Regard des pierres
- Conte -
Au pays des cailloux merveilleux,
Sous les étoiles - qu’on extrapole -
Rien n’est plus philosophal : leurs yeux,
Striés de fer, oxydés, saigneux…
Là, l’équateur croise un peu le pôle ;
Le minéral est l’égal des dieux !
Et pêle-mêle, on met la boussole
Au nord d’un Sud dont l’horizon vole !
Vain minuscule, et céleste corps,
Il tourne au creux d’un espace vide
- Mais tout ça sont, bien sûr, les décors
Pour situer notre conte tors !
Au sol viride, où l’air est livide,
Ô tectonique ! En rêvant tu dors,
Rêvant - c’est tout - torride épiphyte,
Nourrie au rien qui partout s’invite !
Cœur, saint des saints du très noir cosmos,
Tournant, tournant, tranquille et qui pulse ;
Tellurique organe, et structure, os !
Prière de pierre, au vieux naos
Emise, et vers un diable bisulce,
Vers le béant du grand Ouranos,
Vers l’étendue, où l’esprit nul se
Dilue en Dieu - que rien ne révulse -
Tu gires et vas
L’orbite elliptique ;
Ta vie ! et là-bas ,
Planète typique,
C'est un Walhalla…