Fascination

Par : Salus
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Salus

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Fascination




J'ai su si tôt qu'au hasard tout s'arrête
Que la faux n'est qu'un futur qui s'apprête
Fumé cent fois l'ultime cigarette
Et vu partir les autres et les miens
Par l’œil des grands principes éoliens
(Autant le vent emportera nos liens)

Au bord du trou sans fond qui tous nous guette
Bien au-delà d'une quelconque quête
N'espérant pas ni miracle plus qu'aide
Je vis mon temps jour après jour content
De chacun car, s'il n'en reste pas tant,
Ils sont la vie, où feutrés l'on entend,
Oui, le malheur et l'aile de la stryge
Nous frôler, où, loin de la foi qui triche,


J'essaie en vain de dompter le vertige














Ce message a été édité - le 05-06-2025 à 18:11 par Salus
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Pierre Lamy

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" De mourir, ça ne me fait rien. mais ça me fait de la peine de quitter la vie. "
Marcel Pagnol
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Tontonjacques

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"Mourir cela n’est rien ;
Mourir la belle affaire.
Mais vieillir… ô vieillir !"

(Jacques Brel)
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Arielle

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Pas plus un cerf forcé
qu'un taureau dans l'arène
je ne me sens de ceux que la mort ennoblit
Je n'envie pas du fier héros l'ultime scène
ni du loup de Vigny
la sublime agonie

je suis le lièvre bleu
que sa peur époumone
qui s'enfuit en lâchant billettes en rafales
ou ce canard privé d'une tête bouffonne
qui le col palpitant
loin du billot détale

Tapie en un hallier farouche où je m'embrouille
dès que j'entends siffler le fil de la faucheuse
la panique me prend au seul nom de la gueuse

je sens pleurer sous moi les fougères que mouille
une louche rosée s'épandant goutte à goutte
en une flaque immonde…
Ah que vieillir me coûte !




Ce message a été édité - le 05-06-2025 à 18:08 par Arielle



Ce message a été édité - le 05-06-2025 à 18:12 par Arielle



Ce message a été édité - le 05-06-2025 à 18:13 par Arielle
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Tontonjacques

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P.P.H.

Mes sphincters m’ont lâché, je baigne dans l’urine,
J’ai oublié comment il faut s’alimenter ;
Et pourtant je crois voir, malgré l’obscurité,
Frissonner quelque part ses lèvres purpurines. (1)

Mon organisme las manque de vitamines ;
Je reste dans mon coin, tout seul, à grelotter.
L’hiver sera féroce, ils l’ont dit au J.T. ;
Je gis sur mon pucier, assailli de vermine.

Un reflet danse encore au fond de mes prunelles,
Mais la rumeur du monde, honnête ou virtuelle,
N’éveille plus en moi qu’un vague haut-le-corps.

Occis plus qu’à demi, je manque d’oxygène,
Et je lâche des pets, respirant à grand-peine ;
J’ai bien croqué la vie, j’attends les croque-morts.

(1) Vous aurez remarqué j'espère la richesse de la rime.
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Salus

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Pierre :
"Mourir, quelle perte de temps !"
(Salus)

Tonton :
"Partir, c'est mourir un peu"...mais mourir, c'est partir beaucoup !
(Une plume réaliste)

Arielle :
Belle Plume sépulcrale...

- Ouvrons un sujet, déjà presque ouvert : Pwèts zé pwétesses, envoyez-y-nous donc vos écrits sur ce définitif sujet !
(Je prêche d'exemple) :


Futur


J’écrirai mon dernier mètre
Avant que de cesser d'être
- J'ai vécu sans Dieu – ni maître !

Jamais né - je vais mourir -
J’amenais à secourir
Des mots qu'on laissait surir.

J'ai tenté le bouche-à-bouche
Sur des phrases d'amour louche
Dont le féminin me touche !

Mes millions de rimes - choc -
Tels les sillons d'un vieux soc,
Fondront toutes d'un seul bloc

Dès moi mort ; l'automne, en trombe,
Pleuvra sur l'or de ma tombe
Dissolvant ce qu'il incombe

Aux mémoires de garder !
(Car sans trop se hasarder,
Sûr qu'on va tout bazarder !)

...Et pourtant je griffe encore
La toile, du glyphe en tore,
Ces affres qu'un sylphe arbore !

Mes nouveaux vers seront blancs
Et grouilleront en mes flancs
Alourdis de mes élans,

De gestations littéraires
Fruits de ces itinéraires
Où m'auront conduit les erres

Par les courants et les biefs,
Des omégas aux alephs
Des espaces longs ou brefs

Dans l'Océan du langage
Dont la découverte engage
D'être à l’épître à tout âge.

Mais bientôt j'aurai cessé
Ma plainte – et d'être lésé
Par ce travail mal aisé

Qui m'a grisé sans qu'on dise
Nulle part, comme à Elise,
De ma lettre qu'on la prise !












Ce message a été édité - le 05-06-2025 à 21:51 par Salus
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Mimmo

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"Je vis mon temps jour après jour content
De chacun car, s'il n'en reste pas tant
Ils sont la vie"

Merci de l'avoir ecrit, c'est magnifique !
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Pierre Lamy

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Voici ma copie :

Quand irai-je
dans la charrette
de l’Ankou ?

d'où ce dodécasyllabe :

Quand irai-je dans la charrette de l’Ankou ?

😊



Ce message a été édité - le 07-06-2025 à 06:19 par PierreLamy
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Salus

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Te dirai-je
Que l'on s'arrête
D'un seul coup ?

(Je te dirai/que l'on s'arrête/en un seul coup)









Ce message a été édité - le 06-06-2025 à 12:32 par Salus
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Pierre Lamy

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Les vers 1 et 2 se terminant sur un e muet, les vers 2 et 3 commençant par une consonne :

Te dirai-je que l'on s'arrête d'un seul coup ?

colle pile-poil
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Madon

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C’est beau
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Lau

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faux

Alors apparut l’émotion
De naître et vivre et disparaitre,
Une alternative nuit-jour
Dès l’art que s’éveillaient les sens,
Egaillés par quelques encens
Arcboutés entre ciel et mer ;
La peur en inventa l’amour,
Le paradis, le rien, l’enfer,
La religion et sa potion,
Dictame pour notre bien-être.

Moi ? je n’aimerais pas souffrir ;
A part cela, parfois je pleure
Mais continue à parler seul,
A me peaufiner quelques vers
Qui, faussement, sont des « toujours »
Afin qu’apparaissent moins lourds
Les regrets de perdre mes pairs ;
Mais puisqu’il me faut un linceul :
Que l’on sourie, il faut mourir,
Les rimes sont sans cesse à l’heure.




Ce message a été édité - le 06-06-2025 à 16:14 par Lau
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Salus

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Merci du passage, Madon
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Salus

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Lau :
Sans médire du reste, ça, j'ai adoré :
"Dès l’art que s’éveillaient les sens"
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Pierre Lamy

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Un jeune squelette
insensible au froid qui mord
roule à mobylette

Une gigolette
surgit soudain sur bâbord
blonde et rondelette

Il en oublie qu’il est mort


https://www.poesie-francaise.fr/charles-baudelaire/poeme-danse-macabre.php





Ce message a été édité - le 08-06-2025 à 20:50 par PierreLamy