Le vent hurle
Le vent hurle ; en longs froufrous la forêt
Ronronne ; l'aube point, pâle et timide ;
Quelque horizon, plein Ouest, là-bas l'imite ;
Hiémal, diurne, en son empathie humide,
Le monde aimable marque un temps d’arrêt ;
Le froid monte avec le jour, on croirait
D'un univers où s'inverse les rôles ;
Mais la planète aux élans obstinés
Se laisse caresser de rares rayons nés
A l'Est rogue ; et l'étoile arque son nez,
Perçant la nuée où des brumes folles
Dévalent et roulent leurs farandoles ;
Le spectacle est cosmique, intense, immémorial ;
L'art du réel dit l'ampleur répétée
Des astres, de leurs course transportée
Par l'infini mouvant qu'offre Protée,
Régnant de fait, vaguement seigneurial...