Gilles de B.

Par : Jim
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Jim

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Vous aviez peur dans la forêt petits enfants
Le loup vous disait-on sournoisement y rôde
A la légende quelle histoire l'homme y brode
Est-ce donc du chasseur que Poucet se défend

Vous n'irez plus au bois petit chaperon rouge
C'est le sire de Rais qui t'emporte à cheval
C'est toujours même course au fond du joli val
Qui s'achève en ce lieu où nulle ombre ne bouge

Tiffauge est mort sur l'échafaud Vive Tiffauge
Il faut pour le trouver juste racler sa bauge
Son titre le protège Il est le Maréchal

Qui son vice transmet à tous ses descendants
Qui ne voient dans le gueux qu'un jouet un sans-dents
Quelle est la meurtrissure au fond du bois qui râle

©JIM
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Tontonjacques

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L’aspect « contes » en tout cas m’interpelle, étant moi-même grand amateur de contes (populaires) – et en particulier la figure du Loup. J’ai réalisé une fois un pantoum où il intervenait, en plaçant en exergue une phrase de Perrault. Comme c’était ma première (et unique, je le crains) expérience du pantoum, je n’en suis pas très satisfait, j’ai l’impression que le sentiment que j’essayais de faire passer… ne passe pas bien, je ne sais pas pourquoi. (A propos, je ne sais pas non plus qui était Tiffauge). Bon tant pis, allons-y.


En passant dans un bois elle rencontra compère le Loup, qui eut bien envie de la manger ; mais il n'osa, à cause de quelques Bûcherons qui étaient dans la Forêt.

                              Charles Perrault, Contes


Pantoum du retour


Le loup est revenu, au fond de la forêt.
Que murmurent le soir et l'odeur de la mousse ?
Un souffle passe au loin, si doux que l’on croirait
Entendre s'alanguir la peine qui s'émousse.

Que murmurent le soir et l'odeur de la mousse ?
Le monde recommence au prochain croisement —
Et j’entends s'alanguir la peine qui s'émousse
Dans le jour qui décroît, mystérieusement.

Le monde recommence au prochain croisement.
La maison a grandi et s’emplit de légendes —
Dans le jour qui décroît, mystérieusement,
Au déclin de l’espoir la détresse est moins grande.

La maison a grandi et s’emplit de légendes ;
Dans ses recoins ombreux je sais où me blottir —
Au déclin de l’espoir la détresse est moins grande :
Fallait-il tant marcher, fallait-il donc partir ?

Dans ses recoins ombreux je sais où me blottir
Et du fond singulier des ans je me rappelle...
Fallait-il tant marcher, fallait-il donc partir ?
Qui, se penchant vers moi, me dira la nouvelle ?

Et du fond singulier des ans je me rappelle
Ce visage innombrable et naguère connu
Qui se penche vers moi — me dire la nouvelle :
Au fond de la forêt, le loup est revenu.
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Jim

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Tiffauges - j'ai supprimé le "s" par commodité - est l'un des châteaux de Gilles de Rais, qui délivra Orléans avec la Pucelle. Je le désigne par ce castel, comme souvent pratiqué. Quand elle fut captive, il tenta de la délivrer mais échoua. Michel Tournier - plus romancier qu'historien -, prétend que c'est alors que ce grand seigneur, Maréchal de France, perdit la boule. Il fut condamné et exécuté après avoir massacré plus de 140 enfants. Ici, j'ose un parallèle avec l'actualité et son aspect sadien.

Pas évident le Pantoum, car la contrainte n'est pas que formelle, mais aussi sémantique. J'y reviendrai. En tous cas bravo ! c'est toujours bien de se jeter à l'eau.



Ce message a été édité - le 25-02-2025 à 12:39 par Jim
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Tontonjacques

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Ah d'accord. Je connaissais Gilles de Rais (enfin, pas personnellement), mais pas Tiffauges.

Pour le pantoum, oui, contraintes formelle et sémantique, mais à mon avis il y a quelque chose de plus, l'atmosphère suggérée, quelque chose comme ça. Je pensais que cette forme s'adapterait parfaitement à mon thème, mais au final, ça ne rend pas comme j'aurais voulu, et je ne sais pas quoi faire pour que ça rende "mieux".
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Jim

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Bien que ne respectant pas toutes les contraintes- ce qui me chagrine énormément, tu t'en doutes - je le trouve très bien, ton Pantoum; on ressent bien ce climat de la menace qui plane laquelle, bien qu'éloignée, revient à petits pas feutrés.
Des "à peu près" de ce calibre, j'en veux chaque jour. 😊
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Tontonjacques

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Merci ! Le loup est une menace, mais il est aussi un personnage de contes qui ravit les enfants, je pense, surtout quand c'est "maman" qui raconte... En tout cas, le poème boucle dessus, c'est clair.