Mercredi après-midi,
la météo annonce une dépression,
similaire à ce qui se passe dans mon cœur.
À 17 ans, mes propres pensées me font peur.
Ça fait un moment que j’ai des pensées suicidaires, mais j’ai peur.
Peur de ce que penserait mon petit frère.
Alors d’autres pensées prennent place :
les cours, le bac, le travail, les études…
Mais ahhhh, qu’est-ce que ça m’angoisse.
Demain j’ai école.
Je vois, dans le regard de mon prof, que la situation le désole.
Car je suis seule. Toujours.
Le midi, je prends mon repas aux toilettes évidemment
et j’aperçois la femme de ménage qui me salue.
Toc toc toc, qui est là ?
Je reste figée, sans bouger, puis j’entends :
« Encore des sans-amis dans les toilettes. »
À cette phrase, je me sens bête.
« Ah ah, mais tu sais qui c’est, hein ? Toujours là, elle. »
Cette bande de pestes. Elles sont bonnes qu’à ricaner.
Je sors alors, le regard froid,
avec l’envie de leur faire un doigt.
J’ai toujours de la musique dans les oreilles,
pour ne pas entendre ce bruit lourd,
pire qu’un bourdonnement d’abeille.
Ce bruit qui, chaque jour,
m’explique que je dois en finir,
que je suis destinée à faillir.
Mais non, je ne suis pas folle.
Bref, on est mercredi après-midi
et j’ai encore une journée remplie.
Alors je pose ce couteau
qui avait toute intention de me faire bobo.
Puis je me prépare pour aller au boulot.
Utiliser ce couteau aujourd’hui,
ce serait trop tôt.