P.P.H.
Mes sphincters m’ont lâché, je baigne dans l’urine,
J’ai oublié comment il faut s’alimenter ;
Et pourtant je crois voir, malgré l’obscurité,
Frissonner quelque part ses lèvres purpurines. (1)
Mon organisme las manque de vitamines ;
Je reste dans mon coin, tout seul, à grelotter.
L’hiver sera féroce, ils l’ont dit au J.T. ;
Je gis sur mon pucier, assailli de vermine.
Un reflet danse encore au fond de mes prunelles,
Mais la rumeur du monde, honnête ou virtuelle,
N’éveille plus en moi qu’un vague haut-le-corps.
Occis plus qu’à demi, je manque d’oxygène,
Et je lâche des pets, respirant à grand-peine ;
J’ai bien croqué la vie, j’attends les croque-morts.
(1) Vous aurez remarqué j'espère la richesse de la rime.