Gammes
La muse me mord ou m'embrasse
Toujours alternativement ;
Elle m'est pille, un jour, puis face,
Mais ce Janus jamais ne ment
Et d'en transcrire je m'empresse,
Des sommets comme du piémont,
Fût-ce de sa bouche ou sa fesse
- Qui rouge et qui sous le crin blond -
Le précepte et la note faste
Car mignarde de tout son long,
Elle aguiche ceux de ma caste
(Ménestrels et trouvères, donc)
Par ses fleurs d’appas ou de peste
- Aucune n'est à mettre au ban -
Et d'en chanter, ma plume est preste,
Le vrai, le faux, puis l’ægipan...
Fasse Orphée ainsi que je pousse
Quelque vers, si tant qu'il soit bon,
Quelque note aux douceurs de mousse,
Pour tous déclamée à l'ambon,
Avec foi (sans Dieu qui s'immisce,
Insidieux, lorsque nous souffrons)
Avec fougue ! quand l'art me hisse
Au-delà des bêtes affronts
Dont les prémices font la masse
De la messe chantée en rond
Par ceux qui dénoncent la nasse
Des contraintes qu'ils ne sauront
Sublimer, en toute finesse,
Pour jouer, solfège, à l'encan,
Ton génie, et qu'un son renaisse
Dans l'oreille comme à l'écran.
Ce message a été édité - le 31-01-2025 à 13:32 par Salus