La chatte à neuf queues
Qu’il était bleu l’azur déçu des anciens cieux ;
Que l’égérie ainsi lacée était aisée !
De mots parée, en des paréos délicieux,
L’allure ample, et le port vicieux, muse aiguisée !
Avec tes huit autres sœurs, garces alanguies,
Vous tissiez, lisse, au fil d’étoile un lin parfait ;
Quand l’astrolabe était garant des syzygies,
L’esprit seul vous servait de maître et de préfet…
La soie, un sens - qu’il était absolu, le ton !
Tendue et grège, aux vents, la soie aux pieds chatoie ;
Le chant venait, picte ou chinois, turc ou letton ;
Car toute langue en singe et génère la joie.
Mais ! hors du temps, rien qui ne passe ni ne songe,
Et l’entêtant parfum du sylphe insuffle l’art :
Nul bon vers ne vieillit, Sappho, que rien ne ronge,
Nous brillera toujours comme un phare blafard.
- Qu’il était bleu, l’azur déçu…