J’ai un chat gris et gras qui s’ennuie le dimanche,
A dire vrai, les autres jours aussi d’ailleurs.
C’est un chat dépressif qui longuement s’épanche
En miaulements divers, jérémiades et pleurs.
Je lui suis dévoué, je lui donne à manger,
Lui compte des récits de rats et de souris,.
Rien n’y fait c’est l’enfer et je le sens piégé
Dans sa neurasthénie de félin rabougri.
Je lui parle de Freud et même de Lacan,
La Bible je lui lis, de l’Inde les védas,.
Je suis désespéré, sa raison fout le camp.
Ce cher chat si sensé est devenu fada..
Je dînais l’autre jour, nu sous ma véranda,
d’un navarin de mouche aux parfums anglicans
une vieille recette en vogue au Canada.
il était pipe au bec, en toque d'Astrakan,
Assis dans mon fauteuil et lisant le journal..
D’un air intellectuel, il lissait sa moustache.
Je me dis pour un chat, cela n’est pas banal.
Je l’aurais mieux compris s’agissant d’une vache.
Mais un matou, voyons, surtout en dépression. !
Ne voulant le gêner, je fis semblant de rien.
si votre minet lit, n’y prêtez attention;
Un conseil de Liza qui s’y connaît très bien.
Je lui ai proposé quelques ailes de mouche
car les chats sont gourmands, cela est bien connu ;
mais il n’en voulut pas, faisant la fine bouche.
Je ne sais plus quoi dire à mon chat saugrenu.
J’attends à la maison et je lui fais la fête
quand il rentre le soir. j’apprends à ronronner
près de mon bol de lait. Jugez de ma défaite,
entre mon chat et moi, je suis le plus sonné.
Ce message a été édité - le 14-02-2025 à 19:30 par Hellian