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Le haïku actuel en français

Par : Tontonjacques

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Tontonjacques

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Je suis retombé sur cette étude, déjà postée ailleurs, sans avoir bien entendu suscité la moindre réaction, mais peu importe : je trouve dommage qu'elle reste à roupiller au fond de mon ordi, alors que (on ne sait jamais) elle pourrait peut-être intéresser quelqu'un un jour.

Vu que c'est assez long, j'ai l'intention de la publier en plusieurs "morceaux" successifs.

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De quel droit ?

Pour lever d’office tout malentendu : ce qui suit n’est pas un dogme, ni un recueil de règles intangibles à suivre à la lettre. Les recommandations ou consignes concernant le haïku sont nombreuses et parfois contradictoires — sans parler des interdits. Et comme le dit Dominique Chipot : si vous voulez respecter tous les interdits, bientôt vous n’oserez plus aligner deux mots. Ce n’est donc, et une fois pour toutes, que ma façon propre d’envisager le haïku actuel en français. En japonais, ce serait différent (je ne parle pas japonais d’ailleurs), en anglais ou dans une autre langue aussi. De plus, cette forme évolue ; certains s’en tiennent aux enseignements de Bashô, d’autres veulent à tout prix moderniser, voire occidentaliser le haïku. Je n’ai pas d’objection, sinon qu’il faut quand même garder quelque chose du haïku japonais originel (source unique et incontournable), sinon il n’est plus très légitime d’y accoler l’étiquette « haïku ». Si vous l’appelez autrement, pas de problème. Jetons un coup d’œil à quelques exemples pris (presque) au hasard :

Nu comme un dieu, / Au galop dans la prairie / Il fait la réaction

(Couchoud, Faure et Poncin)


Incompréhensible. Ce n’est pas un haïku. On voit que le concept n’a pas encore été vraiment assimilé (Couchoud est celui qui a publié les premiers « haï-kaïs » en français, en France).

Dans un monde de rêve, / Sur un bateau de passage, / Rencontre d’un instant

(idem)


Là, c’est déjà nettement mieux (ignorons les majuscules à tort).

terres de l’enfance / même vent mêmes pierres / d’autres vies

(Danièle Duteil)


Oui, là, ça parle au lecteur.

Il désherbe une mémoire / plus longue que sa vie / le buveur de silence

(Alain Kervern)


Intellectuel, assez occidental et prétentieux. Je reste dubitatif, malgré la renommée de l’auteur.

Je ne suis pas un spécialiste, ni un japonisant d’ailleurs. Je ne propose ici que mes propres réflexions, peut-être naïves ou entachées d’erreur, et je prétends nullement détenir « la » vérité (par contre, j’aime bien discuter avec des gens qui connaissent un peu le sujet, car c’est enrichissant).

(Sauf indication contraire, les haïkus cités sont de moi, et qu’il soit clair qu’il ne s’agit en aucune façon de « modèles » ; je les considère avant tout comme des tentatives, ou des exercices, voire des supports de réflexion).


Le haïku, c’est du 5 – 7 – 5 ?

C’est en général la première définition sur laquelle on tombe. Oui, à l’origine, c’était de préférence (et malgré quelques entorses chez les haijins japonais eux-mêmes) la forme préconisée. C’est très bref, certes : donc, d’autant plus intéressant. Bavardage interdit, et là, je souscris. Le haïku serait aussi un poème qu’on peut prononcer en une seule expiration : idée intéressante, là aussi.

De plus, c’est doublement impair : 5, 7 et 5 sont des nombres impairs, 17 (la somme) aussi. Et ce sont tous des nombres premiers. Un poème utilisant des vers classiques français (hexasyllabe, octosyllabe etc.) ne sera jamais un haïku. C’est autre chose.

Certains se sont révoltés contre cette tyrannie (surtout d’ailleurs ceux qui maîtrisent mal la prosodie), et ont proposé des poèmes affranchis de tout mètre. Du vers-librisme, en somme. Pourquoi pas, puisque l’esprit du haïku est peut-être plus important que la rigueur de sa forme. Les anglophones adoptent volontiers le 3 – 5 – 3 : normal, l’anglais est plus concis que le français ; ou une forme « libre ». Toutefois, d’une part, un consensus semble se dessiner sur le format général : court – long – court, et d’autre part, tout poème de plus de 17 syllabes me semble suspect dans ce cadre. (Certains descendent à 2 lignes, voire moins : finalement, il ne restera plus rien du tout).

Personnellement, j’essaie de m’en tenir au 5 – 7 – 5 (j’en discuterai plus en détail plus loin), ne serait-ce que par goût de la contrainte, mais c’est un choix personnel ; il me semble d’ailleurs que la longueur des mots n’est pas très différente en japonais et en français (la syntaxe, si). Dans tous les cas, rappelez-vous qu’il ne s’agit que d’un aspect, et sans doute pas le plus important, du haïku. Disons une ligne de conduite générale.


Des mores ou des syllabes ?

Avant d’avoir étudié le haïku, à mon avis personne ou presque n’avait entendu parler de « mores ». Les Japonais ont en effet des syllabes longues, qui comptent pour deux « mores », et le haïku japonais s’écrit en réalité en 17 mores plutôt qu’en 17 syllabes.

Étant donné qu’il s’agit d’une caractéristique de la langue japonaise, alors que nous écrivons en français, je ne vois pas pourquoi se casser la tête sur ce point. Je pense qu’il est bon de l’apprendre, puis de passer au point suivant.


Le haïku, c’est trois vers ?

Non. Le haïku est à l’origine un « monostique » (un vers unique), découpé en trois « séquences » (exactement comme notre alexandrin classique se découpe en 2 hémistiches de 6 syllabes chacun). Ce n’est que par commodité que nous représentons habituellement le haïku sur 3 lignes (certains conservent une seule ligne, avec des blancs pour séparer les parties ; le problème est que cela risque d’excéder la largeur de la page) ; au Japon, à l’origine il s’écrivait sur une seule ligne verticale (aujourd’hui, plutôt horizontale). Hélas, bien des commentateurs, et non des moindres (Maurice Coyaud par exemple) mélangent allègrement la notion de ligne et celle de vers, et décrètent donc logiquement que le haïku est un tercet, etc. Je m’oppose énergiquement à cette confusion : des tercets, nous en avons par exemple dans nos sonnets (ou dans la « terza rima »), et ça ne ressemble pas au haïku.

Etiemble, pour ne mentionner que lui, a également pesté contre cette conception des « trois vers », contresens selon lui aussi.


Pas de rimes dans le haïku ?

Obsédés par cette notion de « 3 vers », certains en ont donc déduit que, pour respecter les règles de notre poésie classique, il était judicieux de faire « rimer », au moins en partie, le poème. Non. Les Japonais ignorent la rime, et de toutes façons, normalement on ne rime pas à l’intérieur d’un vers unique.

D’autres alors en sont arrivés à la conclusion qu’il était « interdit » de rimer dans un haïku (occidental). Non plus. A mon avis, autant il est absurde de rechercher la rime, autant il est sans intérêt de se l’interdire si elle vient naturellement. Cela se produit parfois, même si c’est assez rare, et peut même générer alors un effet intéressant. « Avec modération », l’expression me semble ici pleinement justifiée.

La grêle est passée / laissant les allées glacées / de pétales blancs


Fausses rimes :

Le rideau se tord / giflé par l’aller-retour / du ventilateur


Par ailleurs, j’attache beaucoup d’importance aux sonorités internes au poème (haïku ou pas), sans toutefois les rechercher à tout prix — elles viennent naturellement :

Un troupeau pressé, / chuchotant, de feuilles sèches / court sur la chaussée


Désolé, me dit / le jeune acheteur de livres / écartant Desnos



Comment compter les syllabes ?

Comme en poésie française classique. Notamment, les règles du « e caduc » s’appliquent, de la même façon. Si vous ne savez pas gérer le e caduc en français, commencez donc par là, hors toute notion de haïku ; c’est le b – a – ba de la musicalité de la poésie, même si pour quelque raison qui m’échappe, plus personne ne semble la comprendre aujourd’hui. Ça n’a rien de sorcier pourtant. Si vous prononcez :

Regard’ ! j’ viens seul m’asseoir sur cett’ pierre

ou
Du rivag’ charmé frappèr’ les échos


(d’après Lamartine, Le Lac)

il y a peut-être un problème en effet (et pire encore, si vous écrivez quelque chose du genre « Oh là là je t’aiMEUH, j’arriv’ plus à dormir », persuadé qu’il s’agit d’un alexandrin)...

À l’usage toutefois, apparaît un problème plus subtil : si l’on tient le haïku pour ce qu’il est, à savoir un monostique, ne conviendrait-il pas de respecter les règles classiques, non seulement à l’intérieur de chacune des trois parties, mais également dans l’ensemble du poème ? Au début, je n’avais même pas envisagé cette question, qui s’est pourtant imposée peu à peu à moi. Si je compare par exemple ces deux haïkus :

La forêt fumante / gorgée d’eau, folle d’oiseaux / la pluie a cessé


Ouvrant la fenêtre / ah, ce coup de poing de lune / en pleine poitrine !


je constate que le premier ne respecte pas entièrement les règles (après « fumante », on devrait trouver une voyelle ou un h non aspiré) ; le second, si.

Là, je sens s’élever un vent de révolte : alors non seulement il faudrait écrire en 17 syllabes, divisées en 5 – 7 - 5, mais en plus respecter les règles de la prosodie classique, y compris à la jonction des parties ! Faudrait voir à pas exagérer non plus ! Bon, bon, du calme ! Je suggère un compromis : faire juste en sorte que le haïku « sonne bien », autrement dit, éviter de faire se rencontrer des sons trop discordants (sauf effet recherché) ou trop difficiles à prononcer (et ça vaut aussi pour d’autres types de poèmes). Si les Russes n’ont pas de difficulté à prononcer « mghnovienie » (« instant »), nous, si. Après, chacun fait comme il le sent.

[à suivre]



Ce message a été édité - le 15-03-2025 à 17:22 par Tontonjacques

Posté à 17h16 le 15 mars 25

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Pierre Lamy

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3+5+3=11
le haïku des anglophones est aussi en nombres premier impairs
C'est ce qu'Assonance appelle le
Totemo mijikai

https://lespoetes.net/forumvoirtopic.php?t=23471

J'apprécie vivement cette référence aux nombres premiers que l'on retrouve aussi dans le tanka dont le nombre des syllabes est le nombre premier 31

C'est ce qui m'a donné l'idée du sonnaïku, de la terzaïku et du rondoïku.

"La Poésie, c'est la mathématique de la littérature"




Ce message a été édité - le 15-03-2025 à 18:15 par PierreLamy

Posté à 17h52 le 15 mars 25

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Tontonjacques

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Je pense que les Asiatiques (Japonais, Chinois...) sont plus orientés vers l'impair, alors que nous, c'est l'exact contraire.

Posté à 08h07 le 16 mars 25

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Pierre Lamy

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Le mathématicien poète Jacques Roubaud, qui vient de mourir, a beaucoup bossé sur le haïku qu'il a découvert à treize ans.

Posté à 08h27 le 16 mars 25

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Tontonjacques

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[suite]

Et la césure ?

En fait, quand j’ai commencé à m’intéresser au haïku, on ne parlait pas autant de césure. Aujourd’hui, il semble que le concept obsède littéralement les haijins amateurs.

Le mot de « césure » n’a ici pas tout à fait le même sens que dans notre poésie classique. Je vois très bien ce qu’est la césure d’un alexandrin racinien, par exemple : une pause, après la 6ème syllabe, qui permet au vers de « respirer », et qui implique diverses conséquences : interdiction bien sûr d’un mot à cheval sur les 2 hémistiches, mais aussi de certains groupes de mots, comme l’article suivi du substantif par exemple, ou du substantif + adjectif. A partir du 19ème siècle, bien des poètes ont d’ailleurs commencé à balancer la césure par-dessus les moulins.

Dans le haïku, c’est un peu différent. D’abord, le haïku japonais utilise très fréquemment un « kireji » (« mot de césure »), tel surtout que « ya » ou « kana », à peu près intraduisible en français (certains préconisent la ponctuation comme équivalent, par exemple le point d’exclamation ou le tiret long, selon le cas). Mais en fait, dans le haïku français, il semble que la « césure » soit surtout représentée par une « rupture de construction », à la fois syntaxique et sémantique (ou au moins une bifurcation sémantique). Par exemple, la première ligne sera une phrase nominale, exprimant une idée, les deux suivantes, constituant une phrase verbale, en exprimeront une autre : la « césure » sera dans ce cas entre les deux (donc à la fin de la première ligne).

On peut d’ailleurs envisager que la « césure » arrive en plein milieu d’une ligne ; et de plus les Japonais utilisent assez souvent le « mot-césure » à la toute fin du poème (fin de la 3ème séquence) ; qu’est-ce que la césure coupe dans ce cas-là ? (caesura = coupure, en latin).

Utiliser chez nous une interjection pour représenter la césure peut se justifier parfois ; mais la liste est assez limitée, et une fois que vous aurez fait le tour des ah ! oh ! hé ! bah ! voire tiens ! ou zut ! vous risquez de vous répéter fâcheusement, voire d’être ridicules. Là encore, à mon avis, une règle : « avec modération ».

Mais il existe en outre chez nous une règle redoutable : un haïku, non seulement doit comporter une césure, mais il ne doit en comporter qu’UNE SEULE ! Si on en reste à la poésie française, on s’attendrait un peu à ce qu’il y ait deux césures, une à la fin de chacune des deux premières lignes, mais non ! on a dit UNE :

- s’il n’y a pas de césure du tout, vous faites probablement de la « phrase repliée », c’est-à-dire une phrase de prose plus ou moins artificiellement découpée en 3 segments (et probablement une idée unique aussi) : pas un haïku.

- s’il y a deux césures (ou plus !), vous risquez la « liste de commissions » (3 lignes, et 3 idées, sans franc rapport entre elles) : pas non plus un haïku. Pourtant :

Çà et là, dans l’herbe / étincelles de rosée / clins d’œil minuscules


qui semble comporter deux césures, ou aucune, constitue un haïku acceptable à mon avis. Plutôt que de se focaliser sur la « césure » (qu’on pourrait décréter figurer ici à la fin de la 2ème séquence, même s’il n’y a pas de rupture de construction), ne vaudrait-il pas mieux s’attacher au sens (çà et là dans l’herbe scintillent des gouttes de rosée, comme des étincelles : on dirait de minuscules clins d’œil) ?

Pour résumer, cette notion de « césure » dans le haïku n’est pas complètement absurde, et le principe d’« une césure et une seule » semble raisonnable en effet, même si on peut de temps en temps (soyons fous !) s’autoriser un autre schéma. Mais si vous utilisez toujours la même structure (par exemple césure à la fin de la première ligne), vos haïkus paraîtront vite mécaniques… et lassants.


Au fait, le haïku est-il rythmé ?

A priori non. Toutefois, si on se tient au 5 – 7 – 5, on ne tardera pas à remarquer que certains rythmes s’en dégagent de préférence. Certes, on n’en est pas au niveau du « limerick », dans lequel le rythme a une telle importance :

There WAS a young LAdy from NIger,
Who SMIled as she ROde on a TIger;
They came BACK from the RIde
With the LAdy inSIde,
And the SMIle on the FAce of the TIger.


Toutefois on jugera peut-être que :

La CHAMbre aux murs BLANCS / tout enTIÈre peuplée PAR / une MOUche uNIque


« sonne mieux » que :

MILle grandes PAges / le dictionNAIre, et ce MOT / SEUL en est abSENT


(l’intonation de « dictionNAIre » en particulier gêne un peu, plus exactement le fait qu’une séquence commence par trois syllabes non accentuées).

Il n’y a pas à ma connaissance de règle clairement définie à ce sujet, qui reste en partie... subjectif, mais il vaudrait peut-être la peine de s’y pencher plus avant — même si le rythme n’est certes pas une préoccupation majeure des Français…


Pas de ponctuation dans un haïku ?

Dans un haïku japonais, en principe, non (même les interrogations sont représentées par des kirejis). Parlons d’abord de la casse, puis de la ponctuation proprement dire.

La casse.

L’écriture japonaise (qui est dans ce cas plutôt un art se rapprochant de la calligraphie, basé sur les kanjis et les kanas) ignore notamment la « casse » (majuscules / minuscules) des caractères. Mais, le but n’étant pas de « singer » les Japonais à tout prix, la question se pose pour nous : faut-il utiliser des majuscules, et si oui dans quel cas ?

Il existe toute une série de possibilités. Celle que j’adopte en général : la première lettre du poème en majuscules, le reste en minuscules, à l’exception des noms propres. Exemple :

Petit bananier / un jour tu deviendras grand / je serai Bashô


En tout cas, dans une perspective monostique, il y a lieu à mon avis de fuir comme la peste les majuscules en début de chaque (pseudo-)vers. Ça, c’est de la poésie occidentale. Mettre tout en minuscules me semble en revanche une possibilité acceptable (dans la mesure où l’on ne risque pas de confondre un nom propre avec un nom commun, « Paris » avec « paris » par exemple).

La ponctuation proprement dite.

Les haïkus japonais ignorent en général également la ponctuation proprement dite. Autant que possible, je cherche moi aussi à me passer d’elle lorsqu’elle n’est pas indispensable, ou du moins utile.

Petites fumées / grelottantes sur les toits / dans l’aube glacée


(aucune ponctuation, car inutile ici)

Ah ! mon dictionnaire / — indisponible : servant / d’oreiller au chat


(Ici, la ponctuation est soit indispensable, comme après « ah », soit utile (le tiret long remplace par exemple la copule « est », ou l’expression « le voilà », et le double-point introduit l’explication tout en séparant bien les mots « indisponible » et « servant », rendant les choses plus claires à la lecture, surtout qu’on trouve ensuite un enjambement).

Et la mise en page ?

Je pense qu’une présentation d’un haïku par page est raisonnable (on n’est pas obligé d’avoir des pages immenses non plus). J’ai essayé au début de proposer 6 haïkus, harmonieusement disposés, par double-page, mais à la réflexion je trouve que ça fait trop, et ça empêche de se concentrer sur un haïku en particulier (l’œil ne cesse de naviguer entre les divers poèmes).

Il paraît qu’oralement, un haïku doit être dit deux fois, pour permettre à l’auditeur de bien se pénétrer du texte. À l’écrit, un haïku par page (donc deux par double-page) est peut-être la formule que je préfère. Elle oblige à accorder un peu de temps à chaque haïku, avant de tourner la page. Un recueil de haïkus ne se parcourt pas négligemment ni à toute vitesse.

Quant à la présentation (imprimée) proprement dite, je préconise celle sur 3 lignes, suffisamment aérées, et centrées sur la page ; le haïku peut être situé environ au tiers supérieur de la page. Les caractères : sobres, par exemple du Times ou du Garamond (les polices sans sérif me semblent mal adaptées à la poésie), ou légèrement coquets (Lucida Calligraphy…), mais sans excès ! Dans certains cas particuliers, on peut avoir deux haïkus par page, voire une présentation un peu différente (écriture à deux mains par exemple). Dans tous les cas, éviter de « bourrer la page » (pour économiser du papier...)

Maintenant, si vous savez calligraphier « à la japonaise »… à vous de voir.

Ah oui, j’oubliais : jamais de titre pour un haïku. Les notes et commentaires ne sont pas forcément bienvenus non plus (parfois, pour des haïkus japonais qui font référence à des lieux ou des coutumes spécifiques au pays, mais pour un haïku « français », a priori : non. Le haïku doit se suffire à lui-même).


Le haïku, ça doit parler de la nature ?

À l’origine, oui, et en plus, au Japon, il fallait utiliser un « kigo » (mot de saison) pour bien préciser à quel moment de l’année on faisait allusion. À chaque « kigo » correspondait un moment (4 saisons, précisées par début / milieu / fin, et à laquelle on ajoutait la « saison » du Nouvel An). Les Japonais en sont arrivés à publier des «saïjikis » (catalogues) comportant des milliers de kigos, et il fallait respecter la correspondance indiquée pour ne pas paraître inculte. Jeux de lettrés.

En fait, ces correspondances sont en bonne partie culturelles, et parfois arbitraires. Ainsi, traditionnellement, le mot « hirondelle » est associé au milieu du printemps : pourquoi ne pourrais-je pas évoquer une hirondelle au cours de l’été ou de l’automne ? De plus, certaines expressions (telles que « longue journée », etc.) font assez « stéréotypées » et répétitives.

Je pense donc que les kigos peuvent être sans dommage être laissés aux Japonais. On peut évoquer une saison autrement que par un kigo « homologué », ou sans se préoccuper outre mesure de la correspondance induite au Japon par tel ou tel mot.

Il me paraît plus difficile de faire l’impasse complète sur la nature, et éventuellement les saisons, même si une telle approche a été revendiquée par divers haijins contemporains. Le haïku à l’origine est ancré dans la nature et les saisons. Quand Kerouac écrit :

Missing a kick / at the icebox / It closed anyway
(Coup de pied raté / sur la porte du frigo / Quand même fermé)


bon, ce n’est peut-être pas très éloigné de l’esprit du haïku, mais ça ne m’enchante guère. C’est plus américain que « haïku », à mon avis.

Je me suis d’ailleurs moi-même essayé à cette voie :

Un sac en plastique / flâne devant ma fenêtre / au sixième étage


Est-ce un haïku ? Peut-être, mais je ne le tiens pas pour très bon en tout cas.


Le haïku, ça doit donc être beau ?

C’est la même question que pour la poésie en général. Non, pas forcément, même si ça plaît en général davantage quand c’est joli (ici, on mentionne en général la « Charogne » de Baudelaire). Le plus important est sans doute de faire passer une sensation, une impression, une image, un sentiment (et même l’amertume ou le désespoir, comme l’ont fait parfois les Japonais), plutôt que de « faire joli » à tout prix. La trivialité n’est par ailleurs pas du tout absente du haïku japonais, pas plus que le côté « terre-à-terre » éventuel. On est dans le quotidien, pas dans les hautes sphères de l’idéal.

Quel est le con / qui est allé pisser / sur cette neige fraîche ?
(Kikaku, d’après la trad. de Maurice Coyaud)



Le haïku, ça ne doit pas être spirituel ?

Non, pas au sens où nous l’entendons en tout cas. Comme dit cent fois, le haïku n’est pas une épigramme, ni une pointe, ni un proverbe, ni un précepte, ni un jeu d’esprit, ni, ni… Donc, oublions provisoirement le côté « spirituel » d’une partie de notre poésie occidentale (française notamment…)

Toutefois, un petit jeu de mots de temps à autre : pourquoi pas ? Si ça ne devient pas une habitude…


Le haïku n’est pas obscur ?

Non ! Il ne doit pas y avoir à chercher laborieusement une signification cachée. Dans l’idéal, le lecteur doit recevoir le haïku comme une évidence, rejoignant sa propre expérience (mais peut-être mieux formulée). Un haïku intellectuel, métaphysique, n’est pas un haïku, c’est totalement contraire à l’esprit même du haïku.

C’est notamment la raison pour laquelle il ne faut pas :

- utiliser de grands mots peu compréhensibles, pour « faire intelligent »
- ni des métaphores abstraites, dans le style occidental
- ni un langage tarabiscoté, ou des figures sibyllines
- ni faire référence à une situation connue de l’auteur seul, et qui donc ne peut a priori être partagée par le lecteur ; ou utiliser des références, littéraires ou autres, trop « pointues »
- ni évoquer une situation, ou une image, qui ne « dit rien » à personne (sauf peut-être à l’auteur, et encore) ; ni inventer (arranger, oui, inventer, non).
- etc.

Par exemple :

Pylônes d’ouest / ils seraient donc aussi vieux / que le vieux soleil ?


évoquait réellement quelque chose pour moi (les pylônes électriques que je contemplais de mon balcon au soleil couchant), mais comment le lecteur pourrait-il le deviner ? Un haïku non « partagé », ou du moins « partageable » manque son but, à mon avis.

[à suivre]

Posté à 08h28 le 16 mars 25

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Pierre Lamy

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J'ai fait mon miel de ton topo.
Il m'a donné l'idée de bricoler un sonnet light (13 vers) composé de 4 haïkus et un monostique de 5 syllabes soit 73 syllabes (73 est un nombre premier)
Merci Tonton
Salut

Posté à 09h11 le 16 mars 25

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Arielle

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A priori je n'aime pas trop me plier aux règles strictes du haïku que je trouve frustrantes mais en me plongeant dans votre étude, Tonton, je suis curieuse de me glisser pour un essai dans cette expression d'une sensibilité qui me paraissait jusqu'alors si étrangère ...
Coucou

Posté à 10h10 le 16 mars 25

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Tontonjacques

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Les règles sont faites pour être un peu bousculées... toutefois, ce qui importe à mon avis, c'est d'éviter le contresens, bien trop fréquent chez nous - et qu'on risque moins de commettre en lisant d'abord pas mal de haïkus étrangers ou français (mais d'abord japonais, puisque ce sont eux qui ont inventé la chose).

Mais ce n'est pas fini, j'en ai encore quelques pages...



Ce message a été édité - le 16-03-2025 à 11:16 par Tontonjacques

Posté à 11h16 le 16 mars 25

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Pierre Lamy

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Ce message a été édité - le 01-04-2025 à 16:17 par PierreLamy

Posté à 13h19 le 16 mars 25

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Tontonjacques

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J'ai eu un peu de mal à retrouver mes "Ha-ï-kus" (sur 3 syllabes ?) là-dedans, pourtant l'idée de base aurait pu permettre d'en générer un...

Posté à 14h30 le 16 mars 25

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Tontonjacques

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[suite]

Il y a des catégories grammaticales interdites dans le haïku ?

Selon certains, il ne faudrait pas utiliser par exemple d’articles ni de participes présents dans un haïku… parce que cela n’existe pas en japonais. Cet argument me paraît spécieux : nous écrivons des haïkus en français, et pas en japonais, il semble donc logique d’utiliser au mieux les ressources de notre langue. Mais d’autres vont même jusqu’à proscrire les adverbes ou les adjectifs… on se demande un peu ce qu’il reste à la fin. Soyons sérieux : utilisons les articles, les participes présents, les adjectifs, les adverbes et tout ce qu’on voudra… judicieusement, et avec modération, comme toujours.


Pas de métaphores dans le haïku ?

En principe, non — ce qui est très contraire à nos habitudes occidentales. C’est une des habitudes dont il faut se défaire lorsqu’on essaie d’écrire des haïkus, et c’est assez déstabilisant au départ. Toutefois, je ne suis pas un intégriste de l’« anti-métaphore », j’en use à l’occasion, assez discrètement, voire humoristiquement je l’espère :

Cosmos des abeilles / infini d’étoiles bleues / lopin de bourrache

(Ici, le « cosmos » initial se ramène finalement à un simple lopin de terre fleuri, mais vu du point de vue des abeilles.) (Et la bourrache produit de très jolies petites fleurs bleues).

Je pense qu’il faut surtout éviter les métaphores trop intellectuelles, abstraites, qui ne dépareraient pas un poème occidental… mais jurent franchement dans un haïku.

En tout cas, je m’efforce de bannir les comparaisons (introduites par « comme » ou autre). Je préfère la métaphore à la comparaison, trop « lourde » à mon avis, surtout ici.


« Plusieurs verbes » interdits dans le haïku ?

Disons que si vous placez plusieurs verbes évoquant des actions dans votre poème, vous n’êtes plus vraiment dans le cadre du haïku, qui évoque en principe un instant, une image, une impression, et non une succession d’actions ou d’événements (pas de « narratif » !) J’ai par exemple commis le (pseudo-)haïku suivant :
Bicyclette jaune / le facteur tourne, s’arrête / — repart, se rapproche

qui évoquait bien pour moi l’attente, plus ou moins patiente (de « la » lettre que le facteur s’apprêtait à me délivrer ?) ; mais à le relire, je l’ai trouvé mauvais, car pas « dans le ton » du haïku (quatre verbes, quatre actions successives !) Dans un autre cadre, ça passerait sans doute mieux.

D’autres vous sermonneront si vous ne mettez pas le verbe au présent (de l’indicatif). L’idée générale est compréhensible, mais l’application « à la lettre » de ce précepte n’est pas forcément indispensable. Dans certains cas, le passé, le futur, ou même le mode conditionnel par exemple, peuvent donner de bonnes choses.
Adieu, camarade / tu me fus longtemps fidèle / ma dent regrettée

Été suspendu / et ce jour serait parfait / avec un mot d’elle


Pas de « je » dans le haïku ?

En principe… Toutefois les haijins japonais eux-mêmes évoquent leurs états d’âme ou leurs tribulations à l’occasion.

Je pense qu’il faut surtout éviter de s’épancher et d’évoquer trop platement ses sensations, sentiments ou idées. Procéder plutôt par allusions. Souvent la dépersonnalisation (en utilisant par exemple une forme verbale non conjuguée, telle que le participe présent, ou le pronom « on », etc.) donne de bons résultats. Comme Dominique Chipot, je ne suis toutefois pas un chaud partisan de l’infinitif dans le haïku : plutôt la phrase nominale (pas de verbe), à choisir. Mais j’aime bien aussi les simples notations, qui laissent l’auteur totalement « à l’extérieur » (ou semblent l’y laisser).

Exemples :
Bleu miraculeux / à regret, je verse l’eau / de cuisson du chou

(le « je » est exprimé)

Reflets du couchant / le temps de cligner des yeux / le haïku s’enfuit

(le « je » est implicite)

Appel des grands fonds… / regardant monter les bulles / dans l’eau minérale

(« je » implicite, utilisation du participe présent)

S’allonger au sol / sous les cimes frémissantes / que la terre est dure !

(« je » implicite, utilisation de l’infinitif)

Criaillant, funèbre / la corneille sur le faîte / est peut-être heureuse

(simple observation / réflexion, semblant laisser l’auteur en-dehors du poème)

(À noter que le « je » peut aussi être exprimé par un adjectif ou pronom possessif, tel que « mon, ma, me, moi... »)


Le haïku, c’est le zen ?

Non. Comme l’explique bien Dominique Chipot, ce sont deux attitudes différentes, qui peuvent parfois se rejoindre dans un poème donné, mais qui ne sont pas équivalentes. Il ne faut pas tout mélanger sous prétexte que tout cela est exotique, et fascinant parce qu’exotique.


Il faut éviter les « japoniaiseries » ?

Parfaitement. Le but pour nous n’est absolument pas d’introduire dans un haïku les termes « geisha, mousmé, kimono, sakura, origami, seppuku », ni « arigato », il est d’évoquer notre quotidien à nous, en général bien éloigné du Japon. Si vous connaissez les traditions japonaises, tant mieux pour vous, mais n’essayez pas de faire du « pseudo-japonais ». L’esprit du haïku se passe parfaitement de la « japoniaiserie »… même s’il n’est pas interdit de faire référence à l’occasion à tel ou tel haïku célèbre, ou à tel élément de la culture japonaise — pour peu qu’il soit facilement accessible au lecteur. « Avec modération »…
Ah, la vieille mare ! / ni clapotis, ni grenouille / inutilité


Le haïku, ce n’est pas le senryû ?

En effet. Autant l’humour est bienvenu dans le haïku, autant l’ironie, le sarcasme, ou plus encore la critique sociale, n’y ont pas leur place. Il est vrai que haïku et senryû utilisent la même forme, mais ils ne sont pas dans le même esprit. Il faut choisir ce que l’on veut faire, même si la frontière est parfois subtile.


Le haïku se réalise « d’un seul coup » ?

C’est ce que prétendait Bashô : le haïku apparaît à l’esprit comme une évidence, et se trace d’un seul coup (de pinceau). En ce qui me concerne, ce n’est en général pas du tout mon cas : je récris, je rature, je corrige, je modifie… et suis rarement satisfait à 100 % du résultat. Mais c’est mon expérience personnelle, si vous avez plus de facilités, tant mieux pour vous !

En revanche, je pense qu’il est bon de conserver tous ses haïkus, quitte à en classer certains dans la catégorie « médiocres », voire « mauvais », ne serait-ce que pour les relire plus tard et méditer sur ce qui pèche. Ça n’implique évidemment pas de les publier…


Le haïku ne doit pas être mis au service d’une cause ?

J’y crois fortement. Il y a certes eu, et même au Japon, des haïkus politiques, prolétariens ou autres… Je ne crois pas que cela ait grand-chose à voir avec le haïku. C’est pourquoi les concours de haïkus sur les grands thèmes à la mode, genre « Le dérèglement climatique », « La répartition inéquitable des richesses dans le monde » ou « Le virus de la COVID » (ou : « Le triste sort des migrants en Méditerranée ») me semblent constituer un contresens complet et me laissent éminemment sceptique. En tout cas, ça ne m’intéresse pas.

Il n’est certes pas interdit d’évoquer par exemple un SDF dans un haïku : mais alors, d’une manière allusive, originale, inattendue (et prise sur le vif)… bref, intéressante. Haro sur la platitude et les « bons sentiments » qui font tant de ravages, notamment dans la littérature ou prétendue telle.
Ce mendiant crasseux / jurant, cul-nu, sapristi, / c’est qu’il me ressemble !

De toutes façons, à mon avis, le haïku doit être basé sur une expérience personnelle, même si elle peut a priori être partagé par (presque) n’importe qui. Donc, fuyons les généralités oiseuses.


Le haïku ne doit pas être une simple description ?

C’est vrai. Si vous vous cantonnez au descriptif, et même si c’est très bien vu et décrit, il manquera toujours quelque chose.
Le pivert surpris / agrippé au vieux prunier / fuit en rase-mottes

C’est peut-être bien observé, la forme est correcte, mais ça ne fait pas un haïku.

À mon avis, le haïku comporte de préférence une clause « majeure » (relativement banale, introduisant le thème) et une « mineure », qui en représente un contrepoint, introduit une touche d’originalité, etc., et fait tout l’intérêt du poème. C’est là que le terme de « césure » (entre les deux parties) peut prendre tout son sens.

Les termes de « majeure » et « mineure » ne font pas référence aux longueurs respectives des deux éléments, la majeure peut très bien se cantonner aux cinq premières syllabes – voire moins. La mineure peut parfois résider dans le seul dernier mot. On peut même inverser l’ordre des clauses. À vous de voir.


Quel est le rapport sémantique entre les clauses ?

C’est là une question des plus intéressantes, et plutôt « pointue » à mon avis, pour laquelle je n’ai pas de réponse toute faite. Je crois pouvoir distinguer notamment les rapports suivants (mais ce n’est pas définitif, et bien entendu je serais prêt à en discuter) :

a. (le plus intuitif peut-être) : il y a opposition entre les deux clauses :

Onze heures qui sonnent / la nuit s’est faite plus noire / Véga plus intense

(opposition entre la nuit noire et l’étoile brillante)

Il pleut dans la nuit / mais la lune entre les branches / et quelques étoiles…

(opposition plus marquée ; la majeure est réduite à la première ligne, et la mineure est introduite par la conjonction « mais », ce qui n’est en général pas recommandé — sans compter les points de suspension à la fin. L’idée était d’évoquer une impression, née de la surprise due à la concomitance (réelle) de la pluie, de la lune et des étoiles.)

b. la mineure constitue la « clé » (l’explication, la solution) du poème. Le lecteur était jusque là intrigué, le voilà renseigné (et satisfait, on l’espère) :

Accrochée aux branches / parmi les boules de gui / ballon blanc — la lune


c. la mineure est un simple complément, qu’on attendait en raison de la syntaxe (mais qui doit tout de même apporter une petite surprise). Ce n’est pas forcément un complément au sens purement grammatical, ce peut être le sujet, ou le verbe...

Chat d’appartement / hume sur mon pantalon / les odeurs du monde


Comme il devenait / fréquentable enfin, le jour / tira son chapeau


d. la mineure constitue une inflexion, elle oriente le poème dans une direction jusqu’alors imprévue :

J’ai ri de bon cœur / de quelque chose aujourd’hui / ou peut-être hier


Le chat s’en revient / nonchalant, de promenade / escorté de puces


e. la mineure constitue une précision, qui parachève le poème, sans toutefois apporter de véritable surprise (elle reste dans le ton général ; assez typique des "phrases repliées") :

Les jacinthes d’eau / enserrent les flancs du bac / avec volupté


f. la mineure constitue une image ou une réflexion générale, une conclusion ou un résumé de ce qui a été évoqué jusque là :

Il m’emplit les yeux / le soleil rasant d’hiver / mouches violettes


Il porte le pain / elle porte les croissants / les deux petits vieux


g. la mineure entre dans le cadre d’un « zoom » ou « travelling avant », ou au contraire d’un travelling arrière :
Le corbeau lui même / fait pitié, désemparé : / plaine blanche immense



[à suivre... mais c'est bientôt fini !]




Ce message a été édité - le 16-03-2025 à 14:56 par Tontonjacques

Posté à 14h43 le 16 mars 25

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Pierre Lamy

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Dans mon univers je n'ai jamais entendu le mot haïku. Spontanément j'y faisais la diérèse comme dans laïque
Je viens de corriger la faute.
Merci Tonton
Salut

Posté à 15h33 le 16 mars 25

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Tontonjacques

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En fait, j'ai moi-même été surpris, car je ne m'étais jamais posé la question. Je pense que cela provient notamment de notre prononciation du participe passé "ha-ï" (du verbe haïr). Du coup, j'ai rajouté une note dans la dernière partie (qui va arriver).



Ce message a été édité - le 16-03-2025 à 16:04 par Tontonjacques

Posté à 16h04 le 16 mars 25

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Pierre Lamy

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J'ai vérifié sur Google
"haïku prononcé en français"
à deux reprises j'ai entendu
Ha-i-ku

Sourire
Je reviens donc à mon texte initial

Posté à 16h15 le 16 mars 25

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Tontonjacques

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Oui, j'ai vu ça aussi, on trouve beaucoup d'âneries sur Internet (notamment des quantités de gens bien intentionnés vous expliqueront que "le haïku est un court poème de 3 vers répartis en 5 / 7 / 5 syllabes"... Il vaut peut-être mieux se renseigner auprès de ceux qui étudient et pratiquent le haïku.

Posté à 17h40 le 16 mars 25

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