Archétype et pseudo concept

Par : Jim
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Jim

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Appartenance au clan, au groupe, à la famille, à la tribu, au club :
conquête, tribut, le partage, le citoyen (membre des descendants des vainqueurs), la Cité (Polis), la démocratie entre membres de la Polis, les gueux ou plèbe, possesseur de minéral, végétal, animal (y compris la plèbe)
lien, dépendance, hiérarchie
lignée, descendance, héritage, mariage, contrat (d'alliance), responsabilité, noblesse, patricien, transmission, continuité, conservation, valeur (père fondateur, le sang vecteur de la valeur), maison, domus (domaine), dôme, droit du sol, droit du sang, le dedans (jardin, paradis), le dehors (sauvage, hors Loi), la protection.
mémoire, mythe (fondateur)
la femme : moyen de la descendance, pureté, tache, sang transmet la valeur, mortalité des femmes et des enfants élevée, conséquence : fertilité, quantité, au plus tôt ; le harem, moyen d'optimiser la procréation au service de la succession.
CONCLUSION : personne n'est libre, les patriciens appartiennent à la lignée, la plèbe est un animal domestique, de même que la femme captive de sa fonction de pouliche.
Hors ce petit monde, le reste est étranger, soit dit menace puisque ne partageant aucune de ces caractéristiques, Xénos est à craindre.
Le vivant se distingue du minéral par le souffle du dieu sur l'humus. L'humus est une notion vague, un mélange de terre (minéral) et de végétal (mousse, lichens). La frontière entre végétal et minéral n'est pas nette. Il anime, autrement dit, insuffle son âme (le baiser, le french-kiss est archaïque et universel), encore nommée anima. De l'humus animé du souffle divin né l'homo.
La notion d'âme évolue. En séparant la Création de sa Créature Adam, ce dernier est hors animalité. Le jardin est un cadre muni de minéral, végétal et animaux, Adam y est déposé, et, fils du Créateur – son père - façonné à son image – éduqué pour lui succéder -, ne possède aucun lien avec son environnement, c'est le schisme écologico-économique. C'est une rupture avec les mythologies desquelles provient celle hébraïque. Pourtant, la régression vers le stade animal (minotaure), ou Chute, est toujours crainte. Sortir du jardin, comme Adam et Eve, c'est retomber en sauvagerie. A l'opposé, la sortie du jardin de Siddhârta est fondatrice.
Dans la Polis, le patricien est lié à sa lignée ou caste, la plèbe lui appartient. Elle peut perdre ce lien, par rachat ou affranchissement. Le nouveau citoyen est alors dit libre dans le sens de délié ou affranchi. Le patricien ne peut être affranchi, puisque maître ou pater. L'affranchissement est donc un acte de déliance unilatéral : l'esclave ou serf devient citoyen, sans pour autant devenir un patrice. Se constitue une couche de citoyens, non membres d'une patrice, qui demandera à participer aux affaires de la Cité : limite ou redéfinition de la démocratie. Les femmes étant des animaux domestiques ne sont pas concernées par ce type d'évolution. Quand une telle couche prend les rênes de la Cité, c'est une révolution. Elle investit alors les anciens costumes, maintenant l'ancienne structure de conservation et de transmission à son avantage, rebaptisant l'existant. C'est donc sur des millénaires de pratique sélective, sans conscience ni préméditation ségrégationniste, que s'est constitué et préservé l'archétype organisationnel des sociétés que je nomme patriarchie : c'est un paradigme sous lequel nous nous inscrivons. Aucun mouvement ne le faisant pas sauter ne sera véritablement révolutionnaire. Cet archétype et sa mise en œuvre ne dépendent en rien des vues et intérêts locaux, momentanés et particuliers des uns et des autres.
Cette organisation patriarchique s'observe tant au Nord qu'au Sud, à l'Est qu'à l'Ouest, à toutes les époques, sans monter en épingle quelques cas particuliers observables par-ci par-là. Même avec une théologie différente de la nôtre, la patriarchie se trouve aussi en Chine, etc.
Aristote prétendait que certains hommes (mâles) sont nés pour diriger, d'autres pour servir ; il discriminait ainsi les libres (de naissance) des serfs. Il est clair que, si le servage ou esclavage est un statut social, selon les lieux, les époques et les pratiquants, le statut de Charles d'Orléans, en résidence surveillée durant 25 ans en attente de paiement de rançon, n'a rien à voir avec celui de l'esclave africain massacré par un Ku Klux Klan quelconque. Certains propriétaires prennent soin de leur bétail...
Aristote oubliait donc n'être pas libre quand il déclarait cela ; nul n'est à l'abri d'une contradiction. Il ne suffit donc pas d'avoir une âme... Ce fut le grande dispute entre Las Casas et Sepulveda à propos des amérindiens, main d'œuvre gratuite pour les colons d'alors ! Le Pape, au grand dam des colons, qui ne voyaient là qu'une difficulté économique majeure, trancha en faveur des indiens : non, ils ne sont pas des animaux, malgré quelques dissemblances phénotypales, ils ont une âme et sont humains, aussi pêcheurs que nous !
Le mot est lâché : humain ! Le moins que l'on puisse dire est que sa définition n'est pas stabilisée. Il suffirait, pour ceux qui y croient, de posséder une âme pour l'être. Au fait, c'est quoi une âme ? En tous cas, si le Pape répondit dans le cas des indiens, il laissa sa réponse en suspens au sujet des africains, dont le trafic triangulaire allait bon train, pour le plus grand bénéfice, ou bien fait, d'européens en possédant d'évidence une.
Dans la tradition de Saint Augustin et de Jansénius, Blaise Pascal distinguait entre la grâce efficace et celle suffisante. Ainsi, tout en restant humain, la discrimination aristotélicienne entre élus et non élus (par le Très-Haut) était-elle reprise et justifiée. Pour couper le sexe des anges en quatre, il est nécessaire de disposer de culture et intelligence hautes. Grâce au Pape, encore une fois, le Jansénisme fut condamné.
Alors, si la frontière entre humain et bestial reste toujours floue, on tente encore de séparer les plus ceci des plus cela... Par exemple, on fantasme sur une jauge cognitive dite QI... ainsi trouve-t-on des cerveaux d'exception qui n'ont jamais rien pondu, et des modestes qui relèvent du génie. Mais le nombricentrisme est un vaste marché.
On peut renverser le problème pour tenter de préciser la question de l'humain. Quand les autochtones virent débarquer Cortez et autres héros sur leurs plages, montés sur leurs chevaux et vêtus d'armures étincelantes, puis user de mousquets et pistolets pour les abattre, ils crurent voir là des dieux, nullement leurs équivalents humains ; question d'apparence phénotypale sans doute ?
Imaginons que demain débarque sur nos plages, place de la Concorde à Paris, Moscou, Washington, Dublin, Shangaï, voire Toulouse, un homard casqué, sortant de son OVNI, manifestement non idiot en raison de sa technologie avancée, sensible à Mozart et nous offrant l'écoute des grésillements du sien lequel, visiblement, le met en transes, conclurions-nous « Voici notre frère, baisons - le ! » en se couchant devant lui comme ne le firent pas les Aztèques, ou le renverrions-nous chez lui comme nous le fîmes avec Joshua ?
Quand on voit comment nous traitons les visiteurs / visités, devons-nous nous plaindre d'être seuls dans l'univers ?
J'affirme que les homards sont humains. D'où l'utilité de ce concept pour noircir des copies de bac et autres concours plus ou moins spectaculaires.



Ce message a été édité - le 14-11-2024 à 21:57 par Jim