L'entre-rêve
Je me souviens, je me souviens d’une île…
Les yeux ouverts sur le soleil levant,
Près de la rive, un enfant, immobile,
Ses cheveux fous emmêlés par le vent.
À l’horizon le ciel m’offre souvent
L’esquisse floue, éphémère et fragile,
D’un garçon calme au regard émouvant ;
Je me souviens, je me souviens d’une île.
Sans prêter garde à la vague indocile
Sur sa peau nue, il chantonne en rêvant
Puis il sourit, d’un sourire tranquille,
Les yeux ouverts sur le soleil levant.
Je cours vers lui mais le sable mouvant,
Tel un étau, rend l’effort inutile.
Je vois au loin les flots se soulevant ;
Près de la rive, un enfant, immobile.
La mer écume, amère, ultime asile
Où le destin dérive droit devant
Mais l’ange est sourd à mon appel fébrile,
Ses cheveux fous emmêlés par le vent.
Il sifflotait avec l’engoulevent
Les nuits de lune à la blancheur d’argile ;
L’oiseau s’est tu, rien n’est plus comme avant,
Seule, à genoux sur la terre infertile,
Je me souviens.
Ce message a été édité - le 18-02-2025 à 15:10 par Cristalinette