On entre lentement dans le grand laminoir
croyant y rencontrer des jeux et balançoires
et un maître gentil qui dira des histoires
Nous longeons sans lumière un immense couloir
Au bout tout à son bout nous y ferons la queue
afin d'entrer docile en cet autre pressoir
qui tronque les matins puis assomme les soirs
faisant d'un bel enfant un pantin flasque aqueux
Pour retendre la chair qui se tanne au turbin
afin de mieux plonger au retour dans le bain
on concède bonnard un temps de vacuité
qu'il nous faut occuper par manque d'habitude
car on ne sait plus vivre hors de la rectitude
Sombrement résumées nos vies, du laminoir au dortoir en passant par le pressoir. Un dés-espoir que par naïveté je me refuse à partager même si, parfois ...
De grandes ombres projetées
Sous la lumière épanouie
Tout ce dessin de mâts gîtés
Entrelacement inouï
Ces destins courts vont et refluent
Gros d’une course illimitée
Gais d’avaler le superflu
En sillonnant d’humanité
Jusqu’aux douces combes cachées !
Toute nature est conchiée.
Ce qu’ont leurs intestins craché
Je dis il faut que vous sachiez
C’est notre culture ordurière
Qui va s’exportant et qui souille
Aujourd’hui tout plus encor qu’hier
En se torchant dans le fenouil !
Ce pauvre monde que tant d’heures
Noires de guerres variées
N’ont pas coulé sous le malheur
Disparaît croule avarié
Sous tant d’horribles fèces mortes
Avec leurs fleurs abandonnées
Du Vaucluse aux Côtes-d’Armor
Collant sous le pas étonné !