Diable, où suis-je allé
Dans le siècle vérolé
Dont le chaos chante ?
Sous quel piètre essaim
D'un ballet de jeux malsain,
Quelle onde méchante ?
Eh bien nulle part,
Assailli, dominé par
Vingt calembredaines,
Bousculé toujours
D'affreux cacochymes jours
Repus de fredaines,
N'imaginant rien,
En fantôme shakespearien,
En fantoche insigne,
Ignorant d'où naît
L'or vibrant d'un sansonnet,
L'éclat neuf d'un cygne,
Ânonnant des mots
Presque infinitésimaux,
Des maximes vaines,
Brodant la rancoeur
Aux quatre coins de mon cœur,
Au fond de mes veines ;
Enfin, devant moi,
Négligeant le moindre émoi,
Le plus menu songe
Pour couver des yeux
Le ragoût délicieux
D'un sale mensonge.
Poème extrait de "Bouquets flottants"
Posté à 21h16 le 15 juil. 24