"Pourquoi tu te baisses ? Laisse les choses 10
Venir à toi . Est-ce le temps qui te presse ? 11
3 Tu ne sais pas qu'il se dressera contre toi 12
4 Si tu ne lui laisses pas faire seul sa loi ? 12
Pourquoi tu ramasses tout ce qui tombe ? 10
6 Même l'ombre se plie aux rayons du soleil . 12
C'est pareil . Toute vie naît et succombe . 10
Tout s'embrasse et se comble à merveille . 9
Pourquoi ton cœur à toi est en dentelles ? 10
Pourquoi il appelle aussi souvent l'amour ? 11
Et tes journées ? Pourquoi font-elles le tour 11
7 De mes nuits, les baignant de ton émotionnel ? 12
8 Pourquoi tes réponses ne me parviennent pas ? 12
Pourquoi tu renonces ? As-tu peur que vienne 11
10 Le temps où mes heures ne seront plus à toi ? 12
11 Pourquoi je m'enfonce quand je suis aérienne ? 12
Peut-être simplement parce que je t'aime ." 11
Tes vers ne possèdent pas de mètre fixe, celui-ci varie de 9 à 12.
7 vers sont de 12 syllabes et peuvent prétendre à être des alexandrins, dès lors que leur structure métrique sera 6//6 en classique, ou 4//4//4 en romantique.
Le vers 6 est un bon alexandrin classique
le 7 aussi, mais « émotionnel » n'est pas dans le même registre que l'ensemble du poème
le vers 3 supporte une césure après le « se », mot qui devrait supporter l'accent tonique, ce qui n'est, en raison du « e », pas le cas. Aucune syllabe munie d'un tel « e » ne supporte d'accent tonique, en conséquence de quoi, elle ne peut figurer en syllabe 6 qui marque la fin d'un hémistiche. Ici, ton vers est structuré de la façon suivante (en gras les accents toniques, / la coupe, // la césure):
Tu ne sais pas / qu'il se dressera / contre toi (4/5/3)
alors que, dans l'exemple suivant, la césure et l'accent tonique sont bien placés pour donner un alexandrin classique en 6 // 6
Ne sais-tu / que dressé // à l'encon / tre de toi
soit, plus finement : 3/3 // 3/3
Le vers 4 suivant est structuré en alexandrin romantique (pas de césure requise en syllabe 6) , avec deux césures en syllabes 4 et 8 :
Si tu ne lui // laisses pas fai//re seul sa loi ?
Soit 4 // 4 // 4
La difficulté, lors de la diction, est de bien repérer, avant de dire, la structure rythmique d'un vers, afin de ne pas se laisser surprendre.
Les vers 8 , 10, et 11 souffrent du même symptôme que le vers 3.
La question n'est pas de pratiquer le libre soit disant ou la contrainte du classique, elle est de poser une structure rythmique et là, pas de secrets: accents toniques, pauses, respiration sont les concepts clés. Alors, tu peux écrire comme Racine ou comme le plus déluré des surréalistes... Même recette pour la belle prose.