de l'alexandrin

Par : Jim
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Jim

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Salus

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C'est toi qui rédiges tout ça ?
- C'est assez nickel.
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Jim

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Oui, morceaux par morceaux; il faudra ensuite peaulisser.
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Tontonjacques

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Tout est certainement exact, mais s'adresse peut-être davantage au spécialiste qu'au novice, non ?

Pour comprendre l'alexandrin, je préconiserais, non seulement d'en lire, mais aussi d'en écouter, afin de s'imprégner de sa musique. Il doit y avoir des exemples sur YouTube, des textes bien dits par de bons lecteurs. De la musique avant toute chose ! a dit Verlaine (qui préconisait le vers impair en l'occurrence, mais on lui pardonne). En tout cas, pair ou impair, ce qui compte, c'est la musique, à mon avis.
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Jim

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Tout à fait d'accord pour la musique. Il s'agit de montrer, à travers la structure du vers, d'où elle vient. Les notions de mesure/mètre et de rythme doivent être introduites. C'est en cours de rédaction.
Oui, écouter, et dire soi-même. On trouve sur le net, soit chanté, soit dit.
Bien sûr, chacun se caractérise par sa sensibilité et sa finesse, et aussi sa pratique. Il faut parfois se forcer un peu pour commencer à apprécier.



Ce message a été édité - le 31-01-2025 à 18:52 par Jim
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Salus

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Bon, mais la versification est vaste, et plusieurs fois millénaire ; et puis elle évolue ; lentement, mais elle évolue (à la louche, avec trois siècles de retard sur l'évolution de la langue) et le décasyllabe peut joliment se césurer "à l'ancienne", au milieu (5/5), la césure 6/4, plus moderne et adoubée par la Muse, pour délicate qu'elle soit, existe aussi ; puis un panachage savant est toujours possible.
D'autre part, les césures obéissent aussi au sens ; on ne coupe pas, en vers canonique, un déca ou un alexandrin au mauvais endroit, (entre un sujet et un verbe, par exemple, ou un nom et un adjectif) et ça, ça tombe sous le sens - c'est le cas de le dire...
L'ouvrage d'Eric (que sa vie soit longue et pavée de roses) circonscrit les grandes lignes du vers régulier ; c'est très bien, et nous, on pousse un peu plus loin, et on pourrait pousser beaucoup plus loin ! la versification atteint des sommets de finesse et de complexité dès lors qu'on s'y intéresse "en profondeur", pourquoi ne pas gloser là-dessus ?
(et faudrait arrêter de se tirer dans les pattes ; tout le monde peut se tromper, moi le premier ; je pense à ce truc soi-disant d'Apollinaire ; j'ai aucune preuve, et je ne sais pas les chercher ; c'est mon "sentiment poétique" qui me fait hurler ; mais si quelqu'un me site des sources fiables, je serai obligé de reconnaitre mon appartenance à la gent palmipède ; en attendant, je campe sur mes positions.)





Ce message a été édité - le 01-02-2025 à 13:43 par Salus
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Rickways

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Modérateur

Bonjour,

effectivement c'est très intéressant, mais le traité disponible sur le site se veut concis et pour l'alexandrin, si on ajoute des précisions, ce ne sera qu'une ligne ou deux.

Après, il y aura toujours cette partie du forum pour discuter et aller plus loin, on peut peut-être ajouter des liens dans le topic du traité sur le forum, mais pas de fichier ci-joint ou autre lien externe, car le contenu ne sera pas sur le site et pourrait disparaitre...

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Tontonjacques

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@Salus Petite rectification : dans le décasyllabe, la césure est le plus souvent après la 4ème syllabe ; il existe bien sûr des décasyllabes en 5 + 5, qui produisent un effet différent, et aussi paraît-il des 6+4, mais là, je n’ai pas d’exemple sous la main ? Quelqu’un a ?

Les yeux baissés, / rougissante et candide,
Vers leur banquet / quand Hébé s’avançait,
Les Dieux charmés / tendaient leur coupe vide,
Et de nectar / l’enfant la remplissait. (...)
(Louise Ackerman)

Cet enfant est maigre / et né pour la peine.
Son père, ouvrier / lâche et violent,
Le bat constamment, / le nourrit à peine.
Le petit Gustave / est pâle, tout blanc. (...)
(Alphonse Allais)
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Pierre Lamy

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Alexandrin ou pas, il me semble que l'écriture des vers doit être naturelle. Aussi fluide qu'en prose, sans cheville, sans élision d'article (user plutôt de l'apocope) et sans heurter l'oreille. Les césures s'adaptant au texte et non l'inverse. Je crois savoir que Tonton Victor a déjà longuement évoqué le sujet.

😉



Ce message a été édité - le 03-02-2025 à 08:21 par PierreLamy
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Salus

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Pour Tontonjacques (et les ceusses que ça intéresse), des césures 6/4, ici de Voltaire (La Prude) :

Nous en sommes fort près, / et notre gloire
N'a pas le sou...
Il est si sérieux! / — Si plein d'aigreur !...
Il ne repose point, / car je l'entends...
Eh bien! qu'est-ce, cousine? / — Ah! ma cousine...
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Jim

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Exemple de décas en 5/5

V. La Rose trémière

Comme je parlais les portes s'ouvrirent
Il vint de partout des gens m'écouter
Les temps sont changés qui peut en douter
Qui peut en douter le soleil va luire
A nos côtés


Vainement ils ont compté sur la peur
Sur l'égarement et sur l'hystérie
Sur la pourriture et la menterie
Vainement semé l'argent corrupteur
Sur la patrie


Ô douce raison ma rose trémière
Patrie ma patrie tu sais dire non
Que tu dises non silence aux canons
Toi qu'on veut jeter au feu la première
Notre lumière


Gloire à toi qui vas renverser le sort
Nous nous lèveront la colombe au poing
L'univers entier en soi le témoin
Qui porte la paix sera le lus fort
Contre la mort


Parfume le jour au sortir de l'ombre
Au jardin français ouvert à tous vents
Ô fleur de la paix couleur des enfants
Ô rose multiple image du nombre
Peuple vivant


Louis Aragon - Mes caravanes – La Patrie en danger - Juin 1952



Ce message a été édité - le 03-02-2025 à 15:52 par Jim
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Tontonjacques

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@Salus Ah ben merci, je crois bien que c'est la première fois que j'en vois de près. C'est quand même assez rare je pense.

@Jim Oui, un exemple de décasyllabes "équilibrés" (plutôt "ont changé" en V3, non ?)

Le fait d'avoir une 2ème partie plus brève, comme dans le 6+4, change complètement la perception du vers. Ce qui me rappelle que j'avais envisagé, fut un temps, un poème en 5+4, faudrait que je m'y remette...




Ce message a été édité - le 03-02-2025 à 14:47 par Tontonjacques
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Jim

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Thank you, pitite erreur de saisie/ortho : "sont changés"
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Tontonjacques

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Bon, je m'y suis remis, et comme le programme m'informe aimablement que :
"Nous sommes le 04 février 2025, et il est 10h18.
Un seul envoi tous les 7 jours est autorisé dans Poésie libre,
Prochain envoi possible le 04-02-2025"
(joies de l'informatique),
je poste ici le résultat. Le rythme est bizarre en effet, mais pourquoi pas.

Éveil

La nuit s’acheva sur un baiser,
Sur une évidence insoupçonnée ;
Le cœur s’avivait, inapaisé,
Dans l’aube confuse et chiffonnée.

Il n’aurait fallu qu’un court instant
Pour mieux approcher, et pour connaître
Enfin l’ombre qui rôda longtemps
Avant de pâlir et disparaître.

Quand on se perdait en ces pays
Fabuleux, dans ces terres étranges,
On en revenait tout ébloui
D’avoir entendu bruire les anges.

Mais dans les tentures du matin
Le songe flageole et se camoufle ;
Et l’illusion déjà s’éteint :
Rien n’en restera, pas même un souffle.
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Pierre Lamy

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Sur le fond, ces ennéasyllabes respectent la règle selon laquelle "on n'est pas là pour rigoler"

Mis à part le premier quatrain dont les rimes assonent en "é", comme s'il avait le nez bouché,
sur la forme ils sont impec.



Ce message a été édité - le 04-02-2025 à 12:40 par PierreLamy