Face à lui, je deviens humble ou je le maudis,
Il ne triche pas, mes imperfections, il les révèle,
Il ignore le mensonge ou la flatterie,
Je le crains mais chaque matin, je l’interpelle.
Parfois il me déçoit ou m’attriste,
Une forte haine, contre lui, m’étreint,
Je rêve de me voir jolie mais il insiste
Sur mes défauts que je nie en vain.
C’est un sosie plus vrai que l’évidence,
Mon âme, jalouse, s’y mire aussi avec grâce
Et se dévoile tourmentée malgré ma vigilance,
Ce miroir reflète mon intimité, fissure ma carapace.
La beauté de chacun s’effrite tous les ans,
Avec délicatesse il compte mes rides,
Mais je sens son regard bienveillant
Qui me supplie d’être lucide.
Il est mon ami depuis mon tout jeune âge,
Il dessine mon corps avec art et me cajole,
M’alerte si, épuisée, j’oublie mon maquillage
Mais me rassure, me compare si je me désole.