Je passais dans la rue, joyeuse, détendue,
J’aperçois un homme atone mais vivant,
Assis sur le trottoir, l’air hagard, peu vêtu,
Il grelotte dans le froid et paraît absent.
Des passants l’ignorent, proches de la répulsion,
D’autres vivent sa misère l’espace d’un instant,
Peut-il encore rêver, gagner notre compassion ?
Pourra-t-il, se relever dans ce monde arrogant ?
Il observe les gens, désabusé, sans réaction,
Rien ne le touche, il a perdu ses illusions,
Il pense à ces années passées dans l’exclusion,
A une femme qu’il a aimée avec passion.
Le soir venu, il s’entoure d’une vieille couverture,
Sur un carton jonché d’objets, sa seule richesse,
Il s’allonge dans l’embrasure d’un ancien mur,
Essaie, pour une nuit, d’oublier sa tristesse.
Demain, il placera son gobelet devant lui, constant,
Espérant quelques pièces, des regards cléments,
Se nourrir est, pour lui, un souci permanent,
Il sait que, sans manger, il peut s’étioler à tout instant.