La poésie sur internet
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Par : Valin
Voici quelques vers qu'un ami a composés sur sa copine et qu'il souhaite se faire critiquer. Les strophes n'ont pas d'ordre fixe et sont sujettes à amélioration. Les voici donc :
Ta peau a le goût du mois d'août
Du tiède parfum des pommes d'Oka
Ma mancenille au venin-chocolat
J'm'envenime à croquer tes joues
Tes lèvres posent leur sel sur mes
/mains
Pareilles au fleuve à Tadoussac
Et ton coeur braqué à brûle-
/pourpoint
Abat le mien viré fou braque
En guise du gui dont tu t'languis
J'ai un treillis de pain-de-perdrix
Aux billes pour bénir nos entrelacs
Rouges de rougir sous toi et moi
Tes cheveux un grand arpent
/d'ivraie
M'enivrent comme un alcool bénin
Une cascade d'ambres sombre et
/clair
Soie aux 100 000 fils châtains
Une gibbeuse qui éclipse le Soleil
Un Valin duveteux dans ma main
Demie-poire pulpeuse au réveil
Rêves du matin zyeutant ton sein
----------------------------------
Je souhaite bien sûr prévenir que mon ami a employé un vocabulaire régional et vernaculaire, donc si vous souhaiter bien embrasser et étudier ses écrits il faudra évidemment se renseigner sur les mots ambigus. De plus, il a entamé une strophe mais il manque deux vers (joints ci-bas), si vous souhaitez donc l'aider et jouer le jeu il est ouvert.
Toi fille-Manille, moi homme-
/Angström
L'étoile lumière et l'if feluet
Posté à 20h19 le 02 juin 25
Mon avis purement personnel :
- le sujet n'est pas franchement original (déjà le Cantique des Cantiques, dans la Bible...)
- c'est ambitieux et plutôt complexe à suivre, surtout pour un Français, mais même pour un Québécois à mon avis (et la copine a dû attraper une migraine, la pauvre). Je dirais : "trop tarabiscoté", si ce terme s'exporte outre-Atlantique, on passe trop de temps à essayer de comprendre, et on n'est pas assez emporté, ni par le rythme, ni par les "rimes" (réduites parfois à de vagues assonances, et système de rimes plutôt variable), et pourtant l'auteur a l'air de se laisser parfois commander par les rimes (ex: Tadoussac / braque)
- ça me semble manquer de cohérence (sémantique), même si le thème général est clair : on dirait un peu qu'on a collé des mots les uns derrière les autres, plus ou moins automatiquement (et je cherche toujours ce que peut signifier : "une gibbeuse" qui éclipse le soleil. Gibbeux, ça veut dire quelque chose comme bossu, non ?
- enfin bref, il y a quelque chose, peut-être même un peu trop.
Mais ce n'est que mon avis...
Posté à 10h14 le 04 juin 25
Merci beaucoup pour cet avis, c'est très constructif et pertinent, je suis sûr que mon ami va apprécier. D'ailleurs, si d'autres personnes souhaitent exprimer leur avis ou donner des conseils par rapport à ces vers, ce serait très apprécié et utile.
Posté à 17h39 le 04 juin 25
.
Avis destructif et impertinent.
¨Non, peut-être!
c'est des carabistouilles.
Je dirai même plus, une entourloupe.
C'est comme l'histoire de l'homme qu'a vu l'homme qu'a vu l'ours
(C'est l'ami qu'a vu l'ami qui ...
écrit du grand nawak)
Basta ya!
.
Posté à 01h05 le 05 juin 25
Si vous pensez que c'est une entourloupe, je peux comprendre. Ces vers sont ceux d'un ami qui m'a exprimé vouloir avoir l'avis de plusieurs personnes sur eux. Comme j'étais inscrit à cette page, j'ai décidé de les publier ici mais il aurait bien pu le faire lui-même.
N'empêche, que ça vous semble une carabistouille ou non, j'invite tout de même une participation dans un esprit d'ouverture, de jeu et d'analyse critique pour aider à travailler sur ces vers (comme l'a fait Tontonjacques) et les améliorer. Merci!
Posté à 03h27 le 05 juin 25
A la réflexion, je pense que "une gibbeuse" fait référence à la Lune :
"La Lune est dite gibbeuse (« bossue ») lorsqu'elle est moins que pleine, mais éclairée plus qu'à moitié. Elle sera gibbeuse croissante jusqu'au moment de la pleine lune, puis gibbeuse décroissante jusqu'au dernier quartier."
Mais pour Valin, c'est encore moins évident, sans doute s'agit-il d'un bouquin écrit par un Canadien dénommé Valin, et dont j'ignore tout par ailleurs ?
Ne vous inquiétez pas si vous n'avez pas trop de retours, en France tout au moins la discussion à propos de l'écriture constitue un véritable tabou, les seuls commentaires autorisés sont généralement les cris d'extase règlementaires. Dans n'importe quel artisanat, quand c'est de traviole, on le dit, tout naturellement, mais quand il s'agit de l'artisanat du "verbe", attention ! pas touche, c'est sacré. C'est bizarre, mais c'est comme ça.
Posté à 15h01 le 05 juin 25
Mon p'tit doigt me dit que tu es l'auteur de ce poème amoureux.
C'est le genre de très loin le plus répandu et qui de ce fait accumule un max de poncifs.
Mais les expressions, les métaphores et les mots employés ici sortent des sentiers battus de l'hexagone.
Le premier quatrain est génial.
Je ne sais pas si ta blonde sera conquise, mais j'ai souri tout l'temps.
Ce message a été édité - le 05-06-2025 à 18:20 par PierreLamy
Posté à 16h13 le 05 juin 25
Analysons donc.
.
« Une gibbeuse qui éclipse le Soleil
Un Valin duveteux dans ma main »
Tontonjacques a trouvé pour
« gibbeuse », pas « Valin »
« Un Valin duveteux … ».
Il y a un Mont Valin au Canada, un général Valin compagnon de de Gaulle et même des confections sur mesure Valin, etc.
P.S. « … un ami qui m'a exprimé vouloir avoir l'avis … »
J‘espère seulement que ce n’est pas du français « canadien » courant.
Ce message a été édité - le 06-06-2025 à 22:25 par Ggabrielle
Posté à 18h13 le 05 juin 25
Pour moi, c'est à peine lisible ; c'est boiteux, emmêlé, hésitant, ça rime n'importe comment, et c'est plein de facilités ; aucune maîtrise littéraire ; par contre, oui, on comprend qu'il y a de l'amour.
...Et je me garderais bien de dire ça si des avis n'étaient pas expressément demandés ; il a raison, Tonton, sur le tabou critique, encore que je pencherais plus pour une bête question d'égo.
(à nos âges, 'faut arrêter de jouer au l'égo !)
Voilà, j'espère ne pas vous avoir peiné, quand on ne me demande rien et que je n'aime pas, je me contente du silence.
Ce message a été édité - le 05-06-2025 à 19:00 par Salus
Posté à 18h59 le 05 juin 25
Merci à Tontonjacques, Pierrelamy et Salus pour ces commentaires très constructifs et intéressants, malgré la difficulté que représente le vocabulaire.
En effet, "gibbeuse" réfère à une phase de la lune, dans le but d'imager le bombement, la courbe prononcée. Peut-être qu'il est plus judicieux d'écrire "Lune gibbeuse qui éclipse [...]" plutôt que "Une gibbeuse qui éclipse [...]".
Ensuite, dans l'ordre d'idée d'une forme courbe, "Valin" réfère ici aux monts Valin du Saguenay, plus spécifiquement au massif des monts Valin qui est de forme oblongue plutôt qu'aiguë.
D'ailleurs, j'ignorais qu'il y avait un tabou par rapport aux avis, opinions et critiques par rapport aux poèmes et écrits en France et j'apprécie encore plus que vous participiez à ma demande. Je ne perçois aucune insulte venant de vos avis, puisque c'est pile ce que je demandais. Surtout n'arrêtez pas de vous exprimer et d'analyser ces vers car c'est grâce à cela qu'ils seront moins illisibles et discordants.
Enfin, puisque Gabrielle s'acharne, ce sont en effet mes vers. Je me cachais par pudeur, mais votre perspicacité a percé ma cachotterie.`
Surtout n'arrêtez pas de vous exprimer et d'analyser ces vers car c'est grâce à cela qu'ils seront moins illisibles et discordants.
Posté à 19h39 le 05 juin 25
Non, je ne vais pas « m’acharner ».
Au contraire, je trouve que votre français s’améliore d’heure en heure.
Ce message a été édité - le 06-06-2025 à 22:23 par Ggabrielle
Posté à 01h59 le 06 juin 25
À noter que ce poème est posté dans la rubrique
sans contrainte d'écriture
J'me suis bien marré en le relisant
Mais ce serait mieux si tu supprimais les aller-à-la-ligne, les strophes devenant des paragraphes. Ainsi tu désarmerais les critiques sur le rythme et sur les rimes.
Vas-y Valin !
Ce message a été édité - le 06-06-2025 à 08:24 par PierreLamy
Posté à 06h46 le 06 juin 25
A mon avis, ce poème pose (entre autres) le problème du lectorat : à qui s'adresse l'auteur ? Il est clair que si c'est exclusivement aux Québécois, qui saisiront la plupart des références, les Français risquent de rester perplexes. C'est un problème général : personnellement, j'essaie d'écrire le plus "universellement" possible (enfin, en général), pour que n'importe quel francophone puisse apprécier - ou pas. Et même en traduction ! C'est ce que j'apprécie dans la plupart des haïkus japonais : même si la culture de l'auteur est complètement différente de la nôtre, on peut ressentir, grâce à la traduction, ce que l'auteur a ressenti et voulu dire. C'est pareil si on fait des références trop savantes et pointues, que seuls les fins lettrés sauront apprécier : pour la majorité des lecteurs, ça leur passera au-dessus de la casquette.
Posté à 08h22 le 06 juin 25
Pas d'accord, c'est justement le parler québécois qui fait tout le sel de cette déclaration d'amour.
Je note aussi une bonne louchée d'autodérision.
Posté à 08h30 le 06 juin 25
Rappelons donc aux lecteurs ignares dans mon genre (merci Wikipédia !) que "Mitchella repens, en français Pain-de-perdrix, Mitchella rampant ou Mitchelle rampante, est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Rubiaceae. C'est une plante rampante herbacée ou semi-ligneuse, endémique en Amérique du Nord, parfois plantée comme couvre-sol pour ses baies rouges ornementales. "
Posté à 09h14 le 06 juin 25
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