Gabegie
Au repos plat d’une destinée indolore,
Il se peut que rien en nous ne déplore,
D’aucun élan, l’équilibre assuré
Sous le grand ciel d’un air libre, azuré,
Que nous fussions, sans que nulle aile ne nous laure…
N’importe ! étant toujours facultatif,
D’un univers atone un promeneur hâtif,
Il ne nous est de laisse où le temps ne surface ;
Même gravée au roc disparaît toute trace ;
Espoir ! quel futur pour ton subjonctif ?
Foin des succès, de la lumière évanescente !
Loin du soleil, l’art chemine une sente
Désormais secrète, au profond des bois ;
- Désuète voix d’amers désarrois ?
Nenni ! condamnation ! (l’incurie est récente)
Muse infiniment libre, en ton essor
Qui nous doue et nous offre un immense trésor,
C’est la Cité qui te bafoue et te méprise !
Car une culture âpre épuise aux sens, mais grise !
Déesse glissée au grège tussor...