Correspondances
La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles (…)
(Charles Baudelaire)
Coexistences
Le Monde est un bistro, et j’en suis un pilier.
Le verre est moitié plein, l’auberge est espagnole,
Mais toujours j’y reviens, j’y muse et batifole,
Et lui trouve, à vrai dire, un charme singulier.
Le hasard, dans sa course étrange et vagabonde
Qui m’emmène parfois frôler l’éternité,
Aux portes de ce bar souvent m’a rejeté ;
La patronne y sourit bien mieux que la Joconde.
Et si parfois, hélas, rougeauds, grognant, piaffant,
Des touristes balourds submergent, en furie,
Mon estaminet, comme un troupeau d’éléphants,
Une main sur le cœur, tragique, je m’écrie :
– Vous faites, étrangers, un affreux contresens,
Ce n’est pas un bordel, horresco referens !