Un tableau
(A peindre)
Pour Marie-Paule Mayor :
Des arbres, des nuages, un lointain flouté d'ombres,
et dans les airs gracieux, la fraîcheur de septembre.
Nés de l'air pâle, accordés au glouglou du ruisseau invisible,
des pépiements discrets disent une plume nombreuse, et parfois,
le chuintement d'une couleuvre ajoute un trille bas,
un crissement de cuivre au concert presque silencieux
dont l'harmonie soutient le défilement du ciel,
élargi de perspectives floconneuses.
Un zéphyr hésitant transporte,
humide et douce,
une vague odeur d'humus ;
par-delà les canopées mollement mouvantes,
où surnagent quelques cimes plus flexibles,
l'horizon diffracté plonge dans le soleil.
Plus près, ce sont des buissons ;
touffus, noirs de mûres piquées aux nuances froides et vertes,
avec l’œil bleu de prunelliers épars,
surnageant l'envahissement obstiné du chèvrefeuille.
Très haut dans l'azur floconneux, de grandes ailes sombres croisent ;
de loin en loin tombe un cri bref sur les frondaisons parsemées d'ocre,
tandis qu'au sol, devant l'orée, une prairie fauve et ce goût léger et profond
de terre humide, qu'on respire, avouent déjà l'approche de l'automne...