Huit rue de Budapest

Par : Hellian
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Hellian

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Jamais ne fut aimé
qui le corps avait lourd
et le visage infâme,
n'ayant nulle douceur
lui venant d'une femme.
On le croisait souvent
quand s’écorchait le soir,
autour de lui sa chair,
brisant d’un pas de bœuf
d'indifférents trottoirs.
À force de marcher,
son nom s’était usé
sous la pluie trépignant
sur le pavé luisant,
voyelles effacées,
syllabes délavées.
Aucun ne se souvient
s’il fut même un enfant
dont le prénom fut dit.
Il mourut tout en vrac
au chant gris des poubelles,
un matin de gerçures,
sous un porche à Paris,
huit, rue de Budapest.






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Salus

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Destins misérables
Epouvantassions
De pâles nations
Irrécupérables
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Machajol

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J'ai apprécié ce texte, bien écrit, merci !



Ce message a été édité - le 07-11-2024 à 14:10 par Machajol
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Arielle

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il est de ces êtres tellement disgraciés qu'on va jusqu'à douter qu'ils aient pu connaître la lumière d'une enfance !
Une évocation dont le réalisme et la concision presque chirurgicale font frémir le lecteur qui s'accroche à des fulgurances poétiques comme ce soir qui s'écorche et cette mort en vrac au chant gris des poubelles
😊
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[Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] Cela me rappelle un peu du Jacques Prévert, c'est fort bien écrit, et le corps du poème n'est ni trop long ni trop court.

On a de l'empathie pour cet homme. Cela me rappelle aussi un peu le ton de légendes de Bernard Clavel.
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Hellian

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Salus

« Irrécupérable » ce mot me fait peur, m'épouvante. Je me souviens d'un procureur de la république devant lequel j'intervenais dont c'était la sentence assénée comme tombe une guillotine ; « vous êtes irrécupérables, Monsieur ! » Brrr...


Machajol
**

J'aime toujours bien faire un bout de chemin en ta compagnie, fille de Garonne.



Arielle

C'est un des privilèges de la poésie que de toucher l'épicentre de certaines réalités. C'est en tout cas ce que j'ai tenté de faire ici est ton propos me laisse à penser que ce n'est pas trop raté. Merci.



Messaisons

Tu vois, en écrivant ce petit poème, je repensais au truc que je t'avais dit dans un commentaire laissé au pied de l'un de tes textes : il y a dans tout poème, pourvu qu'il soit sincère, comme une forme de prière. Oui, je sais, c'est un peu présomptueux, mais, quand je me mets en poésie, c'est comme si j'entrais en célébration du monde ; c'est en tout cas comme ça que je le vis.



Ce message a été édité - le 08-11-2024 à 11:36 par Hellian



Ce message a été édité - le 08-11-2024 à 11:38 par Hellian
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Pierre Lamy

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La poésie ne tient pas à ce qu'on dit, mais à la façon de le dire.
La tienne (de façon) mérite des éloges. Le rythme des hexasyllabes et l'absence de rimes lui donnent une sobriété de très bon aloi.

😊 😊
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[Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] [Ancien membre] Hellian,

"Présomptueux", je ne sais pas. Célébrer, c'est se mettre au service de.
Ca me semble humble car on s'oublie soi... Et en même temps on fait un avec le monde.
Tout dépend peut-être de comment on définit la célébration, si on s'efface devant ce qu'on célèbre ou si on s'impose.

Intéressante question.

Ecris bien.
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Lau

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Nommer l’Homme pour qu’il existe,
C’est reconnaitre sa douleur ;
C’est vrai, c’est coton sans douceur
De n’être pour l’autre qu’un kyste.

Décrire ainsi l’anonymat,
Donner à sa mort une adresse
-On y sent la noble tendresse
Flotter sur ta barque et son mât-.




Ce message a été édité - le 10-11-2024 à 11:50 par Lau
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Hellian

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Pierre,

Judicieux commentaire. Il est, en effet, des sujets qui inspirent (exigent ?) Une certaine ce sobriété. Sans doute celui-ci. La forme, c'est le fond qui émerge… qui disait cela ?


Messaisons


Sans doute as-tu raison, mais je me méfie des postures et Dieu sait (?) Quand ce domaine, elles sont faciles.






Lau

J'apprécie le lecteur
Qui sans être flatteur
Décodes entre les ligne
Du poète les signes ,
Car c'est assurément
Le meilleur compliment
Que l'on peut adresser
À qui se veut penser.



Ce message a été édité - le 10-11-2024 à 18:30 par Hellian