Je me marre au vu des pratiques d'aujourd'hui – et d'avant hier aussi !
Il est fréquent de lire des CV de postulants à la vitrine. Cela donne « Julien / Adélaïde de la Citronnelle, bac +13, docteur(e) en proto inuit, professeur(e) à l'université Ducartierducoin, écrivain(e) et poète(sse).
Poète serait donc un métier, comme architecte ou toubib ou cuistot.
Écrivain, c'est acquis, c'est une activité d'entreprise, ce drille ne s'appartient plus, il a signé un contrat avec une maison d'édition, il s'inscrit dans une ligne éditoriale qui garantit sa lisibilité... Il n'est plus un explorateur, un expérimentateur, un dénonciateur, un découvreur, un leveur de lièvres, un pisteur, un éclaireur, un lanceur de disques... Il est un employé d'une boite, comme un comptable, un commercial ou une hôtesse d'accueil, plus précisément, comme un ouvrier spécialisé, un OS, intégré à une chaîne de production, non pas de voitures populaires, mais de récits adaptés à la populace visée, - la cible.
Poète ?... c'est en cours de maturation avancée. Soit c'est un job d’écrivain, dans les goûts et sensibilités recevables voire recommandés, soit c'est de la prod insigne pour chansonnettes d'ados en vacances d'été.
C'est quoi, ce ballon blanc sur la plage ?
©JIM