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Pour sortir sonnez donc....(suite)

Par : Tonindulot

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Tonindulot

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Faut-il s’afficher simple et paraître niais
Lorsque tout compliquer peut accorder prestance ?
Je ne sais si je dois réclamer assistance
Mais benêt je m’affiche et m’en fiche à jamais.

Écrire dans l’abscons est tout ce que je hais
Car c’est se présenter en savant plein d’aisance.
Plutôt simplet hagard refusant complaisance
Je laisse tout là-haut l'abstrus dans son palais.

Pour palais j’ai celui qui permet de gouter
Le bon vin égayant sans rien d’autre ajouter.
Je vous sens tout soudain plein de mansuétude !

Je passerai vous lire avec application
Parcourir vos écrits pour en faire l’étude,
Sans attendre indument une convocation.

Posté à 10h49 le 27 juil. 25

Édité à 11h21 le 27 juil. 25 par Tonindulot

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Assonance

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Sensé


S'entend la fortitude du grand silence,
Savoir écouter ses vertus,
La voie éprouvée n'est perdue,
Cent ans la solitude fut enivrante.

Semblance à l'or qui dure, plume emplit stances,
La soie dénouée, telle, est sue,
Parfois, des souhaits, est perçue
en temps, la promptitude du sens qui chante.

Là, du tact, se touche le ciel,
De flaveurs, se goûte le bel,
La vue entrevoit l'éternelle sagesse,

Ouïs pieux, ici, ses versets,
Nourri, l'heur cyclique est très vrai,
Paru d'encre sade et pérennes aèdes.



Posté à 08h14 le 29 juil. 25

Édité à 08h15 le 29 juil. 25 par Assonance

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Tonindulot

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Naguère aussi c'était peu paisible

J’aime bien la musique emballant vos beaux vers,
Leur phrasé enjoué qui parait très affable.
Vous contez le réel comme on conte une fable
Et je lis fort heureux vos sujets si divers.

Le temps sombre et hostile au sein de l’univers
Assomme les naïfs et demeure ineffable.
Le réseau, lui aussi, semble très peu bouffable
Je "fais tout" pour le cuire en contrant ses revers.

Mais c’est vous qui portez le flambeau de la gloire
En venant nous livrer bonheur dans la victoire.
Inutile au balcon de chanter son palais !

Voyez comme sont ouïs nos pairs de douce plume !
Formons donc, sur le champ, bataillon de balais
Et calmons les aigris dont le feu nous allume.

Posté à 07h55 le 30 juil. 25

Édité à 14h58 le 31 juil. 25 par Tonindulot

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Pierre Lamy

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Exhortation

Les bureaux sont fermés, fuyez la multitude,
Oubliez vos cités, prenez un grand bol d'air !
Loin des sentiers battus, goûtez la solitude
Comme écrivait Jean-Paul « les autres, c'est l'enfer »

Secouez-vous ! N'habitez plus votre habitude,
Prenez votre bagnole (ou le chemin de fer)
Ne soyez pas frileux, la vie n'est pas si rude
Au camping des Flots Bleus, à deux pas de la mer.

De goûts et de couleurs, ne craignez de changer :
Oubliez pour un temps, le « rapide-manger »
Que Monsieur Macdonald veut imposer au Monde.

Laissez parler en vous le tigre qui rugit.
N'ayez peur d'être fous, simplement il s'agit
De ranimer enfin cette humeur vagabonde.

Posté à 08h23 le 30 juil. 25

Édité à 10h22 le 30 juil. 25 par Pierrelamy

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Arielle

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"Oubli(ons) pour un temps, le « rapide-manger »
Que Monsieur Macdonald veut imposer au Monde."
;)

Sonnet à l’océan

De tes embruns légers, délicate sueur,
je lèche sur ma peau les fins cristaux qui brillent
avant de me laisser glisser comme une fille
aux mains de son amant, ignorant quel tueur

la tient sous son emprise. Ô traître ensorceleur !
tu m'enlaces, me lies, me berces, me captives.
Sous ta prunelle fauve, ivresse fugitive,
je frissonne charmée, aveugle à ces lueurs

présages d'une lame engouffrant tes galets,
tout un pan de falaise en me brisant l'échine...
Ma tombe fleurira d'un bouquet de genêts

et quand mes os blanchis que le soleil taquine
quitteront notre crique où les vents se fanaient
les marées rimeront l'amour en un sonnet


Posté à 17h08 le 30 juil. 25

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Tonindulot

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Ô Rhin qui fus témoin..!

Nageant avec ardeur vers un proche rocher
Un homme entend le chant d’une sirène affable.
Il ressent quelque chose en symptôme ineffable
Un doux truc qui l’ébranle et lui dit d’approcher.

Une vielle légende à qui, donc, reprocher
Son horrible récit plus flippant qu’une fable
Prétend qu’un courageux de tonus moins réglable
Se perdit dans les flots sans pouvoir s’accrocher.

L’océan est un lac dont les bords sont distants.
Mais le Rhin est porteur de doux chants insistants
Venant de Lorelei, long piton qui émerge.

Que dites-vous amis de ce conte à rebours ?
Je comprends votre émoi, mais restez sur la berge,
Vous serez à l’abri du bruit des calembours.

Posté à 13h41 le 31 juil. 25

Édité à 15h06 le 31 juil. 25 par Tonindulot

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Pierre Lamy

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Frelons en maraude

Sous le vieux châtaignier, les frelons en maraude,
Missiles vrombissants, amoureux du soleil,
Sont autant de joyaux d'ébène et de vermeil
Sertis dans un écrin de feuilles émeraude.

Du bois à garenne, obstinément il rôde,
Cet éclatant insecte insensible au sommeil.
Armé de pied en cap, il me semble pareil
Au chevalier du ciel. La traque sera chaude !

Au travers du feuillage, un faisceau de rayons
Offre un terrain de jeux à quelques papillons
Rêveurs et chamarrés, jouissant de leur sève.

Sans calcul affuté ni manège subtil,
Le fauve hyménoptère est allé droit au fil.
Il n'auront pas le temps de poursuivre leur rêve.

Posté à 09h24 le 01 août 25

Édité à 09h25 le 01 août 25 par Pierrelamy

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Jim

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Un ange passe...


Puis-je entrer pour sonner, afin de m'en sortir ?
Ce petit globe avait un air fort sympathique.
On me dit : Attention ! ce sont des gens pratiques
Qui mangent des beefsteacks sans les faire rôtir !

Ils sont près de leurs sous, il faut tout amortir !
À cause de l'argent, ils sont restés rustiques
Et, faute de chanter, tout comme les moustiques,
Ils te sucent le sang avant que de partir.


Chez vous, ça pique un peu et le derme démange.
Chez nous, tout est douceur. On nous nomme les anges !
Quand un nuage est gris, on l'invite à la table ;

On parle de la pluie, un peu du mauvais temps,
Et même en plein orage, on demeure content,
Car le rire, à lui seul, maintient le monde stable.

©JIM

Posté à 11h23 le 01 août 25

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Tonindulot

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Mais qu'est donc la roupille de sansonnet

Cet envoi n’est point cru car rôtir sansonnet
Oblige tout d’abord à sortir l’arbalète.
Nul ici ne prétend le sonnet obsolète
Car il l’aime avec fougue ainsi qu’un garçonnet.

« Chapeau ! » dirait un chauve et un autre « bonnet ! »
On ne sait quoi clamer pour n’être point trop bête
Mais on sait à son pair redoutant qu’on l’embête
Dire un doux compliment pour son dernier sonnet.

Personne ici ne dit avoir allure d’ange
Mais peut du biberon montrer ce qu’est vidange.
Boire est toujours permis avec modération !

Puisqu’il faut rebondir sans se faire une bosse
Buvons la part de l’ange et pour adoration
Rigolons sans peiner comme un tout jeune gosse !

Posté à 08h30 le 02 août 25

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Pierre Lamy

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On vous connut jadis, viveur invétéré,
Traînant aux cabarets où tout être se grise,
Le regard embrumé, bouffi de gourmandise
(Et ce, bien que déjà grassement restauré)

Mais vous avez enfin sainement respiré :
Rejetant désormais toute liqueur exquise,
Vous avez retrouvé le chemin de l'église
À la très sainte joie de notre vieux curé.

Vous promîtes céans de déserter l'alcôve,
Renonçant à jamais à vos humeurs de fauve
Et même à ce plaisir qui rend les hommes sourds.

Rejetant désormais toute pensée impure,
Vous avez du noceur rejeté la fourrure
Et préféré la bure au manteau de velours.

Posté à 16h21 le 03 août 25

Édité à 18h22 le 03 août 25 par Pierrelamy

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Pierre Lamy

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En usant des mêmes rimes j'ai bricolé celui-ci

emot3


En ce beau soir d'hiver, noceur invétéré,
Je cingle à tire d'aile aux confins de l'église
Assuré d'y trouver dans la lumière grise
Quelque pieux enfant grassement restauré.

Il a sous ma morsure à peine respiré,
Il sent le camembert, mais sa chair est exquise.
J'y suce le sang clair, ivre de gourmandise,
Et m'envole bientôt vers un Être adoré.

Je sais qu'Elle m'attend au creux de son alcôve
Et me repais déjà de sa gorge de fauve.
J'y pomperai sa sève aux effluves si lourds.

Je resterai longtemps, blotti sous sa fourrure,
Avant de retrouver, sous une dalle dure,
Mon cercueil en ébène assorti de velours.

Posté à 16h07 le 06 août 25

Édité à 16h38 le 06 août 25 par Pierrelamy

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Tonindulot

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Qui voyage n'est point forcément Ulysse..!!!

Mais où êtes-vous donc ? Faut-il qu’on vous dépanne
Vous qui roulez carrosse avec discret transport ?
Le coin ne sait comment montrer plus ardent port
Mais tolère, en retrait, qu’on ne soit plus en canne.

On me souffle à l’instant que c’est bien en Toscane
Qu’on peut vous voir aller sans aucun passeport !
Seriez-vous en trimard pour nous faire un rapport
Sans nous dire à vau-l’eau vous mouvoir en arcane ?

Si vous voyez le Pape accoutré de ses mules
Dites lui, papotant, vos dernières formules :
Les premiers arrivés seront derniers servis !

Récitez vos Pater et Ave très mystiques
Sans penser que le Monde est aux mains des nervis.
Or chacun de nos pairs a ses propres pratiques !

Posté à 16h32 le 06 août 25

Édité à 16h55 le 06 août 25 par Tonindulot

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Pierre Lamy

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Il a le regard vif, la pommette luisante,
Le verbe généreux, un fort bon appétit
(Son ventre au fil du temps s'est bien appesanti)
Et, comme tout gaulois, la moustache pendante.

En ce matin d'avril sa traque fut ardente,
Mais il n'a capturé, sous un if qu'un petit
Marcassin beige et noir, craintivement blotti.
Tout autre apprécierait cette chair succulente.

— N’aurai-je pour repas que toi, pauvre grillon ?
Se lamente Obélix, je connais la chanson,
Il faut t'accompagner d'un monceau de légumes

Et de pas mal de choux à la crème au dessert.
J'espère que Coukix, le boulange est ouvert.
Je fus piètre chasseur, il faut que je l’assume.

Posté à 10h45 le 09 août 25

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Tonindulot

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Rappelez-vous ce temps révolu...

Je l’appelais Roxane et l’on jouait souvent
Aux gens du temps passé parlant la langue ancienne.
J’étais preux, elle coite aimant de mon antienne
Les couplets déclamés d’un entrain si fervent.

Elle me répondait sans propos de couvent,
Sans paraître à mes yeux trop bigote Chrétienne.
Nos plis étaient diserts ; elle était la doyenne
Et moi le Troubadour inspiré par le vent.

La mémoire est intacte et je déguste encor
Les sonnets que j'entends claironner comme un cor.
Les mots sont des jalons qui servent de repaire.

Et vous témoins du jeu vous eûtes le plaisir
De constater, sans mal, que nous faisions la paire !
Faut-il qu’ici je tende une main à saisir ?

Posté à 18h25 le 09 août 25

Édité à 10h13 le 10 août 25 par Tonindulot

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Pierre Lamy

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Nos objets familiers sont vraiment inhumains.
Ce matin j'ai voulu curer la cheminée
de mon séjour. La perfide s'est mutinée .
Il me semblait pourtant l'avoir bien prise en main.

J'en tendance à toujours remettre au lendemain,
Mais ma petite voix est toujours obstinée:
« Au travail, fainéant ! » Cruelle destinée.
Moi dont le moindre effort est digne d'un Romain !

Mais revenons au fait. Je balayais la cendre,
un truc était coincé, il m'a fallu descendre,
chercher un tournevis. Ça m'arrive souvent.

Tournevis ou poignard, où est la différence ?
La paume déchirée, je perds toute espérance,
et calme ma douleur en hurlant face au vent.

Posté à 10h11 le 10 août 25

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