ECRIRE POUR DES GAMINS

Par : Jim
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Jim

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Oui, comme dit Pierre, ne pas tomber dans le nunuche. Couvrir la période Maternelle - Primaire n'est pas évident, car un mioche, marmot, moutard de 3 ans n'a rien à voir avec un de 10/11 ans, quelques mois d'écart pouvant entraîner une différence de maturité notable, différence aussi observable à un même âge dentaire.

Je n'ai pas la pratique de l'écriture pour les gamins, mais je peux me souvenir de ce que je lisais, à une époque où le psycho-commerce ne tranchait dans les âges comme dans du jambon, manie qui dure depuis belle lurette auprès des pré ados et ados : ça, c'est de ton âge, ça ça ne l'est pas... Guider et imposer ne sont pas synonymes.
Me souvenir aussi de ce que lisaient les miens à moi ; il n'y avait pas at home de livres dits spécifiquement pour enfants, sauf les BD...

Les gosses possèdent très tôt le sens de l'humour, de l'absurde, du grotesque, sont observateurs et critiques, et peuvent rire de situations avant même que de savoir parler, l'échange de regards étant déclencheur.

Toujours d'ac avec Pierre, enfants, on ne nous faisait pas lire des textes adaptés - parfois dits traduits pour - à notre âge, nous lisions des extraits d'originaux tels que A. Daudet, Walter Scott ou HG Wells en CM1, le flair de l'instit étant un excellent juge. Pour mémoire, ayant commencé ma scolarité à Constantine dans une école bien nommée Diderot, avec des camarades juifs et arabes (sans que cela posa en 57 le moindre problème), en fin de CP nous lisions tous l'histoire de Poucette extraite d'Andersen.

Bien sûr, les récits adaptés existaient aussi, ne serait-ce que pour ne pas imposer au jeune lecteur de monumentaux pensums : par exemple en CP La petite Sirène, Barbe Bleue, etc.

En CE1, rentré en France, je découvrais auprès de mes camarades des récits dans l'Album des jeunes, Tout l'univers et Tout connaître.

Pour ce qui est de l'apprentissage de poèmes, aucun souvenir scolaire d'avant le CM1. La famille m'avait enfoncé dans mon crâne de perroquet quelque chanson fameuse à la gloire de l'épopée nationale, et quelques chansons classiques auxquelles je ne comprenais rien bien que dites pour enfants : Cadet Roussel, le pont d'Avignon, Malborough s'en va t'en guerre, la Mère Michel... Je pressentais bien des sous-entendus, mais lesquels ? Était-ce donc adapté aux enfants ? Les grands ne riaient-ils pas sur le dos de mon innocence ?

Les premiers poèmes par cœur sans y comprendre goutte furent en fait à l'oreille le Pater noster et l'Ave Maria – sans musique - quand j'entrai en CE2 chez les Jésuites, prière que tous mes camarades semblaient déjà connaître... Et comme on ne veut pas paraître con – on a de ces pudeurs, gamin ! - on mime et on ânonne.
Le souvenir de vrais poèmes certifiés AOC débute en CM1, avec Maurice Carême, Émile Verhaeren, Victor Hugo, Jean de la Fontaine, Théophile Gautier, Charles Cros (le hareng saur). C'est aussi à cet âge tendre que je lisais la foire aux cancres de Jean Charles, ouvrage totalement adapté au niveau scolaire du gugus, lequel découvrait l'année suivante Pierre Daninos. C'est à cette même époque que sévissaient Brel avec son cours de déclinaison latine, et Jacques Baudoin enseignant l'anglais et les tables de multiplication...

Bref, quelques mois d'âge peuvent traduire un grand écart de maturité ; texte adapté n'implique pas simplet ; et les mômes ne sont pas des bonzaïs tant qu'un tuteur ne se soucie de les tordre.



Ce message a été édité - le 28-08-2023 à 14:40 par Jim
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Pierre Lamy

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Merci Jim. Mon enfance fut plus cool, mais je me souviens que nous avions les mêmes lectures et les mêmes "récitations" à l'école communale de Lambé (quartier populaire de Brest)
En CM1, notre instit (ancien des FTP) nous lisait tous les samedi un chapitre de la Guerre des boutons.

Charles Cros aimait "mettre en fureur les gens graves et amuser les enfants" (sic)
😊