Un poème inédit de Pierre Perrin qui m'a bouleversé quand je l'ai lu sur sa page Facebook
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DOULEURS MUETTES
La nuit parfois, quand je dors mal, je roule en boule
Et, comme un arbre mort, je dévale un torrent.
J’ai perdu un ami, un frère, un chiot pour vivre.
Jeté d’une portière, il jappait sans se plaindre.
Mon père a pris sur lui de lui ouvrir la ferme.
Je l’appelais Youpi, qui barattait la vie.
Tous deux ne faisions qu’un. Il était mon amour.
Existe-t-il une heure, un âge, où délirer ?
En un éclair, la hache a fracassé le crâne
De l’innocent. Le sang jaillit. Comment courir ?
Aux derniers soubresauts, la mort me laisse à terre.
J’avale ma douleur, sans verser une larme.
Treize lustres plus tard, je porte le cadavre
Dans mon dos. Nul, jamais, n’y a pu rien changer.
Pierre Perrin
[23 juillet 2025]
Posté à 09h01 le 12 août 25
Édité à 17h54 le 21 août 25 par Stenanais