Poème sur chant
La vie est un champ de ruine
De déveine et de débine.
La vie, en fait, est coquine,
Qui trottine, qui trottine…
La vie ? On n'a rien voulu !
Puis, bien vieux, qu’on a tout lu,
Quand on a rongé, goulu,
Tout le bon temps, révolu,
Et que, presque, on saurait vivre,
Il faudrait, la lèvre au Livre,
Qu’avec joie on se délivre
De jouvence, et son puits ivre,
Sans avoir bu, tout son saoul,
L’universelle eau du pool
Du vivant, face au pit-bull,
Vieux Cerbère, capitoul,
Maître d’enfer et d’absence,
Attendant, figé, qu’on lance
Le palet sur « pas de chance »
- Marelle et chien de faïence -
… Je grifferai le rebord
Du grand gouffre de la mort
Dont la dent déjà me mord
Malgré tout mon désaccord…
La vie était chant, sirène,
Bohémienne, ample, incertaine,
Pleine d’amour et de peine,
Hymen battant à la veine
Cave vive au pouls pressé,
Tressautement mal aisé,
Tel, d’un rongeur méprisé,
… Qui trottine, qui trottine !
- Et que rien n’a maîtrisé -