Il était une fois pour toutes.
La fée qui avait la main verte
au potager sucrait les fraises
en susurrant quelque fadaise
aux cornichons qui prospéraient,
en concombres masqués s’enflaient
Au Bois Dormant l’ogre guettait
au cul de l'âne les œufs d’or
cette promesse de festin
s'offrant à lui chaque matin
avec sa pinte de Saint-Yorre
En fin de conte la citrouille
ne se rêvait plus en carrosse
n'ayant plus à rouler sa bosse
elle cajolait sa quenouille
sous les jupons de Carabosse
Si nul enfant ne fleurissait au cœur des choux
nul ne semait par les sentiers aucun caillou
les parents du petit Poucet
avaient congelé leur marmaille
La paix régnait vaille que vaille
Pas un tyran n'aurait osé nous la troubler