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[Poème à forme libre]Des frontières naturelles

Par : Jim

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Jim

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Je me méfie comme jamais des sentiments grandiloquents
des belles théories et des grands classements
qui renferment le vrai le seul le beau le sûr
de ces affirmations tenues par des gents éloquents
qui bien plus que chacun sont plus intelligents et surtout sont plus mûrs

Je me méfie de ces dissertations des bons élèves appliqués
qui toutes leurs vies passent et repassent toujours ce même concours
pour donner le spectacle à ces naïfs nigauds
qu'ils ont un beau cerveau qui leur sert à penser
tandis que nous pauvres benêts n'en serions pas capables

Que voulez-vous dans le château vivent les dieux gracieux
tandis qu'au bas triment les laids qui les nourrissent

Nous sommes des bergers mais aussi les moutons
Nous sommes du bétail les femmes des pouliches
On est entretenus tantôt comme un jouet tantôt comme un bon mets

Dans leurs catégories ils rangèrent l'humain
ce bipède animé par une âme alors que le bestial en serait démuni
Ainsi le cheval noble ou bien le bœuf puissant
peut travailler longtemps presque gratuitement
ne coûtant que son foin son eau et son étable
Quelques-uns sont bouffés sacrifice divin pour donner à l'humain
tant le vin de son sang que de son muscle la divine protéine

Les tables de la Loi le certifient la bête existe uniquement pour nous servir docile
Elle est sinon jugée comme étant inutile et nous devons la craindre ainsi qu'une menace
Ô pauvre Minotaure enfermé dans son dédale !

Il s'avère parfois délicat de tracer entre l'humain et l'animal cette frontière
Une âme y suffit-elle Ou faut-il autre chose
permettant que tel homme soit libre et tel autre un esclave
ainsi qu' Aristote l'affirma précepteur asservi à un grand conquérant

Si sommes tous sauvés il est bon que certains soient plus qu'autres élus par la subtile grâce
pour le gueux suffisante efficace à l'élu

On met aux goûts du jour les ors et bibelots
Comme un paquet bonux on passe à la télé et faute d'huile sainte
il faut être en la bourse
le paradis de la corbeille où le bancable est le sang bleu des hémophiles incapables
Quant à la grâce elle ressemble à de la science
depuis que devenue testable et mesurable ô combien présentable
en forme de quotient car rien n'est plus flashy qu'un intellectuel

Par la fenêtre numérique tout foyer est éclairé par le génie des dits gracieux
Combien vaste s'étend l'ombre de ces dieux.

©JIM

Posté à 05h17 le 11 oct. 25

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