La poésie sur internet
Votre session va bientôt expirer. Souhaitez-vous rester connecté ?
Temps restant :
Il faut être inscrit et connecté pour répondre à un topic.
Par : Cristalinette
Rondeau redoublé
"Une Absence pareille, qu’est-ce autre chose en vérité que la preuve de la Présence ?"
Saint-Pol-Roux - poète symboliste (1861-1940)
Le bateau de cristal
Mais, le sais-tu ? Sais-tu quand à l’aurore,
Les yeux ouverts sur ton vide abyssal,
Combien le vent, ce vent m’est indolore ?
De mille échos, ton courroux magistral,
Comme le cri d’un séisme infernal,
Résonne au loin. Ton chant, vif et sonore,
À l’horizon se meurt en récital,
Mais, le sais-tu ? Sais-tu, quand à l’aurore
Le ciel s’allume aux feux du sémaphore,
Mon rêve fou ? D’un bateau de cristal,
S’éveille un ange au son d’une mandore,
Les yeux ouverts sur ton vide abyssal.
Dans l’indigo de ce flot glacial,
Mon âme fond, ta lame me déflore !
Oh ! Comprends-tu, quand me ronge le mal,
Combien le vent, ce vent m’est indolore ?
Mon bleu ressac, ton ire est l’anaphore
De mon chagrin, mon torrent lacrymal.
Mon seul regret est de n’entendre encore,
De mille échos, ton courroux magistral.
Je jetterai mon encre en point final
Pour revenir vers toi, toi que j’adore,
Et m’enivrer de ton grand madrigal ;
Mon Océan, ma belle métaphore.
Mais, le sais-tu ?
Ce message a été édité - le 22-02-2025 à 09:33 par Cristalinette
Ce message a été édité - le 22-02-2025 à 09:34 par Cristalinette
Posté à 09h32 le 22 févr. 25
Le choix judicieux des rimes et la fluidité de ta plume font tout le charme de ce rondeau redoublé.
Posté à 16h27 le 22 févr. 25
Un dénouement fatal
On est foutus, tel le vieux dinosaure
Exterminé par un monstre brutal
Qui le surprit, innocent herbivore
Broutant au long d’un rivage ancestral.
Il est passé, le temps du cri primal.
Combien de jours nous restent, je l’ignore,
Mais je pressens que ça finira mal :
On est foutus, tel le vieux dinosaure.
Jadis riants, drapés de tricolore,
Nous paradions, farauds et triomphants ;
Mais le réel à présent nous dévore,
Exterminés par un monstre brutal.
Nous déplorons ce résultat fatal
Car le T. Rex semble vraiment trop gore,
Qui nous happa de son mufle bestial
Et nous surprit, innocents herbivores.
T’appelait-on Casimir, Théodore ?
Nul ne sait plus, pathétique animal
Qui musardais parmi les sycomores,
Broutant au long d’un rivage ancestral.
On rame vers le désastre intégral :
On aura beau faire les matamores,
Crier hourra, changer de général,
Nous n’irons plus au bois, non, never more,
On est foutus.
Posté à 16h28 le 22 févr. 25
(Tiens, on dirait que je me suis loupé quelque part. Corrigeons (S3 V2) :
Nous paradions, et nous menions le bal ;
Posté à 17h26 le 22 févr. 25
Ton "Bateau de cristal" vogue fort bien, sais-tu ?
Et sa toile de vair se gonfle des rumeurs
Eteintes qu'on croyait avoir fui de nos mœurs
Depuis que le dernier des rhapsodes s'est tu.
Posté à 20h38 le 22 févr. 25
Pierre,
Merci pour ta lecture et ton appréciation.
Tontonjacques,
Quel talent !
On est foutus ! ^^
Salus,
Merci pour ce si joli quatrain.
Posté à 08h28 le 23 févr. 25
Combien me manque aussi l'océan, quand il n'est qu'à deux pas.
Posté à 16h12 le 28 févr. 25
Merci Damy de me faire l'honneur d'une visite sur ma page avec, pour cadeau, le chant magistral de l'Océan.
Le savoir à deux pas est si rassurant, il n'est pas toujours besoin de le voir pour l'entendre.
Posté à 20h48 le 28 févr. 25
Chapeau pour ce rondeau...
Posté à 07h58 le 01 mars 25
Merci Tony
Posté à 21h05 le 01 mars 25
Il faut être inscrit et connecté pour répondre à un topic.