Tes heures de silence et de fête tranquille,
De paix, de vents joyeux, toutes d’éternité,
Ces temps que tu passais bienheureux sur ton île
Tel un Sage unissant amour et vérité,
Scintillent à présent tels des rayons de phare
Au-devant de tes yeux lassés du sort commun,
Et t’appellent au loin - loin de ce tintamarre
Du monde et de sa presse et de tout fier prochain !
Pars, donc ; et ne prends soin que d’un léger bagage,
Toi qu’on ne sut encore entraver jusqu’au cou
De morale altruiste, et ne sut mettre en cage
Malgré tant de maudits qui le traitent de fou.
Où tu vas, tout écoute et se tait et tout chante,
Tout n’attend rien de toi que toi-même et toi seul,
De ta joie en tous lieux tout ce qui vit s’enchante,
Et l’oubli bienheureux est l’unique linceul,
Où tu vas, de l’azur, tout plie à la caresse,
Tout invite à l’envol, tout rit de son secret,
Tout brille de mystère et du vin de l’ivresse,
Tout est de pur honneur et de divin décret.
Pars, donc ! Regagne enfin ta libre solitude,
Ce serein infini duquel l‘art fait son miel,
La sagesse son temple et le vrai son étude,
Pèlerine aux lieux saints de l’eau claire et du ciel,
Où le cœur devient sûr, d’où revint tout prophète,
Toute flamme épurée et tout vaillant soleil,
Tout héros triomphant au retour de sa quête :
Libre de ses hasards, consacré par l’éveil.
Ce message a été édité - le 08-01-2024 à 18:16 par Hazarian