Ebauche karstique
La lumière en taches flamboie
Dans la vasque où s'égoutte l'eau
Fraîche que la ravine au beau
Cirque jette du jour qui ploie.
Composition, calcaire et calme,
Centre d'équilibre parfait
Entre l'onde que le roc fait
Bondissante, où vivre se clame,
Et toute l'alme immensité
Minérale sous la garrigue
Dont le ru faiblement n'irrigue
Qu'à peine cette densité
De verticales, de buissons
Pris dans la lumière brûlante
Avec l'élément-roi qui hante
Parcimonieusement les sons
Et les espaces décharnés
Creusés sur et sous la surface
Depuis long que ces monts sont nés,
Sculptant l'à-pic et la crevasse,
L'aven, le gouffre, le scialet,
Dans l'éternité des patiences
Lorsque le temps ainsi allait,
En d'artistes inconsciences
Tracer l'esquisse du Grand-Œuvre
Dont le principe actif abreuve,
Simple pluie ou Panthalassa,
Ce monde entier qu'il enlaça
D'un amour fluide, ample et fécond,
Ruisselant au sol si mal rond
A l'époque âcre où la comète,
Innombrable, tombait comme aide
A la vie au roc enchâssée,
Dissolvant sa glace lancée
A la matière, fiancée
Liquide, durcie ou gazée,
D'un futur bientôt luxuriant,
De ces paysages riant
De tout ce qui croît, s'écriant :
- Nous, dont l'être ivre en est friand,
Nous multiplierons nos essences,
Mus par l'instinct existentiel
En dansant sous le ciel d’intenses
Flirts dédiés à l'essentiel !