Constatations sur l’existant
J’avais besoin d’un sourire ;
Hélas, personne ne sait
Plus comment il doit s’inscrire,
Où, jadis, il se plaçait.
Je cherchais des yeux mes frères,
Mais je n’ai vu que des loups ;
Et mes sœurs ? - Si tu préfères !
C’est pareil ; l'amour ? des clous !
Un enfant, d’une grimace,
Me cracha que "j’étais louf ",
Puis me traita de limace !
(Lui se prenait pour Surcouf)
D’un oiseau j’ai pris la fiente,
Un chien, flatté, m’a mordu,
Réalité cohérente
D’un monde au vivant tordu...
Chaque fleur est d'une ortie ;
Tout rêve ouvre au feu des morts,
Il n’est nulle sympathie
A l’organique retors !
Je me tournais vers la lune
Au rictus tout minéral,
Vers le fossile ou l’enclume
- L’inanimé ? c'est mon Graal !
…Mais la pierre pince et pèse
Et l’espace est vide et noir ;
Hors de la grouillante peste
Il n’est qu’âcre désespoir.