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L'instant (érotique)

Par : Mary

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Mary

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L’INSTANT
Il se regarde dans le miroir. Il ajuste sa chemise, sourit, se passe la langue sur les dents, parfait. Il se coiffe, se parfume, une note épicée et boisée se fait ressentir dans l’air, il adore ce parfum aux senteurs de bergamote verte, de poivre Sichuan et de Vétiver, il lui correspond, avec lui, à tous les coups il ne laissera pas insensible la gent féminine mais il sait qu’il n’a pas besoin de cela pour plaire aux femmes, il connait son atout charme et il fait mouche auprès d’elles. Il apprécie leurs présences, la douceur de leurs peaux, de leurs voix, leurs tendresses, la douceur de leurs lèvres, leurs féminités tout simplement.
Comment résister à une femme qui vous appelle, qui vous fait devenir, dans sa partie la plus primitive, mâle. Comment ne pas craquer face à ces courbes et à ses rondeurs, comment ne pas craquer face à une belle femme que l’on a envie de croquer, de goûter ? Il aime le chic et l’élégance chez une femme, la tenue, la connaissance, l’éloquence mais aussi la simplicité et la sensualité. Il aime être conquis. Il aime les femmes qui ont du style, un joli port, qui ont un langage adapté, à toutes situations, il sourit. Il aime ses femmes qui assument leur sexualité, cette assurance l’excite tout comme il aime être dominant et dominé, il ne veut pas rester dans un seul et même registre.
Ce soir, il a rendez-vous avec Isabelle, elle est gérante dans le domaine de la beauté et du bien-être, elle a un institut de beauté ultra chic situé dans l’avenue des Champs-Elysées, c’est un hôtel particulier placé sous une porte cochère ornée d’une cour pavée, il a été réhabilité dans le pur style bourgeois parisien. Elle aime s’occuper d’autrui, sa qualité d’écoute et ses capacités managériales sont indéniables, il peut en témoigner, ils se connaissent depuis plusieurs années déjà. Ils se sont rencontrés lors d’un stage initiatique en formation Reiki, une technique d'imposition des mains visant à remettre en contact l'énergie universelle et la force vitale afin de susciter un réveil dynamique qui permet la guérison. Ils ont cette vocation d’aider autrui, d’être à l’écoute et ils se sont écoutés ce jour là, une alchimie parfaite a vu le jour. Lui, est kinésithérapeute ostéopathe, et tous les deux étaient faits pour se rencontrer, le langage du corps et de l’esprit n’avaient aucun secret pour eux, cette formation était un plus pour eux car leurs pratiques professionnelles sont dans le concret, le palpable, ils trouvaient intéressant de voir ces deux aspects, corporels et énergétiques.
D’ailleurs, il en avait de l’énergie ce soir. Le seul hic, sans en être un, il n’est pas jaloux, il aime ses défis, cela donne du piment à la vie mais bon il avoue qu’il aimerait parfois se poser, l’avoir à ses côtés, une vie plus rangée, plus normale, disons plus dans les conventions, c’est qu’Isabelle est mariée. Elle n’est pas toujours disponible mais ce soir elle l’est. Elle a réussi à se libérer de son mari. Elle lui a donné rendez-vous à 17h à la Maison Souquet, dans le quartier Pigalle, un endroit plein de sens puisqu’il s’agit d’une ancienne maison close, il y a là bas un pt’i jet d’eau, une station de métro. La décoration rappelle les soirées libertines d’antan.
Ce qu’il aime chez elle, son corps aux courbes généreuses, son sourire radieux et ses yeux rieurs, son aisance, elle assume pleinement sa sexualité et n’a aucun tabou mais ce qu’il aime par-dessus tout ce sont ses petits cris lorsqu’elle halète de plaisir et quand son langage s’adapte à l’intensité du désir, lorsqu’il laisse échapper de son vocabulaire soutenu des mots outranciers qui ne lui vont qu’en cette circonstance, adaptés qu’en cette situation.
Isabelle est une jolie brune aux cheveux très longs, ses yeux sont verts émeraude et sa peau est dorée comme les blés, elle est si belle et comme Stéphane, elle est charismatique.
Ils se connaissent bien l’un et l’autre, très bien même. Il a envie d’elle. Il arrive à l’hôtel, dehors c’est une belle journée, où l’air est doux, le soleil brille et le ciel est d’un bleu profond. Le réceptionniste, un grand blond maigrichon à la peau laiteuse, au regard complice et amusé, fort sympathique, lui précise que la chambre réservée au nom d’Isabelle est la chambre Dalida. Fabrice travaille dans l’hôtel depuis de nombreuses années et il est l’ami d’Isabelle, il connait très bien Stéphane, avec lequel il a toujours pris sa distance, par respect, et sait que les deux tourtereaux sont amants. Fabrice lui remet la clé de la chambre 7. Stéphane monte à l’étage, il s’agit de la dernière chambre sur la gauche, au fond du couloir, avant la sortie de secours, à quelques distances, juste assez pour leur intimité. En même temps, un homme et une femme qui se retrouvent à l’hôtel, ne sont pas bien discrets.
Il ouvre les volets, la vue sur le Sacré Cœur est magnifique. Faire l’amour en cet endroit est d’autant plus symbolique. Il reste un petit temps à observer puis les referment, il allume les lumières de chevets, ouvre les draps et se déshabille complètement, il est nu comme un ver laissant apparaître son désir. Il aime son corps, son sexe, sa raideur. Elle aime sa vitalité et sa résistance car Isabelle est, il faut le dire, gourmande.
Il a respecté les consignes laissées par Isabelle sur un papier déposé sur le lit. 16h50. Elle va bientôt arrivée. Elle se raidit davantage. Lui, se laisse aller, se détend, elle aussi. Il fantasme, ils en ont souvent parlé ensemble, ils ont fréquemment mis des images en évoquant des situations plus coquines ou plus torrides les unes que les autres. Ces incitations, ces provocations, alimentent et augmentent le désir de l’un et de l’autre, pour finalement décupler leurs plaisirs. Il l’imagine, il a hâte qu’elle arrive.
Il commence à s’endormir, il l’imagine en tenue sexy, il imagine la pointe de ses seins, la pointe du pistil sous couvert. Soudain, on frappe à la porte, elle entre, il n’avait pas fermé à clé. Il ne l’a pas entendu, enfin si, non, il ne sait plus. Ce qu’il sait, c’est qu’il se sent bien, détendu, que le désir l’anime. Il commence à partir vers le pays des rêves, il veut rester ici, il sent son corps détendu, ses yeux sont fermés, il ne sait plus où il est, perdu entre concret et abstrait. Mais où est il ? ici ou là bas ? Il sent que son corps le lâche, que sa tête se libère de toutes les pensées. Il ne sait plus. Il se laisse aller.
Sans même se déshabiller, sans même fermer la porte à clé, elle se dirige vers lui, se débarrasse de son sac à mains, de ses lunettes de soleil, de ses clés de voiture, de sa veste de tailleur, elle scrute la moindre partie de son corps et soupire de plaisir, pose sa main sur son torse, le hume, effleure de sa main son sexe, et au dessus de lui à califourchon, jupe relevée, bas dévoilés, sans petite culotte, frotte subtilement son écrin à l’endroit qu’elle a choisit, il gémit, elle s’approche de son visage et dépose doucement ses lèvres sur les siennes. Rêve t’il ? Il ouvre les yeux, non, elle est bien réelle, il l’a sent bien contre lui, elle est si belle.
Elle quitte le lit et se redresse face au lit, elle s’était habillée comme il le voulait pour qu’il la déshabille comme elle le voulait. Il se lève, se dirige vers elle. Elle plonge son regard dans le sien et lui fait comprendre qu’il doit déboutonner son chemisier, ce qu’il fait, ils s’embrassent langoureusement. Huit, sept, six, cinq, quatre, trois, deux, un, magnifique. Ses seins pointent de désir. Elle lui prend sa main et la glisse sous sa jupe dans son entrecuisse humide à souhait, il lubrifie comme il se doit. Stop, enlève ma jupe, dépêche toi lui dit elle, il s’exécute à nouveau. Là voilà, elle aussi nue, elle conserve comme elle l’a décidé ses bas et ses escarpins. Elle sait qu’il aime.
Ils s’embrassent plus goulument. Il l’installe sur le lit, lui écarte les jambes, il est là tout ruisselant, il la regarde et participe activement à ce débordement, elle ruissèle davantage. Ca y est il l’entend, elle gémit de plaisir, cela l’excite et encore plus lorsqu’elle garde à ses pieds ses chaussures. J’adore cet instant lui dit il.
Le désir monte, ils sont excités. C’est à son tour de le mettre en bouche. Elle en raffole, lui, davantage. Il gémit, ca l’excite elle aussi. Ces vibratos sont leurs points de repères dans leur frasque sexuelle.
Tu imagines ce qu’il s’est passé dans cette chambre lui dit il. Cela les excite davantage. Leurs corps s’installent, se désinstallent, s’imbriquent, ils font l’amour à en perdre haleine.
Leurs corps exultent leurs cris sauvages, des frissons parcourent leurs corps, des feux d’artifice dans le bas ventre explosent, puis vient l’apothéose, le moment où tout explose, où les gros mots fusent parfois, de plaisir, toujours.
Explosion, éruption, jaillissement. Orgasmes. Exultations.
Appréciation, moment de détente. Sourires, tendresse, caresses.
Endormissement. L’un contre l’autre ils s’endorment.
Le réveil sonne, il ouvre les yeux, il est dans son lit, 7h, c’est l’heure. Il comprend qu’il s’agissait d’un rêve, lui qui voulait vivre ce moment où tout bascule mais il l’a peut être vécu. Elle l’avait mis dans les meilleures conditions possibles pourtant pour trouver l’instant. D’ailleurs, il était persuadé qu’il s’était matérialisé par sa main sur ses bas, par sa bouche sur ses seins, par cet instant où il lui a semblé lâché prise.
Il se lève, va vers la cuisine pour prendre un café et décide de l’appeler. Elle décroche, ils se saluent. Il lui dit qu’il a rêvé d’elle, elle lui dit qu’elle a rêvé de lui, ils se racontent leurs rêves et ils comprennent qu’ils viennent de vivre, ensemble, l’instant.

Posté à 22h19 le 13 juin 24

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