Estime pélagique
Un peu de calme, à déguster à l'ombre ;
Juste une halte, oublions nos soucis,
Posons-nous là, dans l'herbe, bien assis ;
L’œil nous est vague, et les buts imprécis ;
Lâchons l'esprit ! qu'il n'aille pas corrompre
L'instant si doux coulant d'un nouveau jour ;
Oui : "carpe diem" et ce, du bout des lèvres,
Car le moment qui passe, c'est du sèvres !
Et le ternir c'est noyer dans les fièvres
L’atoll de paix inventé jadis pour
Nous prémunir du temps inéluctable,
Fuir par le songe, ô Réel, ton miroir
Qui nous empêche, éblouissant, de voir
L'immense espace hors du triste entonnoir
Où nous glissons : les mondes de la fable,
Ceux des couleurs, et l'univers des sons,
Ceux qu'une Muse en passant s’approprie ;
L'imaginaire et la rêvasserie
- Goûtez ce suc de mémoire surie -
Bref, l'infini !
Nonobstant les tessons
Du quotidien, sous les chevaux de frise
Dont la vie orne hélas toujours ses murs,
Malgré le joug fatal des jours futurs,
Qu'en notre for nous sachions rester purs !
Laissons voguer cet esquif qui nous grise :
La fantaisie ! à l'intérieure mer
Ouvrant aux flots des eaux universelles,
Panthalassa de hasard et d'éther,
Par cent détroits !
- Ces eaux, cinglons vers elles !
Ce message a été édité - le 27-06-2025 à 12:31 par Salus