Dès que mort, des faux Rimbaud furent par ci par là dénichés par d'infatigables chineurs buissonniers, tous autant faussaires... Malgré le suint d'efforts vains, ces trouvailles clinquent laborieusement. Arthur ne se gorgeait point d'antiquailles, et n’ornait de rimes ses poèmes comme de boules un sapin de Noël. C'est ainsi qu'on parvient, avec travail et application, à devenir à la fois précieux, pompeux et grossier ; et nous pouvons nous étonner qu'un amoureux ne perçoive pas mal imiter, au point de n'imaginer que le premier lecteur attentif découvre que quelque chose cloche. La fulgurance, l'élan et la rage de Rimbaud sont remplacés par de balourdes pseudo pensées, que c'en est risible !
Le limaçon
L'Insénescence de l'humide argent accule
La Glauque vision des possibilités
Où s'insurgent par telles phrases abrités
Les frissons verts de la benoîte Renoncule.
Morsure extasiant l'injurieux calcul,
Voici l'or impollu des corolles athées
Choir sans trêve ! Néant des Sphinges Galathées
Et vers des Nirvânas, ô Lyre, ton recul !
La mort... vainqueur... et redoutable :
Aux toxiques banquets où Claudius s'attable.
Un bolet nage en la Saumure des bassins.
Mais tandis que l'abject amphyction expire,
Éclot, nouvel orgueil de votre pourpre, ô Saints
Le Lys ophélial orchestré pour Shakespeare.
Ce sonnet est en fait de Laurent Tailhade. Considérant les notes pittoresques accompagnant de tels inédits, je ne serais pas surpris que les auteurs authentiques fussent possédés du sens du canular.