Curiosités du vers

Par : Salus
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Salus

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La versification ?
Il faut qu'un vers s'y fie
Car s'il n'y sacrifie
Quelle est donc sa fonction ?

Chaque fois que je découvre un vers étrange, je veux dire un vers régulier avec une bizarrerie (qui l'exclue de facto du vers régulier), chaque fois je me dis "Faudrait ouvrir une rubrique, avec ça"
- Vous savez ce que c'est, le temps file, et les projets stagnent...
Eh bien, ça y est, la rubrique est ouverte, et bien sûr, elle est ouverte à toutes et tous ceux qui pourront l'alimenter ; je lis de la poésie tous les jours, les vers réguliers sortant de leur cadre sont plus nombreux qu'on ne le pourrait penser ; je commence par un de l'ami Verlaine, qui en a commis pas mal ; celui- ci est dans "Anniversaire", un poème de la fin de sa vie, que je vous retranscrit :

L’an dernier, des amis restés
Avaient fêté ma cinquantaine,
Instant précis, date certaine,
Bon truc à porter des santés

Aussi, car il vaut mieux tout dire…
Or, cette année où, plus perclus
Que jamais, je ne songe plus
Guère qu’à ce mal tournant pire,

On renouvelle en l’honneur du
Un + cinquante que m’octroie
Cet an ci, l’hommage de joie
Qui, l’an dernier, semblait mieux dû.

N’importe, ah, buvons donc, tandis que
Ce docteur a le dos tourné,
Un petit coup à ce damné
Âge mûr venu dont je bisque

Mais auquel il faut bien plier,
Et puis la vie est ainsi faite,
Douce et non, qu’il faut que l’on fête
Jusqu’au bout l’âge d’oublier

Et de se souvenir. Le diable
Soit de toutes conclusions
Autres en ces occasions
D’exploits et de propos de table !



...Ce sont des octosyllabes, tous ?
- Non ! "N’importe, ah, buvons donc, tandis que" celui-ci en compte 9.
- Mais !
Verlaine, gros malin, transforme alchimiquement le "e" dur de "que" en "e" muet,"tandisqu(e)", par le pouvoir de sa muse et de la rime avec "je bisque" !

Voilà, c'est ce genre de trucs dont la rubrique se nourrira ; n'hésitez pas à intervenir, si vous en trouvez, ou s'il vous faut plus d'explications ; salut !





Ce message a été édité - le 25-06-2024 à 21:12 par Salus
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Jim

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Il aurait pu écrire, ç'eut été moins dur :
"N’importe, ah, buvons donc, tandis que
a ce docteur le dos tourné,"
grâce à une liaison transvers (c'est nouveau ça vient de sortir, la transversion !) 😊
et par suite:
"Âge mûr venu dont je bisque

Auquel il fallut bien plier,"



Ce message a été édité - le 26-06-2024 à 02:08 par Jim
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Salus

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Oui...je te trouve légèrement hors sujet, mais en effet, pourquoi pas ?
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Oxalys

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Chanson de Fortunio
Alfred de MUSSET
Recueil : "Poésies nouvelles"


Si vous croyez que je vais dire
Qui j’ose aimer,
Je ne saurais, pour un empire,
Vous la nommer.

Nous allons chanter à la ronde,
Si vous voulez,
Que je l’adore et qu’elle est blonde
Comme les blés.

Je fais ce que sa fantaisie
Veut m’ordonner,
Et je puis, s’il lui faut ma vie,
La lui donner.

Du mal qu’une amour ignorée
Nous fait souffrir,
J’en porte l’âme déchirée
Jusqu’à mourir.

Mais j’aime trop pour que je die
Qui j’ose aimer,
Et je veux mourir pour ma mie
Sans la nommer.
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Salus

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Ah ! Jusqu'où peut pousser le démon de la rime...et une désinvolture coupable, celle du génie !



Ce message a été édité - le 26-06-2024 à 17:31 par Salus
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Salus

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A nouveau Verlaine :

A Eugénie


Ô toi, toi, seule bonne entre toutes ces femmes
Et tant d'hommes feignant d'aimer mon triste cœur,
Toi me riant parmi leurs sourires infâmes,

Me riant franchement, d'un rire point moqueur.
Hypocrite encor moins, mais toujours large et libre
Et qui fait rire enfin mon cœur et sa langueur.

Large comme ton cœur, libre dans l'équilibre
D'une affection forte et douce que ne peut
Déranger tel malheur minime ou de calibre...

Tu querelles avec justice, s'il le veut
Ou s'il ne le veut pas, mon affreux caractère...
On dirait, ta querelle, un jardin où il pleut

-On dirait, ta querelle, un enfant qu'on fait taire
Et qu'on baise bien fort au front, du moment qu'il s'est tu
Pour le récompenser du bon pli salutaire

Pris d'obéir, conformément à la vertu,
Des enfants, d'écouter sans répondre et s'instruire
Dans la sagesse et le devoir parfois ardu.

O toi. sachant me plaire encor mieux, et séduire
Encore plus mon âme et mes sens par préci-
Sément
ton âme et la grâce qui s'en va luire,

La grâce de tes sens aimés, — et par ainsi
Notre amour s'ennoblit d'une grâce meilleure
Par quoi voici joyeux mon cœur jadis transi.

Arrière maintenant le vain souci de l'heure
El du ciel orageux, ou froid...N'avons-nous pas
A l'écart des méchants de qui j'ai fui le leurre

La certitude de ne marcher qu'à sûrs pas
Dans le bonheur, sans plus chercher, moi. L'orde orgie
De laquelle je suis vainqueur, non sans combats ?

Ô toi. toute bonté, forte et douce énergie !


°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°


Celui-ci, ci-dessus, est étrange, et je ne pense pas qu'il ait été écrit autrement :

"Ou il", c'est un hiatus, prohibé par le vers régulier ; c'est peut-être le seul que le Pauvre Lélian aura commis, en tout cas, je ne lui en connais pas d'autres.

"Et qu'on baise bien fort au front, du moment qu'il s'est tu"

- Là, c'est un alexandrin de 14 syllabes !

Puis :

"Encore plus mon âme et mes sens par préci-
Sément
ton âme et la grâce qui s'en va luire,"


- Ca, c'est une subtilité que Brassens a souvent utilisée, mais je crois bien que c'est Verlaine qui a inventé de couper un mot en fin de vers pour la rime ; à noter que rien n'est prévu de ce côté par la versification et que, si l'on en fait pas outrance, c'est un procédé parfaitement admissible.*


* Notons que ce type de "méta-enjambement" n'était, au 17ème siècle, celui du vers dit "classique", pas même imaginable ; l'enjambement simple, sans couper le mot, fut proscrit par Malherbe (?) et en tout cas par Boileau, nous le lisons dans ce savoureux poème que L'Assonance nous a offert sans y voir aucun burlesque, "L'Art poétique" :

"Et le vers sur le vers n'osa plus enjamber."

Or, cette mesure fut refusée par les poètes, et ne fut jamais effective dans le vers régulier, ce qui prouve que la versification se modifie - ou pas - à partir, exactement comme le langage, de l'usage et du bon vouloir des utilisateurs, dont l'immense majorité, presque le consensus, décidera du bien-fondé d'une éventuelle modification, que le temps entérinera.








Ce message a été édité - le 28-06-2024 à 22:03 par Salus
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Jim

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C'est moins une anomalie que des propriétés bien exploitées par son auteur: diérèse et coupe de groupe
Voici un des plus beau vers de notre langue, dû à Verlaine. C'est un vers étrange...

L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

Pour qu'il soit alexandrin, il ne faut pas oublier la diérèse sur inflexi-on. Le premier hémistiche est alors en 4/2. Que cet hémistiche démarre sur un premier mot si long et allongé (une élasticité) par la diérèse lui confère un effet d'attente. Son deuxième accent tonique porte donc sur la syllabe voix. Le deuxième hémistiche commence par la première voyelle de l'adjectif chères, Ensuite, il faut attendre la cinquième syllabe.de cet hémistiche pour rencontrer enfin son deuxième et dernier accent tonique : on a donc, grâce à ce grand écart, un effet d'accélération. De plus, la coupe à l'hémistiche, ou césure, sépare le nom de son adjectif, ce à quoi répugne le classique : on ne coupe pas un groupe ! Il faut donc - fonction de la césure - marquer une pause entre ce nom et son adjectif, ce qui engendre ici un effet de suspension. Structuré en 4/2 // 1/5, soit L'inflexi-on / des voix // chè/res qui se sont tues, ce vers enchaîne dans l'ordre trois effets: attente - suspension – accélération.



Ce message a été édité - le 26-06-2024 à 23:47 par Jim
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Oxalys

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A nouveau Musset
Ce n'est pas la rime qui pèche
Mais deux erreurs, n'empêche,
Font que ce n'est pas parfait


Au Jungfrau

Jungfrau, le voyageur qui pourrait sur ta tête
S’arrêter, et poser le pied sur sa conquête,
Sentirait en son coeur un noble battement,
Quand son âme, au penchant de ta neige éternelle,
Pareille au jeune aiglon qui passe et lui tend l’aile,
Glisserait et fuirait sous le clair firmament.
Jungfrau, je sais un coeur qui, comme toi, se cache.
Revêtu, comme toi, d’une robe sans tache,
Il est plus près de Dieu que tu ne l’es du ciel.
Ne t’étonne donc point, ô montagne sublime,
Si la première fois que j’en ai vu la cime,
J’ai cru le lieu trop haut pour être d’un mortel.

Alfred de MUSSET
Premières poésies


1) Le titre : erreur de genre
Jungfrau signifie jeune femme, et par acception (la) vierge
La montagne dite "Jungfrau" dans les Alpes Suisses est du genre féminin https://fr.wikipedia.org/wiki/Jungfrau
Le titre correct serait "À la Jungfrau"

2) dernier vers : "trop haut"
Hiatus o/au
Le h de haut est aspiré ce qui proscrit la liaison avec le mot précédent "trop".
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Jim

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Il connaissait encore moins l'allemand que moi, le pote Alfred ! 🤣
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Salus

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Une seule erreur, Dame Oxalys, de genre donc ; pour la versification, art aussi bien visuel, il n'y a pas hiatus, un hiatus est la rencontre de deux voyelles, (par exemple " il y a" ou "l'eau offerte") comme nous l'explique en rimant Boileau :

"Gardez qu'une voyelle, à courir trop hâtée,
Ne soit d'une voyelle en son chemin heurtée,
"

- En fait, le hiatus (ou l'hi-atus) est une composante essentielle de la prosodie, (la musique) du langage ; si celui-ci (le hiatus externe, c'est à dire en dehors du mot, entre deux mots) est interdit, c'est uniquement pour "équilibrer" l'ensemble sonore de la langue, et tendre vers l'euphonie...
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Salus

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...J'ai retrouvé ça, qui était sorti sur le site il y a longtemps, et qui colle parfaitement à la rubrique (quant au "verdict de Marcek", j'ai complétement oublié de quoi il s'agissait !) :



En attendant le verdict de Marcek,
Regardons, donc, une chose curieuse,
Un parnassien, le verbe dur - du teck -
Transgresse ! (pour une cause pieuse*)

* La beauté de l'image


Voici les derniers vers de "Pluie", poème à la facture habituellement superbe de Théophile Gautier ; or, et en plein désaccord avec la règle dont il fait la promotion et la louange, Théo rime avec son identique ! Oui...? Oui ! mais ici, le mot (glace) représente, évoque, invoque le reflet - et son double devient alors d'une hallucinante pertinence !
...la "chose spéculaire", un instant, prend corps ! (Ah, oui, il faut faire un effort, la poésie vous met à contribution, c'est fatal.)
Ainsi, l’aède crée l'image, dans une alchimie d'une complexité à faire pâlir de jalousie un Paracelse !


(...)
- Que faire de soi-même et du temps, quand il pleut
Comme pour un nouveau déluge, et qu'on ne peut
Aller voir ses amis et qu'il faut qu'on demeure ?
Les uns prennent un livre en main afin que l'heure
Hâte son pas boiteux, et dans l'éternité
Plonge sans peser trop sur leur oisiveté ;
Les autres gravement font de la politique,
Sur l'ouvrage du jour exercent leur critique ;
Ceux-ci causent entre eux de chiens et de chevaux,
De femmes à la mode et d'opéras nouveaux ;
Ceux-là du coin de l’œil se mirent dans la glace,
Débitent des fadeurs, des bons mots à la glace,
Ou, du binocle armés, regardent un tableau.
- Moi, j'écoute le son de l'eau tombant dans l'eau.





Ce message a été édité - le 28-06-2024 à 22:02 par Salus
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Oxalys

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En fait, le hiatus (ou l'hi-atus) est une composante essentielle de la prosodie, (la musique) du langage ; si celui-ci (le hiatus externe, c'est à dire en dehors du mot, entre deux mots) est interdit, c'est uniquement pour "équilibrer" l'ensemble sonore de la langue, et tendre vers l'euphonie...

Cette notification me rassure Sieur Salus !
Je me souviens m'être fait houspiller par un correcteur pointilleux lors de ma participation au recueil collectif "le Clair-Obscur du Coeur" (2020), thème Amour et Haine, pour avoir osé "hiatusser" le verbe haïr dans un de mes poèmes.
J'ai finalement eu gain de cause après moult protestations et sans explication de la part du rouspéteur...
Je prends note qu'il n'y a aucun mal à équilibrer l'ensemble sonore quand se pointe un mot commençant par un h aspiré (une particularité bien française, soit dit en passant....)


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Oxalys

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Allez, on enchaîne avec un poème de Théophile Gautier


Les joujoux de la morte

La petite Marie est morte,
Et son cercueil est si peu long
Qu'il tient sous le bras qui l'emporte
Comme un étui de violon.

Sur le tapis et sur la table
Traîne l'héritage enfantin.
Les bras ballants, l'air lamentable,
Tout affaissé, gît le pantin.

Et si la poupée est plus ferme,
C'est la faute de son bâton ;
Dans son œil une larme germe,
Un soupir gonfle son carton.

Une dînette abandonnée
Mêle ses plats de bois verni
A la troupe désarçonnée
Des écuyers de Franconi.

La boîte à musique est muette ;
Mais, quand on pousse le ressort
Où se posait sa main fluette,
Un murmure plaintif en sort.

L'émotion chevrote et tremble
Dans : Ah ! vous dirai-je maman !
Le Quadrille des Lanciers semble
Triste comme un enterrement,

Et des pleurs vous mouillent la joue
Quand la Donna é mobile,
Sur le rouleau qui tourne et joue,
Expire avec un son filé.

Le cœur se navre à ce mélange
Puérilement douloureux,
Joujoux d'enfant laissés par l'ange,
Berceau que la tombe a fait creux !

Emaux et camées (1852)


D'accord, la Franconie n'est qu'une vague province d'Outre-Rhin. On pourrait avancer qu'un nom propre n'a pas d'orthographe, d'autant plus s'il vient d'ailleurs.
Mais imaginons qu'un poète allemand évoque les matelots de Bretagn dans une de ses oeuvres !



Ce message a été édité - le 30-06-2024 à 10:32 par Oxalys
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Salus

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Dame Oxalys, je maintiens mes dires, et je pense que nous nous comprenons ; il faudrait pouvoir analyser ce fameux vers, mais la versification est très claire à ce sujet : vous pouvez parfaitement écrire " J'ai Haï " parce que le "h" est aspiré (vivant, fonctionnel, c'est une lettre à part entière, et la liaisons ne se fait pas : nous n'avons pas zhaï !), et votre correcteur était un fâcheux.
Le hiatus proscrit serait, par exemple "J'ai haï, histoire de passer le temps..." le "h" d'histoire se lie, ça n'est pas une lettre à part entière, il y a hiatus.
(encore une fois, tout ça ne sert qu'à diminuer, et non pas à éliminer, ces petits à-coups qui parsèment notre langue, participant d'un rythme interne que les poètes ont jugé trop soutenu)

...Quant à Gautier, eh bien oui, malgré sa rigueur et sa clarté poétique, il se laissa exceptionnellement aller à la licence (ici, bien sûr, pour la rime visuelle)
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Salus

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...Ce quatrain de Mallarmé, qui servit d'adresse postale (à tout amateur, je conseille les "Vers de circonstance"), ce quatrain à la rime unique et virtuose :

à Léon Vanier,son ami, éditeur de Paul Verlaine :

A toutes jambes, Facteur, chez l'
Editeur de la décadence,
Léon Vanier, Quai Saint Michel
Dix-neuf, gambade, cours et danse !


Il est à noter que tous les quatrains-adresse de Mallarmé, qui était joueur, sont arrivés à bon port ; j'y ai joué aussi quelquefois (sport difficile et enrichissant), et tous les courriers sont arrivés, bravo et merci aux valeureux facteurs honorant leur sacerdoce !



Ce message a été édité - le 08-07-2024 à 19:34 par Salus