Attila Jozsef - Le Chant Du Cosmos

Par : Poesie101
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Poesie101

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Attila Jozsef - Le Chant du Cosmos
(Couronne de sonnets). Écrit composé entre 1922 et 1927, mais sans doute écrit à 18 ans, originalement en hongrois. Ici, c'est une traduction française.

Au poète chaleureux,
A l’homme au grand cœur,
A Gyula Juhasz,
Mon Père et Frère éternels, avec mon affection
Et l’espèce de dédicace qui suit :

Ton âme est un miracle étrange, en vérité :
Un arc-en-ciel brûlant par une nuit d’automne…
C’est un spectacle rare et dont chacun s’étonne :
Un élan de tendresse au regard attristé.
Comme à sa fiancée en la nuit nuptiale
Le jeune homme promet mille baisers ardents,
Ainsi l’Eternité, d’une ferveur égale,
Embrasse dans nos cœurs tes sombres quarante ans.












1.
Je suis à moi tout seul un monde illimité,
Comme un microbe voit la mer dans une goutte,
Chaque homme et ses désirs, ses rêves ou son doute,
Est planète étrangère, astre au loin emporté.

Nul ne peut vivre, hélas, sans être tourmenté.
Le plus fort cache en lui les soucis qu’il redoute
Tel le rouleau grondant qui pèse sur la route
Et n’ose pas gémir pour un point de côté.

Loi d’airain, l’Ordre est là qui toujours nous entrave,
De cent autres chacun doit devenir l’esclave.
Seuls quelques habitants s’attristent dans leur cœur.

Une pensée ou l’autre à peine s’inquiète
De voir fleurir, mordue par le vent du Seigneur,
Mon âme, humus fécond d’une fraîche planète.












2.
Mon âme, humus fécond d’une fraîche planète
Que des millions de socs percent d’un couteau lourd,
Sent la brune douleur de ce profond labour
Qui mord comme la dent d’une sauvage bête.

Les épis précieux inclinent leur aigrette,
Issus du chaud sillon qui leur donna le jour,
Vers la route où, penchant leur front haut à leur tour,
Les arbres de Beauté chantent à voix secrète.

A leur pied, l’Amour rôde et, toujours affamé,
Sa bouche rustre en sang et son œil enflammé,
Aiguise ses poignards sur la rocheuse arête,

Un pur Sentiment passe alors avec lenteur ;
Un sang bouillant mêle à la brume sa vapeur ;
Les arbres de Beauté, fragrants, dressent leur tête.










3.
Les arbres de Beauté, fragrants, dressent leur tête.
L’hiver n’a pu flétrir leur feuillage éternel,
Et partout les flocons, paysage irréel,
Chantent sur les rameaux, sur les buissons en fête.

Nulle divine main de façon plus parfaite
Aux forêts d’autrefois n’eût ainsi pour Noël
Décoré chaque branche et fût-ce lorsqu’au ciel,
De l’aube un clair rayon de soleil se projette.

Deux espiègles enfants, géants en vérité,
Dont la bouche, en riant, s’ouvre grande et rougeoie,
Font de vivants pantins de neige et, dans la joie,

Se les lancent tandis qu’en un coin écarté
La corvée en sueur sous son dur labeur ploie.
Mon cerveau bourdonnant est usine et cité.











4.
Mon cerveau bourdonnant est usine et cité,
Et sa voix et l’écho d’une caverne immense ;
L’orgue grave y résonne et, dos courbé, s’avance
La troupe des pensers, toute docilité,

Tel un saule pleureur qui pourrit, attristé,
Près d’un fleuve givré que la glace ensemence.
Les bâtisseurs posent leur briques en silence.
Le moulin meut sa roue avec célérité,

Tous triment. Nul ne sait pourquoi tant d’âpreté…
Un jour de ce travail ils n’auront plus envie,
Alors de leur sueur surgira la folie :

Tous ensemble, ils s’évaderont, l’air hébété,
De l’atelier-prison vers la fauve anarchie.
Ils se disperseront dans la félicité.











5.
Ils se disperseront dans la félicité,
Renversant le Souci, monarque tyrannique.
Emergeant des pensers, frondaison poétique,
Leurs âmes, d’un seul bond, vers l’éternel été

Voleront comme, ouvrant les yeux dans la gaîté,
Au soleil, l’enfant rit d’une joie euphorique
Et sa mère sourit du réveil angélique.
Pour l’instant, le travail est la nécessité.

Ce n’est qu’à la nuit douce, après minuit, semblable
A l’amante veillant l’amoureux endormi,
Qu’en leur cœur lourd viendra le sommeil secourable.

De même l’aloès ne s’ouvre qu’à la nuit,
Quand viennent se poser tout autour de sa tête
Les rayons de la lune aux bleus vergers en fête.











6.
Les rayons de la lune aux bleus vergers en fête :
Comme la pluie apporte en son ruissellement
Sa richesse à la glèbe – et, paresseusement,
La terre exhale au ciel sa lourde odeur de bête –

Ou comme le soleil de sa flamme indiscrète
Enivre cent couleurs pour un joyeux moment,
Lune, ainsi tes rayons répandent longuement
Ivresse ou force aveugle en notre âme secrète.

La compagne de l’homme, elle, a l’éternité.
Eternelle est la femme, éternelle beauté.
Feu follet, bien souvent son amour nous entête.

Sa beauté, sa clarté sont froides, leur pouvoir
Embrase cependant tout son sang quand, le soir,
La luciole ailée est un baiser qu’on jette.












7.
La luciole ailée est un baiser qu’on jette.
Le cœur de l’éléphant gronde d’un sang puissant,
La colombe roucoule un amour incessant,
Mais des baisers plus forts, plus beaux, l’homme est en quête.

S’abandonnant, la femme au vaste corps d’athlète
Inspire le désir, comme au dur paysan
Apre au gain cette soif du sol noir et luisant,
L’unique passion de son âme inquiète.

Dussé-je déchirer ma gorge dans ce cri.
Homme, ton sort fatal en ce rêve est inscrit ;
Mais un jour… c’est en vain que la chair se parfume,

Et l’enfant vagabond se perdra dans la brume,
Que berce, tel Moïse au flot du Nil porté,
Ma foi sombre, fleuve sacré de liberté.










8.
Ma foi sombre, fleuve sacré de liberté,
Soulève, dans son fond vaseux, la boue impure,
Mais à l’âme ulcérée, en un grave murmure,
Sa vague, flot glacé, rend la virginité.

Sa paternelle voix dit d’un ton attristé :
" Venez, venez en moi baigner votre blessure,
Ames, venez en moi laver votre souillure ",
Puis il fuit, comme un chien du logis écarté.

Quand vient l’été, il rend sa vigueur à la terre,
Il roule des glaçons quand vient le sombre hiver
Et déborde quand vient s’abattre la misère.

Reflétant dans ses flots son beau visage clair,
Le soleil des Hongrois erre de place en place,
Et la planète tourne aussi, cervelle lasse.











9.
Et la planète tourne aussi, cervelle lasse,
Autour d’un seul problème, immense question,
Comme le prisonnier dément, dans sa prison,
Croit repousser le mur où son front se fracasse…

Que ne peut-elle fuir tout au fond de l’espace
Vers un soleil plus beau, meilleur, ardent rayon
Qui réchauffe nos corps de sa compassion
Et nous lance un message où son amitié passe !

Malheur à nous ! Jamais, maintenant ou demain,
On ne nous guidera sur un plus clair chemin,
Comme un dur soir d’hiver ce soleil est de glace,

Chaud, le fut-il jamais ? Ah, mon amour puissant
Pourra seul ranimer cet astre languissant
Qui refroidit le soir et dans la nuit s’efface.














10.
Qui refroidit le soir et dans la nuit s’efface…
Mon Soleil, jusque-là puisses-tu progresser,
Econome et divin cependant, fiancé
Guettant sa fiancée, et dont l’œil clair embrasse

Le dedans de mon cœur pour voir ce qui s’y passe
(Mots de perle, je ne puis pas vous prononcer,
Ni du triste troupeau les bêlements pousser
Plus loin que le bercail) ; gai Soleil, mets en place

L’aube, afin que l’Amour fonde tous les soleils
En un seul, que le plein de leur vie écoulée
Baigne chaque planète avec ses feux vermeils,

Flamboyant d’une ardeur toujours renouvelée.
Rêve de Dieu, neige en nos cœurs s’amenuisant,
Tels des vers sus jadis, oubliés à présent.









11.
Tels des vers sus jadis, oubliés à présent,
Les grands chagrins s’en vont dans la nuit oublieuse
D’un passé maladif à mémoire frileuse
Et la beauté n’est qu’un reflet, tel au flanc

D’un pic méridional la neige s’épuisant.
Front penché sans dégoût sur la plaie ulcéreuse
Du pauvre, nos seigneurs la font moins douloureuse ;
Les glaives fiers en mots d’amour vont s’apaisant.

Pour un moelleux pain blanc le lait tiède abonde
Et pour les cœurs aimants la paix vient sur le monde,
L’esprit crevant de faim s’envole sans regret,

Aigle aux muscles tout neufs, vers le pic du Secret.
Mais à quoi bon le Moi, son infini splendide ?
Planètes, univers, tout refroidit, livide.










12.
Planètes, univers, tout refroidit, livide,
Les atomes s’en vont joindre le Créateur,
Toutes les âmes vont retrouver le Seigneur,
L’ascète s’associe au jouisseur cupide.

Le Christ et l’assassin sont frères, la putride
Charogne se mélange à la suave odeur,
Gémissements et rires gras sur la hauteur
S’unissent tous, là-haut, en un parfum limpide.

Chaque univers est part de l’Infini splendide ;
Dieu devient l’Union des âmes. Devant moi,
Aux arbres de Beauté les corbeaux du Pourquoi

Croassent : " A quoi bon ? " et je reste stupide,
Et ma planète va selon sa triste loi
Ranimant le flambeau de Vérité, du Vide.














13.
Ranimant le flambeau de Vérité, du Vide
(La Vie et le Chemin, voilà la Vérité ;
Quand au Vide, c’est le vent frais d’Immensité
Dont la rumeur fait mal, tel lorsqu’au ciel placide,

D’un nuage sinistre à la teinte livide,
Le dragon haletant d’un orage d’été
Surgit porteur de grêle, et que, mal abrité,
S’en voit déjà meurtri le vagabond timide),

La petite planète en son cheminement
Vaut bien tout l’Infini de la lumière astrale
A l’aune dont se sert la grande Ame ancestrale.

Comme je suis élu – Celui qui seulement
Vit afin de mourir, celui-là seul m’égale –
Ma planète flamboie, elle, superbement.









14.
Ma planète flamboie, elle, superbement.
Nul ne peut comme moi propulser la lumière
Sans la nuit, et nul prisonnier dans sa misère
Ne hume bon rôti, vins fins plus ardemment

Qu’elle, lorsqu’à travers la grille renfermant
Ma flamme, dans son cœur qu’emplit la nuit polaire
Surgit, triste mais pur, le grand disque solaire.
Paix de Noé, efface en mon cœur le tourment.

Purification, sur moi ta vague écume ;
Même si gronde en moi le volcan d’amertume
Et s’il vient insulter à la fécondité

Des semailles, crachant une lave rebelle,
J’ai pour moi la raison, toujours terrible et belle.
Je suis à moi tout seul un monde illimité.










MAITRE SONNET
Je suis à moi tout seul un monde illimité.
Mon âme humus fécond d’une fraîche planète,
Les arbres de beauté, fragrants, dressent leurs têtes,
Mon cerveau bourdonnant est usine ou cité.

Ils se disperseront dans la félicité,
Les rayons de la lune aux bleus vergers en fêtes ;
La luciole ailée est un baiser qu’on jette,
Ma foi sombre, fleuve sacré de liberté.

Et la planète tourne aussi, cervelle lasse,
Qui refroidit le soir et dans la nuit s’efface,
Tels des vers sus jadis, oubliés à présent.

Planètes, univers, tout refroidit, livide,
Ranimant le flambeau de Vérité, du Vide,
Ma planète flamboie, elle, superbement.





Ce message a été édité - le 25-02-2025 à 14:04 par Poesie101
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Tontonjacques

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Intéressant, merci ! Difficile de juger sans connaître la langue originelle, et sûrement difficile aussi de traduire en vers rimés (surtout s'il s'agit de sonnets classiques). Certains vers sonnent très bien, d'autres semblent maladroits ou déficients. Bref, il n'y a plus qu'à apprendre le hongrois pour juger sur pièce...



Ce message a été édité - le 25-02-2025 à 14:15 par Tontonjacques
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Poesie101

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József Attila: A KOZMOSZ ÉNEKE

A KOZMOSZ ÉNEKE

Szonettkoszorú

A melegszivű Költőnek,
a nagyszivű Embernek,
JUHÁSZ GYULÁNAK
aki örök Atyám és Bátyám,
nagy szeretettel és ezzel az ajánlásfélével:

Lelked valami különös csoda:
Meleg szivárvány őszi éjszakában.
Ilyet még ember nem látott soha:
Elszomorodott megenyhülés.

S mint ifjú fiatal menyasszonyát
Nászán meleg s halk csókokkal fogadja,
Bus negyven évedet szivünkön át
Már az Örökélet öleli.

Ujjongva hozom örök Koszorúm
- Tizennyolc évem legszebb rózsa rajta -
És méltó: vedd: Én túl a vak borún,
Bátyám, Krisztusig emelkedem!

1

Külön világot alkotok magam.
Mert mint baktériumnak csepp is tenger,
Idegen, messzi bolygó minden ember,
Kinek csak vágya, álma, gondja van.

És, jaj, nem élhet senki gondtalan!
S az erős is forog, de mint a henger,
Mely úttestet simít s dübörg, de nem mer
Fölsírni sírva: Fáj az oldalam!

S mert ez örök-Rendünknek tábla-bronzza,
Eggyét száz más kimért körökbe vonzza.
S csak néhány bús lakója sír e merszen.
Csak néhány gondolat őrül bele,
Hogy mért virít, bár marja Űr szele,
Kerengő bolygó friss humussza, lelkem.

2

Kerengő bolygó friss humussza lelkem,
Nehéz ekével szántja milliárd
Vad, barna fájdalom s hegyes vasát
Mélyen lenyomva gázol át a telken.

Gőzös, meleg barázdákon vetetten
Kincses kalászok bólogatnak át
Az út felé, hol kényes, büszke fák,
A Szépség fái súgnak át a berken.

Alattuk Ámor űl, ki mindig éhes,
Sötét szeme s paraszti szája véres.
És éles sziklán gyilkos késeket fen.

Egy tiszta-Érzés arra bandukol
S forró vér gőze száll ködökbe, hol
Szépség-fák állnak illatokkal telten.

3

Szépség-fák állnak illatokkal telten,
Lombjuk örök, tél sem vehette el,
Ágaikon énekel a pehely
S észbontó pompa nő a téli berken,

Hogy dús istenkéz ősi fenyvesekben
Karácsonyokra nem diszitne fel
Igy minden ágat, hajnalon ha kel
Komoly nap is, ragyogva fényesebben.

Ilyenkor két gonosz titán-gyerek
- Kedvvel piroslik tátva-nyitva szájuk -
Csinál a hóbul élő, furcsa bábut
És hógolyóz, mig messzi munka van,
Hol tört Robot izzadtan ténfereg,
Dübörgő gépváros zugó agyam.

4

Dübörgő gépváros zugó agyam:
Hangja, mit roppant barlang-visszhang adhat
Mély orgonára, és a gondolathad
Rokkant derékkal görbed untalan,

Mint korhadt fűz görnyed szomoruan
Deres partján zajló, jeges pataknak.
(Az épitők téglát téglára raknak,
Molnárok szijja suhogón suhan.)

S mind robotol, minek? maguk se tudják,
De egyszer tán megunják ezt a munkát,
Izzadt ölükben őrület fogan -

S - egyszerre mind! - kizúdulván a kába
Műhelybörtönbül bősz anarkiába
Szétkujtorognak részeg-boldogan.

5

Szétkujtorognak részeg-boldogan,
Elűzve a zsarnok királyt, a Gondot,
A gondolatok és az ízes lombok
Alól örök tavaszba száll, rohan

Lelkük, mintha a nap sugáriban
Fölébredő baba kacag s a boldog,
Ifjú anya fülébe szárnya-oldott
Öröm csattog. De addig munka van.

Csak halk éjfélutáni éjszakán,
Mint szunnyadó kedvest meleg leány,
Cirógatja gyötört szivük az álom.
S mint éjjel-nyíló áloé-virágon,
A kertben, úgy csókolnak elheverten
A holdas fények rajta, mint ha kertben.

6

A holdas fények rajta, mint ha kertben
Nyugodt rögökre bő eső ölel
Jó áldást és a föld lomhán lehel
Sulyos, meleg szagot, mely égbe terjeng,

Vagy napsugár ha bódult szembe lebben,
Hogy száz mámorszin víg ünnepre kel:
Erőt, vagy vak mámort úgy hintnek el
A holdas fények emberbolygó-lelken.

Igy-ugy: Örök a férfibolygó társa,
Örök az Asszony, örök a varázsa.
S szerelme sokszor lidércként ragyog

S szépsége, fénye, hideg és balog.
Pedig kigyúl a vére, ha estenden
Világbogárkák szárnya csókra rebben.

7

Világbogárkák szárnya csókra rebben;
Az elefánt nagy vére mennydörög;
A vadgalamb turbékol és sürög;
Az Ember szebben csókol s véresebben.

A nagy, elomló asszony-test esetten
Vonagló vággyá őrjít, mint örök
Földéhes, izzadt gazdát a rögök
Fekete zsírja, kapzsi révületben.

Az orditás a torkom elrepessze:
Én - jaj - tudom, ez lesz az Ember veszte.
Egyszer hiába búg illatozó est -
A Gyermek ködbe pusztul kóboran.
Kit úgy ringat, mint Nilus egykor Mózest,
Sötét hitem, szent hömpölygő folyam.

8

Sötét hitem szent, hömpölygő folyam.
Mélyében földet, iszapot keverget,
De szűzre mos minden fekélyes lelket
Hideg hulláma s mormol komolyan

És hangja mint bus apaszó, olyan:
- Gyertek fürödni hozzám, gyertek,
Ó gyertek hát fürödni, lelkek!
S kirúgott, éhes kutyaként rohan.

De nyáron új erőt dajkál a földnek,
Komor télen rajt jégtáblák törődnek
S kiönt, ha zúdul bánat görgetegje.

Mely fényét róla híven visszakapja,
Fölötte a magyarság bolygó napja.
S kereng a bolygó, mint fáradt agy este.

9

S kereng a bolygó, mint fáradt agy este
Örökké kínzó nagy kérdés körül
És mint a rab, ki börtönén belül
Falat tapint őrülten - hátha gyenge.

Ó mért nem lendülhet a végtelenbe
Külömb, szebb Nap felé, amely hevül
S ölelő sugárt szálló-mederül
Melegen ont, megértően izenve.

Ó jaj nekünk, hogy így van immár mindíg,
Szebb útra innen semmi el nem indít
S napunk hideg, mint rideg őszi este.
Tán fénye nem is volt soha meleg!
Szeretetemtül csak hevülne meg:
Amint kihűl, lehull az éjbe esve.

10

Amint kihűl, lehull az éjbe esve -
Ó szűkösen, de addig birja ki
Napom, amíg még Isten is - aki,
Mint vőlegény menyasszonyára lesve,

Kiváncsian kandít kitárt szivembe,
(Mert nem tudok gyöngyszót hullajtani
S bus nyáj-nyögést aklán tulhajtani) -
Hajnalt kacag, mert nagy-nagy szeretetre

Minden napok Egy-Nappá égnek össze,
Hogy minden bolygót melegen fürössze
Betelt életben lángjuk, mely lobog

Ujulva. - Isten, szörnyű álmodó,
Kiolvad szívünkből a téli hó,
Mint feledésbe hulló verssorok.

11

Mint feledésbe hulló verssorok,
Nagy bánatok is feledésbe hullnak,
Beteg ölébe megvacogó Multnak
S szépségük vissza is csak úgy ragyog,

Mint déli tájra messzi havasok.
Koldús-fekély nem bűzlik testvér-úrnak,
Rohadt sebek szelíd búvá lágyulnak,
S meleg szép szóvá büszke kardvasok.

Puha kenyérhez bő, meleg tejecskét:
Szerető szívhez lesz Világbékesség.
Az éhendöglődő szellem röpülhet
Új-izmú sasként Titok-csúcs fele:
Miért az Én? és végtelen fele,
Ha bolygók és világok mind kihülnek.

12

Ha bolygók és világok mind kihülnek,
Minden atóm az Ősbe visszahull,
Minden lélek az Úrba szabadúl,
Fakír és kéjenc ott eggyé békülnek.

Tömeggyilkos meg Krisztus testvérülnek,
Mint illat s dögbűz a magasba, túl,
Nyögés s röhej, mely tébolyog vadúl,
Fönn halk illatszimfóniába gyülnek.

Minden világ a Mérhetetlen része,
Az Isten is a lelkek Egy-Egésze.
S szépségfáimra miért-varjak ülnek.

Minek? károgják és én nem tudom.
S tovább kereng bolygóm a bús uton,
Igazságnak gyujtván hűs fényt, az Űrnek.

13

Igazságnak gyujtván hűs fényt, az Űrnek
(Mert az Igazság: Élet és az Út,
Az Űr, a Mérhetetlen s fáj ha zúg
Hűs szele, mint ha komor felleg ül meg

Kezdő sárkányos jégvihart s kidülnek
Táltossa torkából nekivadúlt
Jeges lihegések s a meglapúlt
Vándor bőrén maróra keserülnek)

Az apró bolygó éppen annyit ér
Kicsiny körében, mint a Végtelen Fény,
Az Őslélek mérhetlen végtelenjén.
Velem az is, ki csakis halni él,
Egyenlő; ám hogy választott vagyok,
Komor bolygóm a legszebben lobog.

14

Komor bolygóm a legszebben lobog,
Mert nem zugat fényt senki szabadabban
A süketség éjébe s éhes rabban
Sültek szaga meg illatos borok

Se mankózzák úgy vágyát, mint robot
Után ha lángom rácsán át beharsan
Fásult szivébe, mint hol észak-sark van
Felbukkan bús, de tiszta napkorong...

A Békesség-Noé szivembe jöjjön -
Nagy tisztulás-özön zug bennem és
Bár keserűségvulkán dübörögjön,

Lávás szitokkal födve a vetést,
Nekem van szörnyű s lesz szép igazam.
Külön világot alkotok magam.

Mesterszonett

Külön világot alkotok magam.
Kerengő bolygó friss humussza lelkem,
Szépség-fák állnak illatokkal telten.
Dübörgő gépváros zugó agyam.

Szétkujtorognak részeg-boldogan
A holdas fények rajta, mint ha kertben
Világbogárkák szárnya csókra rebben.
Sötét hitem szent, hömpölygő folyam.

S kereng a bolygó, mint fáradt agy este,
Amint kihűl, lehull az éjbe esve,
Mint feledésbe hulló verssorok.
Ha bolygók és világok mind kihülnek,
Igazságnak gyujtván hűs fényt, az Űrnek,
Komor bolygóm a legszebben lobog.

1923. jan.-máj.
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Jim

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Merci l'ami! Yapuka apprendre le hongrois maintenant... 😊