Poésie-origami

Par : Arielle
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Arielle

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La poésie-origami
qui plie les mots et les déplie
froisse l'écho des jeux qu’ils cachent.
Correspondances
face à face
duo des sons avec le sens.
Envers
endroit
la page blanche
échappe aux barreaux de ses marges
gonfle son âme de papier
et déploie sa fragilité
cherchant sous la cocotte un cygne
qui donne corps à la beauté
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Pierre Lamy

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La mise en page en forme de vase contribue au charme de ce poème origami.
😊
cherchant sous la cocotte un cygne
est un vers de tout beauté
👋



Ce message a été édité - le 04-03-2025 à 12:06 par PierreLamy
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Lau

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Délicat.

Pour vous accompagner dans l'art du pliage avant de se mettre à l'ikebana...



Sonnet en papier

Il pleut… Cet incipit on ne peut plus bateau
Fait d’un léger carton beige, a cet avantage
D’inviter la pensée au moindre cabotage,
A s’offrir un cyclone, un ouragan… Que d’eau !

Sous le flic, de la bouche, on entend le bruitage
D’une corne de brume, on se prend pour Cousteau,
Sous le floc, on commande auprès de l’aboteau,
L’adéquate manœuvre au son du clapotage.

Le marin du trottoir a navigué le ru,
Les océans, les mers et d’exotiques fleuves,
Des dames qu’il connut, il en laissa des veuves !
Tombé dans les égouts, à jamais disparu,

Mais ce grand armateur est le roi du pliage,
Il pleut… Il est heureux de partir en voyage.



Ce message a été édité - le 05-03-2025 à 10:40 par Lau
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Arielle

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"Le marin du trottoir a navigué le ru" dans le sillage du Bateau ivre de Rimbaud ou celui de Baudelaire qui nous invitait lui aussi au Voyage.

J'aime beaucoup le ton léger, teinté d'humour, de ce grand armateur
😊 😊 😊
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Salus

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De bien beaux vers ici
Y lire me délasse
Ces laisses dont j'enlace
Chaque effet réussi
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Arielle

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Merci Pierre, Lau et Salus, vos commentaires donnent des ailes à ma cocotte 👋
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Tontonjacques

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Un peu "intello" peut-être, mais juste et bien écrit.
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Arielle

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"Intello" ma cocotte aux ailes de papier froissé qui pond son oeuf dans la paille de mon poulailler !!! Tonton, la remarque me surprend
😊
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Tontonjacques

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Ben, je maintiens, « un peu » intello. Ça m’a fait penser au poème de Prévert, « Page d’écriture », mais qui semble quand même plus limpide, plus « simple », et on « voit » les choses devant soi :

"(…) Et les vitres redeviennent sable
L'encre redevient eau
Les pupitres redeviennent arbres
La craie redevient falaise
Le porte-plume redevient oiseau."

Là, on comprend l’idée (enfin, je crois), et on apprécie effectivement le vers « cherchant sous la cocotte un cygne » (encore que, tordu comme je suis, je me suis demandé un moment s’il ne fallait pas comprendre « un signe » en sens second ? mais il semble que non). Le 3ème vers par exemple n’est pas évident à appréhender, et le « duo des sons avec le sens », certes plus compréhensible, fait un peu « dissertation », à mon avis. Enfin, je suis sans doute obtus, mais il m’a quand même fallu relire le poème plusieurs fois pour mieux l’appréhender. Disons que ce n’est pas totalement « évident », un peu abstrait peut-être, si c’est le mot « intello » qui gêne. Et ce même si la cocotte est bien physique, elle.

Ça ne veut pas dire que c’est mauvais, loin de là, ce sont juste mes réflexions personnelles. Pour moi, un poème non « intello », ce serait un poème qui ferait directement appel aux sensations, d’une part (vue, ouïe, odorat, goût, toucher essentiellement), et/ou aux sentiments (joie, tristesse, peur, colère, honte, surprise…) : précisément ce que j’apprécie dans le (bon) haïku – qui lui, se caractérise notamment par son « évidence ». Là, je dirais que ça fait davantage appel à la compréhension, donc au cerveau : même quand on comprend, on a du mal à « ressentir ». C’est pourquoi j’ai utilisé le terme « intello », même si on peut sans doute trouver mieux.

J’espère m’être un peu expliqué. Ce n’est pas un jugement de valeur, c’est une (tentative d’)analyse, toujours plus intéressante, à mon avis, que les « olalakesébo » rituels.
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Arielle

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Merci beaucoup pour cette analyse détaillée qui me permet de réfléchir avec vos mots à la manière dont un lecteur peut recevoir ce texte.Je comprends mieux ce qualificatif d'intello que vous lui avez donné. Ayant tenté de faire un parallèle entre la "fabrication" d'un poème et celle d'un pliage, outre la recherche de la beauté, l'expression des sensations et des sentiments de l'auteur est effectivement exclue et peut laisser supposer une certaine froideur centrée sur la métaphore.

En définitive j'ai vivement apprécié votre "critique" que je trouve très constructive.



Ce message a été édité - le 10-03-2025 à 09:52 par Arielle
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Machajol

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Et soudain la cigogne nait
Les doigts agiles presque immobiles
Plient et replient en déliés
Papier de soie si raffiné
Les délicates ailes bleues

La cigogne peut s'envoler

👋
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Arielle

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Entre vos doigts de fée, Macha,
cygne ou cigogne emportera
nos rêves loin du poulailler
de cette cocotte empaillée

😉
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Pierre Lamy

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Je me repointe pour découvrir le sonnet de Lau.
Dans les années 40, je fus un de ces "armateurs" quand l'eau coulait à flots dans le caniveau de la rue Robespierre.
Merci de l'avoir si bien évoqué.
😊 😊 😊