Puisque mes "Petits quatrains d'annonces" n'ont pas eu le succès foudroyant escompté, toujours pugnace, je vous livre une autre resucée quarte, les
Chatrains
Je hais du chat l’ignoble patte
La moustache et le regard faux ;
La prestance pourtant m’épate
De ce monstre au pelage chaud.
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Le ronronnement reposant du tigre
Est partagé par l’espèce à l’œil vif
Exquis massage de l’âme où l’on vibre
Au tréfonds de l’être contemplatif.
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Hypnotiques beautés douteuses des eunectes,
Tout de douceur et poil suave, le greffier
Qu'on aime nous capture en des transes suspectes,
Mais il est fier, il feint, nul ne peut s’y fier.
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Aiguilles, pelote au pelage doux,
Petite machine aiguë, effilée !
Souple, affûté, félidé des égouts,
Empuse ! aux griffons d’Hécate liée !
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Nez de velours, ton ronron ment,
Tu n’es, sordide opportuniste,
Câline au solitaire triste
Que par intérêt - carrément !
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Minet, qui joue avec tout ce qui bouge,
Arrose en douce - au salon - je vois rouge !
De l’astrakan qu’il compisse, le poil ;
Le tapis pue, il, minou, risque un pal !
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Chahuteur, chat-huant, chacal,
Abyssal regard de rorqual,
Par Baudelaire ou par Chagall
Peint par tous, pour l’œil un régal !
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Foin de ce qu’il n’aime !
- Ni l’eau, ni le froid -
Donnez-lui le blême
Lait, nectar qu’il boit.
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Leurs amours tumultueuses sont
Du démon la trace indubitable
Rien en eux n’est pur, saint ni fiable
Pourtant l’ange aux félins se confond.
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Sur mes genoux chauffe un chat,
L’hiver crache son grésil,
Il bâille et je vois bien qu’il
Songe au poisson qu’il pêcha…
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Il me regarde avec son œil doré
On le dirait de Gustave Doré
Il est exact qu’on pourrait l’adorer
Tout aussi bien eût-on pu l’abhorrer.
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Tiédeur voluptueuse des
Ventres ronds et pattes pelues
- Si jamais sont ces rimes lues,
Encensant les félins guindés.
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Si sa queue est cassée, oui ! Son poil est splendide ;
Facilement hâbleur, le superbe angora
Affirme, par Bastet – quand ce n’est pas de Râ,
Que légitimement, des dieux vient tout son fluide !
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Dans le félin gît un sphinx qui s’ignore,
Terriblement, quand il chasse et se tend,
Toute proie, ailée ou souris, ressent
L’ivresse affreuse au baiser carnivore.
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Il est, de griffes, rétractable,
Sa langueur ? un bienfait d’enfant !
Mais son cri frôle l’olifant,
Fou furieux miaulant comme un diable !
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Chat botté
Bachoté :
Peu coté,
Bah ! Beauté…
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Enroulée en un sommeil lourd,
Au matin, quand le soleil sourd,
Les souris de chasser, s’arrête
Chaque chatte - et le rat halète !
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Once, ocelot, vrai félin de gouttière,
Raminagrobis ou Grippeminauds,
Harets errants, lynx, servals chemineaux,
Princes des nuits, discrets rois de la terre.
Ce message a été édité - le 01-07-2025 à 21:29 par Salus