La poésie sur internet
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Par : Tontonjacques
Bien avant Internet, j'ai appris que le tréma sur le i signifiait qu'on devait le prononcer indépendamment de la lettre le précédant, comme dans laïque, haïr, stoïque, etc
Ça s'appelle une diérèse.
Posté à 17h56 le 16 mars 25
[suite et fin... ouf !]
C’est vrai qu’il faut lire beaucoup de haïkus avant d’essayer d’en produire ?
Oh oui. C’est même par là que j’aurais dû commencer. En lire, oui, et de toute sorte, des japonais, des américains et des français, des haïkus du 17ème siècle et d’autres tout récents… C’est vraiment la meilleure façon, à la fois de s’imprégner de l’esprit du haïku, et de comparer les différentes façons d’envisager le genre. Après, ça n’empêche nullement de lire aussi des ouvrages plus théoriques à propos du haïku… et évidemment de développer son propre style.
Le principal problème, à mon avis, concernant les haïkus originels, c’est qu’ils sont rédigés en japonais (et même en japonais daté, parfois), et donc qu’à moins de maîtriser à la fois cette langue et cette culture, on est obligé de s’appuyer sur des traductions... plus ou moins heureuses, et souvent divergentes qui plus est ! Et l’idéologie est loin d’être absente de l’esprit des traducteurs. Etiemble consacre je ne sais plus combien de dizaines de pages au seul problème de la traduction du haïku le plus célèbre de Bashô :
(Une des traductions qui me semble parmi les « moins pires » : « Ah, la vieille mare ! / une grenouille y plonge / bruit de l’eau »).
À lire les « traductions » en diverses langues citées par Etiemble, on en reste positivement ahuri. Évidemment, si on part d’une seule mauvaise interprétation, on risque de faire fausse route (je pense notamment à ces traducteurs anglophones qui rajoutent du « splish-splash » comme s’il en pleuvait, mais il y aurait des tas d’autres choses à dire). Il faut donc lire beaucoup de traductions différentes… ou apprendre le japonais.
Je reste sceptique aussi devant les versions de Maurice Coyaud, sûrement compétent mais qui me semble « arranger » un peu trop les choses à sa manière. J’aimerais bien savoir par exemple ce que dit exactement le haïku japonais originel, si frappant dans la forme française proposée (en 10 syllabes seulement ! dont deux « vers », comme dit Coyaud, de 2 syllabes seulement) :
Posté à 18h10 le 16 mars 25
Je me rends compte à quel point j'étais à côté de la plaque avec mon sonnet light en haïkus. Je l'ai supprimé et l'on ne m'y reprendra plus.
Ce message a été édité - le 17-03-2025 à 09:23 par PierreLamy
Posté à 09h16 le 17 mars 25
Il n'y a pas de honte, on apprend à tout âge. Tu as raison d'ailleurs pour les termes comme "stoïque", mais chose étrange, on écrit "ambiguïté", alors que c'est la prononciation du "u" qui est modifiée... Les rectifications de l'orthographe de 1990 ont certes prôné "ambigüité", ce qui me paraît bien plus logique, mais comme elles sont royalement ignorées...
Posté à 11h01 le 17 mars 25
Un haïku écrit d'après une photo que j'ai prise à Ermenonville, à l'automne : donc un haisha, je suppose.

Posté à 17h42 le 11 avril 25
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Posté à 19h49 le 16 avril 25
Décidément intrigué par ce haïku lapidaire (en français), signé « Seison » :
Posté à 15h37 le 12 mai 25
J’ai reçu le dernier numéro de L’Ours dansant, toujours très enrichissant pour qui s’intéresse au haïku, et notamment au haïku actuel en français.
Pas de métaphores dans le haïku, pourtant celui-ci me plaît bien :
parfum de pluie
les poings serrés des pivoines
s'ouvrent peu à peu
Andrée Dametti, France
Mais d’une façon générale, je crains que les étrangers ne soient plus réceptifs au genre que nous. Ainsi, celui-ci me paraît à la fois original et très frappant :
vent poussiéreux
un chat noir traverse
l'ombre du drapeau
Alexandra Ivoylova, Bulgarie
et celui-ci m’a fait éclater de rire :
trombes d'eau
dans la tente
une pluie de jurons
Manon TESSIER, Québec
Celui-ci est peut-être « français », malgré le nom de l’auteur ; il me semble en tout cas très bien illustrer le genre :
Terrasse à Paris
au pigeon boiteux
je donne un peu plus
Marie Krolikowska Litra
Eh oui, rien de grandiose, rien de lourdingue ou de précieux (et évidemment pas de « japoniaiseries »), pas de morale, juste une remarque, une réflexion, une idée, un sentiment… le quotidien… Les Français m’ont l’air particulièrement réfractaires à cette philosophie, suis-je normal, docteur ?
Posté à 10h06 le 15 juin 25
Je reconnais qu'on peut se passionner pour ces clichés photographiques qui expriment en quelques mots d'une sensualité pudique l'émotion de leur auteur mais je ne parviens pas à me glisser dans ce costume étroit où je ne me sens pas à l'aise.
Bienheureux les sobres d'esprit
au royaume des colibris !
Posté à 10h09 le 26 juin 25
Oui, c’est une discipline qu’il faut étudier au préalable si l’on veut s’y lancer. Mais personne n’y est obligé, moi par exemple je n’aime pas la poésie « spirituelle » ou « jeu de société » (entre autres), eh bien je m’abstiens, chacun son truc. Pour moi, le haïku n’est qu’une possibilité parmi beaucoup d’autres, je ne le divinise pas, mais il m’a ouvert des horizons.
Posté à 15h06 le 26 juin 25
Aucune critique dans mon message, Tonton, sinon à l'encontre de moi-même et de mes impossibilités à m'adapter à cette forme dont je reconnais et apprécie les qualités.
De même que je m'extasie devant les performances du colibri qui de trois gouttes de nectar nourrit son vol inimitable
Posté à 16h54 le 26 juin 25
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