Je me suis amusé à caricaturer la disposition japonaise de ce que nous nommons Haïku, puisque là-bas, on lit de haut en bas. Cela fait songer à des trainées de pluie sur une vitre. Pas évident à lire puisque c'est différent de notre habitude de lecture, et donc fatigant.
Les idéogrammes sont, non pas des mots, non pas des lettres - comme nos caractères - mais à eux seuls une petite histoire. Le lettré, non seulement connaît de nombreux idéogrammes, mais peut aussi en inventer de façon compréhensible pour le lettré qui le lira. Le texte étant donc, en sus d'être récit, un dessin, il se fond d'autant mieux avec celui qui l'accompagne sur la même page. Fusion que nous ne pouvons pas accomplir avec nos caractères lesquels ont depuis longtemps perdu leur signification figurative issue des hiéroglyphes égyptiens; le "a" n'est plus "l'œil de bœuf" ni le "m" celui représentant la mer, etc.
En pleine vogue orientaliste, je présume - ce n'est qu'une hypothèse - qu'Apollinaire tenta de se rapprocher de cette propriété asiatique en inventant ses calligrammes.
Ce message a été édité - le 31-01-2025 à 17:21 par Jim