Manoiselle "Manoisette"

Par : Salus
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Salus

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Manoiselle "Manoisette"



Ce chat doré,
Mon adoré,
Lance la patte
Et, ça m’épate,
Tout de velours
Pour des mamours !

Contre ma joue
Il s'offre et joue
Entièrement !
(Comme un amant)

- En fait, c'est "elle"
(Une femelle)
Poil acajou,
Noir, blanc au cou,

Coquine, affable,
- C'est adorable !

Très jeune, encor,
Dans ses yeux d'or
Rien ne reflète
Qu'humeur simplette !

La queue au vent
Elle est l'enfant
Heureuse et pure
De la nature !

Tout soie et feu,
Toute à son jeu,
D'un caractère
Multipolaire,
Ce chaton fou
Est encore où ?

- Sous la banquette !
Toujours en quête
D'un coup fourré !

Accaparé
Par une mouche ;
Tout ce qui bouge
Prend, à ses yeux,
L'air merveilleux !

...Puis, je l’appelle,
Minouche, belle,
- C'est pour son lait !
Quoique replet
Son ventre avide
L'écluse - et vite !

Alors, bâillant,
Le félin lâche
Son but et tâche,
En se frottant,
En minaudant,
De me rejoindre.
(Et j'entends poindre
Son ronron dont,
Lovée en rond,
Elle m'abreuve
Comme une preuve
De satiété
Et d'amitié !)

Mobile boule
Elle s'enroule
Dans mes grands bras
Comme en des draps.

C'est confortable ?
- Frrrrout ! Impeccable !

Sur mes genoux
C'est chaud et doux...
Emu, je n'ose
Faire autre chose.







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Machajol

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Une bonne dose
De douceur
Une boule
De poils roux !

Elle minaude
Oh! La maraude

De l'aube au soir
Dans son mystère

Miss terre
Vous envoute

Miaou !




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Salus

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Miaou !
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Lau

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C'est doux, rassurant, ça ronronne.


Un dimanche de chat

Sur la dernière marche, avachi, chat, tu dors
Sous l’édredon poilu de ta couleur frisonne ;
Tout l’étage rugit du rêve qui résonne,
Quel mulot poursuis-tu ? –ta moustache frissonne-
Sur la dernière marche, avachi, chat, tu dors.
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Salus

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Synonyme de "noir", mais c'est un peu retors
En hypologie, oui, là le mot s'arraisonne !
- Pourtant tu t'abstiendras d'aucuns petits remords
Car dans ton beau quinté, musical le ré sonne.




Ce message a été édité - le 06-04-2025 à 22:49 par Salus
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Arielle

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Raminagrobis

Depuis qu’avec bonheur il avait jeté l’ancre
parmi les lourds dossiers d’un notaire d'Evreux
il avait renoncé aux hymens onéreux
dont témoignait un pan d’oreille qui s’échancre.

Dédaignant les souris, les rats, faisant le cancre
Il se laissait gaver des reliefs généreux
du tabellion; repu, devenait plantureux,
lustrait studieusement sa toge d'un noir d’encre.

C’en était bien fini des travaux mercenaires
et des échauffourées, des amours sublunaires
couvrant de leurs clameurs les toits des odéons.

Ce greffier n’avait plus qu’une unique marotte
rêver bien à l’abri de l’éclat des néons
entre deux gros fichiers comme au fond d’une grotte.








Ce message a été édité - le 06-04-2025 à 17:17 par Arielle
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Salus

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Chatrains

Je hais du chat l’ignoble patte
La moustache et le regard faux ;
La prestance pourtant m’épate
De ce monstre au pelage chaud.
_

Le ronronnement reposant du tigre
Est partagé par l’espèce à l’œil vif
Exquis massage de l’âme où l’on vibre
Au tréfonds de l’être contemplatif.
_

Hypnotiques beautés douteuses des eunectes,
Tout de douceur et poil suave, le greffier
Qu'on aime nous capture en des transes suspectes,
Mais il est fier, il feint, nul ne peut s’y fier.
_

Aiguilles, pelote au pelage doux,
Petite machine aiguë, effilée !
Souple, affûté, félidé des égouts,
Empuse ! aux griffons d’Hécate liée !
_

Nez de velours, ton ronron ment,
Tu n’es, sordide opportuniste,
Câline au solitaire triste
Que par intérêt - carrément !
_

Minet, qui joue avec tout ce qui bouge,
Arrose en douce - au salon - je vois rouge !
De l’astrakan qu’il compisse, le poil ;
Le tapis pue, il, minou, risque un pal !
_

Chahuteur, chat-huant, chacal,
Abyssal regard de rorqual,
Par Baudelaire ou par Chagall
Peint par tous, pour l’œil un régal !
_

Foin de ce qu’il n’aime !
- Ni l’eau, ni le froid -
Donnez-lui le blême
Lait, nectar qu’il boit.
_

Leurs amours tumultueuses sont
Du démon la trace indubitable
Rien en eux n’est pur, saint ni fiable
Pourtant l’ange aux félins se confond.
_

Sur mes genoux chauffe un chat,
L’hiver crache son grésil,
Il bâille et je vois bien qu’il
Songe au poisson qu’il pêcha…
_

Il me regarde avec son œil doré
On le dirait de Gustave Doré
Il est exact qu’on pourrait l’adorer
Tout aussi bien eût-on pu l’abhorrer.
_

Tiédeur voluptueuse des
Ventres ronds et pattes pelues
- Si jamais sont ces rimes lues,
Encensant les félins guindés.
_

Si sa queue est cassée, oui ! Son poil est splendide ;
Facilement hâbleur, le superbe angora
Affirme, par Bastet – quand ce n’est pas de Râ,
Que légitimement, des dieux vient tout son fluide !
_

Dans le félin gît un sphinx qui s’ignore,
Terriblement, quand il chasse et se tend,
Toute proie, ailée ou souris, ressent
L’ivresse affreuse au baiser carnivore.
_

Il est, de griffes, rétractable,
Sa langueur ? un bienfait d’enfant !
Mais son cri frôle l’olifant,
Fou furieux miaulant comme un diable !
_

Chat botté
Bachoté :
Peu coté,
Bah ! Beauté…
_

Enroulée en un sommeil lourd,
Au matin, quand le soleil sourd,
Les souris de chasser, s’arrête
Chaque chatte - et le rat halète !
_

Once, ocelot, vrai félin de gouttière,
Raminagrobis ou Grippeminauds,
Harets errants, lynx, servals chemineaux,


Princes des nuits, discrets rois de la terre.






Ce message a été édité - le 07-04-2025 à 10:38 par Salus
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Tontonjacques

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Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire
Par son être magique où s’incarne le sphinx ;
Par le charme câlin de la lueur si claire
Qui s’échappe à longs jets de ses deux yeux de lynx,
Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire.

(Maurice Rollinat)


Votre Honneur, c’est le chat qui frappa Baudelaire
À coups de tisonnier, à travers le larynx ;
Moi, je n’y suis pour rien ; seul témoin oculaire,
Je sortais simplement, satisfait, des cagoinces.
Votre Honneur, c’est le chat qui frappa Baudelaire.

Je suis, c’est bien connu, d’une ignorance crasse ;
Je l’admets, Votre Honneur, je ne suis qu’un balourd.
Ces poèmes obscurs, toutes ces paperasses,
On survit très bien sans, d’ordinaire, à Saint-Flour ;
Je suis, c’est bien connu, d’une ignorance crasse.

Oui, mais en attendant, le gars gisait par terre ;
Le chat le surveillait avec perversité.
Et ce bestiau cruel, affront supplémentaire,
Déclara froidement : Il l’a bien mérité.
Oui, mais en attendant, le gars gisait par terre.

On l’avait estourbi et battu comme plâtre !
Tout ça pour quoi, bon Dieu ? pour un sonnet bâclé ?
S’il faut que pour si peu, son voisin, on l’emplâtre,
Le châtiment pourtant paraît un peu salé :
On l’avait estourbi et battu comme plâtre.

Bien que le bourg voisin fût distant d’une lieue,
Je fonçai chez les flics, hagard, sur mon vélo.
Le chat, lui, souriait et balançait la queue :
Il trouvait ça plaisant et plutôt rigolo
Bien que le bourg voisin fût distant d’une lieue.

J’ai tout dit, Votre Honneur, voilà toute la chose :
L’assassin, je le jure, a pour nom Roudoudou.
Cependant le temps presse, et tandis que je cause,
Il s’est carapaté, ce satané minou !
J’ai tout dit, Votre Honneur, voilà toute la chose.

😉