Tandis que des fantoches
à leur clinquant s’accrochent
étalent
frénétiques
leurs talents d’enfumeurs
Gueule ouverte Gaza
sur ses chicots en ruines
endure sa douleur
succombe sans un cri
Comme aux crânes hideux
que les corbeaux tracassent
sa mâchoire brisée
sous les gravats
grimace
Au gamin consterné
qui regarde s’enfuir son enfance estropiée,
à cette femme en noir
qui s’arrache les ongles
en grattant les décombres
d'une vie lacérée
comment dire ma peine ?
A l’homme désœuvré
qui tente avec ses mains de traduire en tremblant
le martyr programmé
d’un peuple sacrifié
qu'on laisse à son chagrin
comment dire ma honte ?
Je n’ai de cette guerre
qu’une image brouillée
par la vitre souillée d’un écran de poussière
Ferais-je mieux de taire
ma tristesse si vaine
alors que des guignols s’affichent
et vont noyer
sous un flot de paroles
aux glaçantes promesses
l’espoir de retrouver un peu d’humanité