Je ne connais pas de tels détecteurs de pépites...
En français, les accents toniques sont toujours situés sur la dernière syllabe d'un mot, sauf quand celui-ci contient un "e" final, en ce cas, l'accent est porté par l'avant-dernière syllabe.
Lorsque tu dis une phrase dans le langage quotidien, tu reprends ton souffle toutes les 3 ou 4 syllabes, ce qui se traduit par une pause et scande le rythme de ton énonciation. La marche et les chants de travail traduisent cela. On voit que danse, chant et discours se fondent sur cela, simple et primitif.
Dans un vers, on applique ces deux principes, ce qui structure ton vers en fonction de la répartition des accents toniques.
Dans l'alexandrin classique, tu positionnes quatre accents toniques, dont deux obligatoirement en fin et au milieu du vers (donc, pas de "e" en syllabe 6).
Dans l'alexandrin romantique, tu disposes de 3 accents toniques toutes les 4 syllabes.
Si ton vers ne respecte aucune de ces deux contraintes, il n'est pas alexandrin, c'est simplement un dodécasyllabe.
En combinant des mesures de 3 et 4 syllabes, tu obtiens tous les mètres voulus, p.e.: 4 et 3 (ou 3 et 4) te donnent un heptasyllabe, etc.
Dans une pièce versifiée, que le vers soit ou non coupé par la conversation, Rostand, et d'autres, répartissent toujours les accents toniques qui imposent le rythme en respectant ces canevas.
Par exemple :
J'entends, je viens, je pars, je serai bientôt là!
se compose de deux hémistiches, le second contient 2 accents en 9 et 12, tandis que le premier en contient 3, en 2, 4 et 6. (2/2/2 // 3/3)
Dans une conversation, j'aurai:
- Seras-tu bientôt là, mon frère ?
- ... Oui, je m'empresse! !
On voit que globalement, on a la structure 3/3 // 2/1/3.
Petite pièce ! Mais il existe de grandes petites pièces !
Je suis pour la méthode des petits pas, celle des montagnards peu mais bien, qui veut aller loin ménage sa monture, et patati et patata, etc.
D'abord, savoir construire une maison, ensuite s'attaquer au lotissement, même si l'on a prévu d'avance le plan d'ensemble.
Ecrire une pièce, c'est très difficile. Il y a beaucoup de romanciers, un peu moins de poètes, encore moins d'auteurs de théâtre (je ne parle que des bons...). Pourquoi, parce qu'il faut dans une démarche synthétique manifester les qualités des deux autres.
Rien ne t'interdit de t'appuyer sur un modèle à ton goût, que tu plagierais avant de t'en écarter. Imiter, c'est apprendre, c'est bien connu.
Ce message a été édité - le 03-04-2022 à 19:51 par Jim