Exil

Par : Sylvain2023
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Sylvain2023

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C’est une bien jolie maison, à l’abri des regards qui traînent, sous une large frondaison qui ensevelit le domaine. On perçoit un peu du bonheur qui un temps devait l’occuper quand le regard va s’appuyer sur le jardin de la demeure. On a vu très souvent le garde, réprimander à tout venant quiconque grimpant dans un arbre voulait simplement regarder. Aujourd’hui la maison est vide et le jardin n’a plus d’enfants il n’a fallu qu’un seul printemps pour que le silence y réside.

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Mon automne

Il fait bien chaud sur mes matins quand, dehors, le vent balaie la terre obligeant mes géraniums à se courber comme un salut. L’hiver restera à mes portes même si elles sont ouvertes. La nature tente de résister et, dans un dernier orgasme elle nous balance ses couleurs à la figure. D’ailleurs c’est si beau que les peintres du monde s’y arrêtent souvent. Ah ! Que c’est joli l’automne ! C’est tout mouillé. On dirait un chagrin avec un nez qui coule dans un mouchoir de pluie. Ça nous fait des tapis de feuilles rouges et ocres et ça nous fait sentir des odeurs de l’enfance. Ça nous montre un soleil insolent et furtif comme une idée qu’on a et qui s’en va d’un coup. Ça fait tomber le jour si vite qu’on dirait que la nuit lui a fait un croche- pied. C’est surprenant l’automne. C’est surprenant mais c’est fait gentiment. L’automne nous dit : » l’hiver arrive. Préparez-vous. Rentrez vos plantes et reposez vos terres. L’hiver arrive, je ne peux plus le taire. »
C’est une saison que j’aime beaucoup.

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Crayons

J'ai là, quatre crayons posés sur la commode.
C’est commode tu sais d'avoir ces crayons-là.
Si l'un se tait je saisis le deuxième.
Je ne laisse jamais un crayon museler
Tout ce qui pèse et ce qui m'incommode.
C'est avec le premier que j'ai écrit je t’aime.
Le dernier attend là et tout comme une graine
Il ne pourra germer que si de l'eau est là.
De l'au-delà, peux-tu toi, dire à l'eau
Qu'elle amène ses flux sans y mettre de peine?
Je voudrais tant que les mots attendus
Coulent de mon crayon comme d'une fontaine.

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Rien

Tout est dans la nuance et je parie ma vie
Que le vide et l’absence ne sont rien que le fruit
D’une pensée perdue. D’une idée qui s’enfuit.
De son obsolescence jusqu’à son dernier cri.
Et ce cri, dans l'instant, ne brise rien du monde.
Il s’étire et se fond dans un calme habité,
Une absence vibrante où l’écho se prolonge…
Il s'amenuise encore,
Devient un simple souffle,
Une simple lueur qui glisse dans la nuit,
Pour n'offrir au couchant qu'un parfum d’éphémère.