Ecrire (texte que j'ai écrit il y a des années..)
« Écrire, c'est faire retentir sur la neige chaque pas de l'ange. Ce n'est pas pour devenir écrivain qu'on écrit. C'est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour. »
Aperçu, sans hasard, du résumé d’un livre « La part manquante » de Christian Bobin
http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Bobin
Voilà une phrase qui met en exergue mon désir d’écrire...
Longtemps je me suis demandée d’où me venait ce besoin fou, impromptu, profondément récurant de déballer mon excédant mot, pensée...
J’y ai accroché très souvent une kyrielle, une trop longue suite, d’adjectifs, de faits heureux, douloureux, quelquefois niais, d’autres fois travestis en mensonges d’amour, en larmes dérisoires ou étouffées, pour un jour m’entendre penser, hurler à sceau secret, aux travers d’un texte long sur un forum de poésie : « mais oui! bien sûr !!! La part manquante… ma part manquante ! »
Dès lors, comment expliquer ce subit sursaut, en éclair jouissif, dans les méandres de mon tréfonds ? Comment expliquer, aussi, mes associations d’idées, de mots, au nom de Christain Bobin n’ayant aucun souvenir de lecture se rapportant aux œuvres de cet auteur ?
Etrange cette sensation de ne pas arriver à retracer, dans l’immédiat, ce chemin vers l’éveil du sens. Mais forte heureusement « l’outil internet » et ma curiosité infantile, qui n’a de cesse de me rappeler le malaise oppressant de l’oubli, m’ont extirpée du passage vagal.
En un clic je découvre, non ! Je redécouvre une image, une image qui m’avait interpellée voilà bien des années, une image qui s’est glissée dans un coin plaisir, un coin beauté, à l’abri dans mon esprit titubant, hésitant, sur la voie d’une course insatisfaite à quêter de douceur salutaire.
https://www.babelio.com/livres/Bobin-La-part-manquante/11656
N’est-elle pas subjective cette image ? N’est-elle pas ouverture à l’émotion, au regard introspectif ?
Faut-il qu’elle m’ait plu pour la garder, ainsi des années durant, si précieusement enfouie dans ma caboche paresseuse.
En attendant de lire ce livre, peut-être… un jour venu, quand je ne serai plus captive… prisonnière de sa couverture, si douce, si agréable en mon âme singulière, j’oserai comme une évidence, enfin, tournée sa première page et m’y repentir de mes faiblesses à ne savoir, que trop souvent, je ne sais saisir l’instant présent…