles mordent tout corps trop passionné,
elles percent leurs plumes légères,
et anéantissent leurs miracles sincères.
Alors les anges meurent de nos blessures,
de nos silences lourds de rancunes et de brûlures,
des mots ravagés qu’on n’a jamais su dire,
et qui saignent encore, refusant de guérir.
Et la voix des anges se consume en cendres,
leurs vœux se délitent dans l’air,
et du ciel, ils cessent enfin de tendre
leurs regards compatissants sur notre misère.
Désormais seuls, éperdus,
face à nos félures ouvertes et nues,
soudain saisis par cette vérité cruelle,
que même les anges ne sont pas éternels.