Baudelaire et les longs poèmes

Par : Pierre Lamy
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Pierre Lamy

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Dans une lettre à Armand Fraysse, Baudelaire écrit ceci :
Quant aux longs poèmes, nous savons ce qu’il en faut penser : c’est la ressource de ceux qui sont incapables d’en faire de courts. Tout ce qui dépasse la longueur de l’attention que l’être humain peut prêter à la forme poétique n’est pas un poème.

Qu'en pensez-vous ?
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Arielle

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Paresse ou incapacité à fixer mon attention plus de quelques minutes sur un thème précis ? J'avoue que, sans être fan de la brièveté des aikus, je préfère me concentrer sur la lecture d'un sonnet que sur celle d'une longue suite de strophes plus ou moins répétitives.
Je fais généralement un choix de relecture ne conservant en mémoire que les passages qui m'ont frappée ou enchantée
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Lau

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Si l'on y tient la musique -et mieux encore, la surprise musicale- pourquoi ne pas écrire "long"...

Peut-être Baudelaire avait-il le seum et les nerfs face à Homère en disant cela.

Le "bateau ivre" de Rambo ne me semble pas particulièrement court et je ne m'y ennuie pas une seule seconde-vers.

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Arielle

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Vrai qu'il y a de fameuses exceptions parmi les plus grands de nos maîtres mais je pensais plutôt que la question s'adressait aux poèmes du site que nous balbutions entre nous
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Lau

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Ah...
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Salus

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J'avais lu ça, de Baudelaire ; je ne suis absolument pas d'accord, des mauvais poèmes, il y en a de longs comme des courts, et des bons aussi ; peut-être le grand Charles ne savait, de bons, faire que les courts ?

Le cimetière marin, La Pythie, Ebauche d'un serpent (Les trois de Valéry) le bateau ivre, bien sûr, mais aussi, Hugo en a réussi plein, des longs : La légende de la none, La Conscience, etc. et puis Les Pâques à New-York, de Cendrars, Le condamné à mort, de Genet ; j'en passe, et des meilleurs...
Quant à nos balbutiements, c'est pareil, sauf que tout y est généralement plus mauvais.
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Gilbert

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Un poème long n'est intéressant que s'il raconte une histoire et capte notre attention par son rythme, comme une musique. Si c'est juste pour versifier avec de jolies phrases poétiques, mieux vaut qu'il soit court. Enfin, ce n'est que mon avis.
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Pierre Lamy

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Je suis de l'avis de Gilbert.
Baudelaire a du prononcer cet avis devant un afflux d'états d'âme fastidieux oubliés depuis des lustres.
😊
Je plaide coupable pour ceci :
Meurtres à Lampaul-Plouarzel
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CinquiemeVallee

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Ton goéland semble vouloir
Faire court...
Une fois téléchargé on verra!
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Pierre Lamy

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Il y a 42 pages, on peut y naviguer en cliquant les flèches sur les côtés.

Sinon on peut aussi voir sa progression assortie de commentaires
https://lespoetes.net/forumvoirtopic.php?t=19184

On peut s'offrir le bouquin pour une poignée de moules (je ne prends pas de droits d'auteur)

Petits meurtres à Lampaul-Plouarzel

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Assonance

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L'éloquence à grands flots peut parfois rebuter le lecteur ou l'auditeur. En cela je comprend la vue de Baudelaire.

Il est aisé de se sentir noyé dans les profondeurs d'un long poème, où la verve se confond avec les idées.
Il est même dit par Pascal que "l'éloquence continue, ennuie.".

Là où un long texte peut se révéler réussi, c'est quand la cohérence se trouve tout au cours du poème.
Certaines idées ou tournure de phrases, de sens, relevant le propos.

Je préfère un collier de sobres perles bien filées, à une grandiloquente couronne sertie de nombreuses pierreries.

Ainsi, soyons de bons joailliers.
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Salus

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...Du reste, il y a un effet d'habitude culturelle, un "long poème aujourd'hui, c'est 3, 4 pages ; depuis le moyen âge jusqu'au 19 ème, les poèmes pouvaient durer des lustres !
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Pierre Lamy

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Il s'agissait de poèmes narratifs qui s'adressaient oralement à un public analphabète, d'où l'intérêt du rythme et de la rime (ou assonance). C'est la toute première forme de littérature.
On peut en faire de courts comme le "cabaret vert" de Rimbaud
C'est de loin ma forme préférée qui se caractérise par la fluidité du récit (comme en prose)

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Salus

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Chantre

Et l’unique cordeau des trompettes marines


Guillaume Apollinaire
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Pierre Lamy

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Waouh